
Entre 6€ et 14€. C’est ce que Volotea demandait à ses passagers comme supplément pour compenser l’envolée des prix du kérosène. Un supplément pudiquement baptisé « Promesse de voyage équitable », que la compagnie justifiait ainsi lors d’une réservation: « Chez Volotea, au lieu d’appliquer des suppléments carburant fixes qui ne font qu’augmenter le prix de votre billet, nous les lions au prix réel du marché. Le prix de votre réservation peut être ajusté 7 jours avant le départ, jusqu’à 14€ par passager et par vol. Et, si le prix du carburant passe en dessous du prix de base défini au moment de votre réservation, nous vous rembourserons la différence. Avec notre Promesse de voyage équitable, vous ne payez que ce qui est réellement nécessaire pour vos vols : ni plus, ni moins ».
Pour mieux faire passer la pilule, toutes les réservations incluaient alors en échange la Protection Flex sans frais supplémentaires. Ce qui permettait à tous les passagers, quelle que soit la classe de réservation de modifier les vols jusqu’à 4 heures avant le départ sans frais de modification ou même annuler votre réservation et obtenir un remboursement en avoir. Cette mesure est de fait conserver malgré l’abolition de la post-surcharge.
C’est en fait sous la pression de l’Italie et de l’Espagne que Volotea a réagi. En Italie, l’Autorité de la concurrence (AGCM) avait ouvert une enquête pour de possibles « pratiques commerciales déloyales », estimant que l’affichage d’un prix incomplet au moment de la réservation pouvait induire les consommateurs en erreur. L’organisme a également dénoncé la pression exercée sur les voyageurs, contraints de régler des frais supplémentaires quelques jours avant leur départ. Sous peine, en cas de refus, de voir leur réservation annulée. Volotea a d’ailleurs que 97% des passagers soumis à sa surcharge l’ont acceptée… Sans réel choix de fait !
En Espagne, l’association de consommateurs Facua a saisi le ministère de la Consommation, considérant que cette tarification rétroactive contrevenait aux règles européennes sur la transparence des prix. De son côté, la Commission européenne a rappelé en mai que les compagnies aériennes devaient afficher dès la réservation le prix final payé par le passager et qu’aucun supplément obligatoire ne pouvait être ajouté après l’achat du billet.
Tout semble donc être rentré dans l’ordre. Et il est à peu près certain que ce que Volotea a perdu d’un côté sera compensé d’une façon ou d’une autre…



















