VivaTech 2021 : retour en force hybride pour l’événementiel

VivaTech 2021, organisé du 16 au 19 juin, s'est appuyé sur un format hybride pour mieux explorer la smartcity et les mobilités de demain, tout en incarnant la relance de la machine événementielle après des mois de paralysie.
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Tim Cook, le patron d'Apple, compte parmi les personnalités de premier plan ayant donné une envergure globale à ce VivaTech hybride

La date du 16 juin ne figurait pas sur le calendrier dévoilé fin avril par Emmanuel Macron. Et pourtant, elle aura marqué une étape majeure pour retrouver une certaine normalité au quotidien. Jean Castex a en effet annoncé mercredi que la population pouvait se passer du port du masque en extérieur dès le lendemain, la levée du couvre-feu étant avancée au 20 juin. En parallèle, ce même 16 juin, l’ouverture de VivaTech 2021 symbolisait le retour de l’événementiel sur le devant de la scène. Une ouverture en grande pompe, le salon parisien réunissant une nouvelle fois une kyrielle de personnalités de premier plan (Emmanuel Macron, Tim Cook, Mark Zuckerberg…), mais en plus petit format qu’à l’accoutumée. Habitué aux audiences de plus de 100 000 personnes, VivaTech devait cette fois respecter la jauge des 5000 personnes – une limite atteinte dès le premier jour de l’événement, preuve que le public est toujours au rendez-vous. Les organisateurs ont donc opté pour un format hybride devenu la norme depuis plusieurs semaines. Le nombre d’exposants a quant à lui été réduit à 1400, dont plus de 60% sur site. Tous les participants ont dû, en outre, brandir leur pass sanitaire ou, à défaut, se soumettre à un test antigénique à l’entrée.

Ce contexte inédit n’a pas pour autant entamé l’intérêt du public et des exposants. Sur le stand de Moodwork, les responsables de cette start-up spécialisée sur le bien-être au travail – et qui avait reçu un prix lors de l’événement Univ’Airplus en 2019 – se sont dits “contents de revoir du monde, de pouvoir faire de nouveaux contacts. Même si cette édition est moins productive, Vivatech reste un salon qualitatif.” D’autant que l’audience limitée avait pour avantage de faciliter les échanges, avec des exposants moins pressés par le flux des visiteurs et, surtout, sans le brouhaha permanent inhérent à ce type d’événement.

Le format hybride de l’événement n’a évidemment pas dérouté des exposants gravitant en grande majorité dans l’écosystème digital. “C’est en plein dans ce que nous prônons et proposons”, soulignent deux des animateurs du stand de Klaxoon, Anne-Sophie et Sylvain. Les échanges à distance collent à l’offre de la start-up, et Klaxoon l’a démontré en utilisant son nouvel espace de travail connecté Hybridity (voir plus loin) pour des workshops avec des personnalités à distance telles le navigateur François Gabart, la maire de Rennes ou encore un intervenant en direct de Johannesbourg. Quant aux rencontres physiques, si Anne-Sophie et Sylvain ont ressenti que, cette année, “l’énergie n’était pas la même”, “quel plaisir de voir du monde !”, se sont-ils réjouis.

Julien Brichard, directeur commercial de Witivio, s’est aussi montré heureux “de cette envie des visiteurs de retrouver le contact humain”. Présent sur le stand de son partenaire Microsoft, le responsable de cette plate-forme dédiée à l’amélioration de l’expérience des collaborateurs et élue l’une des meilleures applications Teams en 2019 estime que “ce n’est pas le Vivatech d’il y a deux ans bien sûr, mais c’est une bonne remise en jambe” . N’ayant pas de grosses ambitions commerciales, cet exposant avait surtout la volonté d’être présent auprès de son partenaire clé.

Microsoft, comme les autres partenaires principaux de Vivatech, s’est engagé auprès des organisateurs du salon à donner une dimension durable à son stand. Le tout s’est matérialisé par l’absence de supports papier ou de bouteilles d’eau en plastique, une moquette réutilisable ou des t-shirts “made in France”. Le stand tout entier sera d’ailleurs démonté pour pouvoir être réutilisé plus tard. “C’est aussi cela que la crise a accéléré”, souligne Phuong Ly Ngo Patron, responsable de la communication et des événements de Microsoft France.

avoir une expérience digitale aussi riche que celle sur le stand

Si cet engagement dans l’événementiel durable est relativement nouveau, le modèle hybride du salon a été facilement appréhendé par les équipes du géant du numérique américain. “Nous avons fait en sorte d’avoir une expérience digitale aussi riche que celle sur le stand, avec un dispositif de sessions live retransmises via Dailymotion et Twitter pour une amplification de l’événement à distance”, dit Phuong Ly Ngo Patron. Les start-up présentes sur le site ont été sélectionnées selon plusieurs thématiques, notamment le futur du travail ou la résilience, afin d’offrir une lisibilité de l’événement. Quant à la fréquentation, “même s’il y a eu moins de monde, nous avons eu de bons retours sur la qualité des échanges”, a constaté la responsable de l’organisation du stand.

Quant aux acteurs du business travel, ils auront trouvé – comme souvent à VivaTech – de nouvelles idées, voire de nouvelles philosophies pour la mobilité de demain. Du plateau de démonstration “Discovery Park” aux salles de conférences, un très large éventail d’innovations, d’expérimentations, allant du déplacement ultra-rapide en taxi volant au concept… d’immobilité. La RATP, qui compte parmi les acteurs ayant contribué à animer cette édition 2021, incarne bien cette approche plurielle du déplacement de demain, en proposant la conférence “Making Autonomous and Urban air mobility possible” quelques heures après un échange sur le thème “L’immobilité est-elle le futur de la mobilité ?”. Derrière cet apparent hiatus, une même ambition : construire une ville intelligente, cette “ville du quart d’heure” qui favorise la proximité des services, mais aussi une smartcity capable de répondre aux besoins plus complexes, plus immédiats des voyageurs d’affaires, depuis une gare ou un vertiport… Une tendance “Mobility as a Service” (MaaS) que doit d’ailleurs incarner la nouvelle application “Bonjour” présentée à Vivatech. Le tout en gardant en mémoire les échecs de certaines expérimentations. Comme l’a rappelé Christophe Lienard, Group Chief Innovation Officer au sein du groupe Bouygues, à l’occasion de la conférence dédiée à l’innovation au cœur du Grand Paris : « l’idée n’est pas de faire comme Google à Toronto, ou Alibaba à Hangzhou !”. Dont acte.