Wizz Air, champion low-cost en Europe centrale et orientale

Croissance, nouveaux marchés, situation géopolitique tendue : le point sur les objectifs de la compagnie hongroise Wizz Air, spécialiste du transport aérien low cost en Europe Centrale et Orientale, avec son président Robert Carey.
Airbus Wizz Air à Beauvais (Photo: Luc Citrinot)

Wizz Air a connu une année plutôt favorable en 2023. Le trafic passagers de la compagnie d’origine hongroise a atteint plus de 60 millions de passagers en année fiscale. Et cette tendance se poursuit puisque le taux de remplissage moyen des avions devrait atteindre 90% pour l’année en cours. Wizz Air s’est fait une spécialité de l’Europe centrale et orientale. La compagnie dessert en effet 194 aéroports dans 54 pays en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique du Nord . Dont 32 bases, les plus importantes étant celles de Budapest, Varsovie, Bucarest, Vienne ou encore Sofia. Wizz Air dessert par exemple 12 aéroports en Pologne ainsi qu’en Roumanie, 11 aéroports de l’ex-Yougoslavie ou encore 4 aéroports en Bulgarie…

Robert Carey, Président de Wizz Air (Photo: LC)

Selon Robert Carey, Président de Wizz Air, interrogé durant le forum CLJ Aviation Event à la mi-mars, les facteurs géo-politiques sont probablement les plus perturbateurs sur une trajectoire de croissance. « Alors que nous nous concentrions sur l’évolution du trafic et de la demande, le conflit israélo-palestinien a influencé négativement les deux derniers trimestres de notre année fiscale. Comme par exemple avec la suppression de vols sur Tel-Aviv mais aussi un ralentissement perceptible en Égypte et Jordanie. Je pense que sur l’année qui vient, nous ne pouvons qu’espérer plus de stabilité. Si nous sommes capables de nous concentrer sur le fait d’être une très bonne compagnie aérienne et d’être capable de continuer à relever les défis« , explique-il.

Des imprévus dus à la situation géopolitique et aux moteurs d’Airbus A320

La compagnie a fait preuve de flexibilité. La baisse de capacité au Proche-Orient a été compensée par davantage de vols depuis décembre vers l’Italie et l’Espagne ainsi que la reprise de lignes régulières sur la Moldavie. Il semble en fait que la pandémie n’ait pas non plus trop modifié la trajectoire de croissance de Wizz Air. « Avant la pandémie, nous avions 115 avions. L’été dernier, nous étions à 174 appareils« , décrit le Président de Wizz Air.

Selon Robert Carey, Wizz Air a enregistré une croissance bien plus forte que ses principaux concurrents low-cost européens. « Sur les deux ou trois dernières années, nos capacités ont augmenté de plus de 60%« , assure-t-il. La compagnie a investi dans sa croissance, ce qui est, selon la direction de la compagnie, la meilleure réponse pour son avenir et pour ses investisseurs et partenaires.

En fin d’année fiscale, la flotte Wizz Air atteignait ainsi 207 avions, tous de la famille des Airbus A320 et A321. Cependant, les problèmes de moteurs GTF Pratt & Whitney constatés sur les Airbus A320 sont venus troubler une progression quasi sans nuages. « Quelque 40 avions sont désormais immobilisés pour une inspection et ne seront pas disponibles avant la fin de l’année. Ce qui bien sûr nous force à revoir notre programme d’été avec plusieurs suspensions provisoires de vols sur l’ensemble de nos escales« , explique Robert Carey.

Une croissance tous azimuts

Répondant à une question sur le fait que la croissance est LA source de profits, le président de Wizz Air a été sans équivoque. « Absolument. Il faut en moyenne trois ans pour développer un nouveau marché et atteindre un bon niveau de rentabilité qui permet de dégager des profits. Mais une fois ce cap de rentabilité atteint, la croissance est très rapide. Si l’on regarde notre histoire, nous avons été capables de croître à un taux d’environ 15 % et de dégager des marges à deux chiffres« , raconte-t-il.

La hausse des tarifs aériens due à des coûts d’exploitation plus élevés, à l’inflation mais aussi la plus-value à payer pour un transport aérien plus vert ne devrait pas à court terme affecter la demande. « Pour l’instant les clients sont toujours là, les passagers veulent toujours voyager. Les facteurs déstabilisants ont peu d’influence puisque nous avons des taux de remplissage à plus de 90 %. Et nous ne constatons pas de baisse de la fréquentation, loin s’en faut. Voyager est de fait devenu un produit de consommation comme un autre pour beaucoup« , constate Robert Carey.