
Alors qu’Emmanuel Macron a fait part vendredi du soutien de l’Etat dans la décarbonation du transport aérien, cet engagement passe notamment par la mise en place d’une filière de production de carburant aérien durable (SAF). « Nous serons au rendez-vous de 2027-2030« , avait-il assuré lors d’une visite de l’usine Safran de Villaroche, en Seine-et-Marne, l’Etat s’apprêtant à mettre 200 millions d’euros sur la table pour accélérer son émergence.
Acteur clé, TotalEnergies a profité de l’ouverture du salon du Bourget pour annoncer à son tour son engagement dans la production de ce carburant nécessaire à la transition énergétique du secteur. L’énergéticien estime être en mesure de produire un demi-million de tonnes de SAF dès 2028, et donc être en position de fournir aux compagnies suffisamment de biocarburant pour respecter les mandats européens d’incorporation, fixés à 6% en 2030. « TotalEnergies se mobilise pour répondre à la forte demande du secteur aéronautique pour réduire son empreinte carbone« , a déclaré Patrick Pouyanné, Président-directeur général de TotalEnergies.
Trois usines sont concernées par cette production, notamment le site de Grandpuits en Seine-et-Marne. Cette ancienne raffinerie est en train d’être transforme en plateforme zéro pétrole, contre un investissement de 400 millions d’euros. A partir de 2025, l’usine devrait produire 210 000 tonnes de SAF issus graisses animales et huiles de cuisson usagées. Ce site clé de TotalEnergies pour le carburant aérien durable devrait en outre voir sa production croître de 75 000 tonnes supplémentaire d’ici 2027.
Autre site phare, la raffinerie de La Mède, en cours d’évolution en tant que bioraffinerie, où TotalEnergies étudie un nouvel investissement afin d’avoir la capacité de traiter 100% de déchets issus de l’économie circulaire pour produire des biocarburants et des SAF par coprocessing, et ce dès 2024. Alors que du biodiésel produit à La Mède permet déjà la production de SAF dans la raffinerie d’Oudalle, près du Havre, celle de Gonfreville, également en Normandie, devrait aussi pouvoir produire 150 000 tonnes supplémentaires de SAF, là aussi par coprocessing de biodiésel produit à La Mède. Et ce, à la suite des travaux techniques menés avec ses partenaires aéronautiques. A noter que le site a déjà démarré la production de SAF et prévoit d’augmenter cette production à 40 000 tonnes par an à compter de 2025.
Pour autant, la production de carburant aérien durable par TotalEnergies ne se limite pas aux frontières françaises puisque l’énergéticien a pour ambition de produire au total 1,5 million de tonnes dans le monde à horizon 2030, que ce soit en Europe, aux Etats-Unis, au Japon et en Corée du Sud. Soit 10% du marché mondial.
Dans le cadre de la transformation énergétique du transport aérien, l’avion électrique est une des autres pistes envisagées, en tout cas en ce qui concerne les appareils de petite capacité. Dans ce cadre, Safran a annoncé le lancement de quatre lignes de production pour ses moteurs électriques ENGINeUS, sur ses sites de Niort en France et Pitstone en Grande-Bretagne. Un millier de moteurs destinés à équiper les taxis aériens et autres aéronefs 100% électriques ou hybrides, devrait y être produit chaque année à partir de 2026. A noter que cinq constructeurs – VoltAero, Aura Aero, Bye Aerospace, Diamond Aircraft et CAE – ont déjà sélectionné ces moteurs électriques.

















