Okko : un nouvel hôtel à Paris, dans l’écoquartier Îlot Fertile

Okko Hotels ajoute un nouvel établissement à Paris, près de la gare RER Rosa Parks. Une ouverture qui offre l'occasion de revenir sur l'évolution de la chaîne lifestyle.
Espace Le Club, du Okko Paris Rosa Parks (c) Gaelle Le Boulicaut
Espace Le Club, du Okko Paris Rosa Parks (c) Gaelle Le Boulicaut

Pour ouvrir son quatorzième hôtel – le cinquième en région parisienne -, la chaîne Okko a trouvé un lieu à l’image de son esprit écoresponsable, le groupe étant récemment devenu société à mission. C’est-à-dire le premier écoquartier zéro carbone de Paris, l’Îlot Fertile, dans le XIXe arrondissement. Collé à la gare RER de Rosa Parks, à deux pas du tram, ce réaménagement urbain revisite une ancienne friche industrielle à coup d’espaces verts et de logements, d’immeubles de bureaux et de commerces, ajoutant à cela une auberge de jeunesse UCPA, axée sport et fitness.

Et donc un hôtel, le dernier de la lignée de ces établissements haut de gamme notamment connus des voyageurs d’affaires pour son offre signature, le Club. Un vaste espace commun où, à la manière des lounges d’aéroport, les clients peuvent se servir en jus et café tout au long de la journée, en attendant l’heure de l’aperitivo, compris dans le prix de la chambre. Pour autant, ce Club n’est pas réservé aux résidents, la clientèle extérieure pouvant y accéder à travers des pass coworking ou à la journée.

De près de 300 m², celui de l’Okko Paris Rosa Parks organise un lieu de vie meublé de confortables canapés design et de fauteuils couleur brique, agrémenté là d’objets chinés, là encore d’une fresque de l’artiste Adriana Jaroslavsky et d’une sculpture en pierre d’Audrey Guimard. Mais surtout, le Club partage son espace avec un restaurant Noccio, comme au Okko Paris La Défense.

Restaurant Noccio, au Okko Paris Rosa Parks (c) Gaelle Le Boulicaut

Alors que la proposition de ce nouvel écoquartier en matière de restauration n’est pas entièrement à la hauteur des attentes des voyageurs, la présence d’un bar-restaurant s’avérait nécessaire. Une présence qui permet en outre l’organisation de séminaires, l’établissement disposant à cet effet d’une salle de 47 m² au niveau du restaurant, divisible en deux, en plus d’une autre au dernier étage, de 38 m², prolongée par une grande terrasse.

« L’hôtel peut proposer une offre complète de séminaires, hébergés ou non, explique Solenne Ojea-Devys, directrice générale du groupe Okko Hotels. Autre format qui plaît de plus en plus, celui de la location de salles avec, en plus, un cocktail déjeunatoire ou une formule bar en afterwork. Alors que les équipes se voient moins, les entreprises n’hésitent pas à organiser plusieurs fois par an des moments de cohésion sympathiques« .

A la différence de La Défense où cette table aux accents italianisants a été lancée pour la première fois, l’Okko Paris Rosa Parks a concocté une carte plus abordable pour attirer la clientèle du quartier, notamment celle des entreprises voisines. En attendant pour bientôt un brunch le week-end, à même de séduire les comme les voyageurs de passage.

D’autant que, autre nouveauté, l’hôtel propose pour la première fois des chambres famille. Alors que le concept Okko s’est concentré autour de chambres compactes et fonctionnelles de 18 m², le nouvel établissement propose 129 chambres allant de 23 m² à 38 m². Une surface atypique qui s’explique par l’histoire du développement de l’hôtel qui devait être à l’origine une résidence longs séjours Zoku. Mais les difficultés liées à la pandémie ont conduit son propriétaire, l’investisseur DWS, à se tourner vers une autre marque hôtelière, Okko ayant été retenue parmi une vingtaine de candidats.

De Zoku à Okko, il reste donc ces chambres de belle taille, propices à installer dans une dizaine d’entre elles des fauteuils ou des canapés convertibles en lit d’appoint, permettant aux voyageurs d’affaires d’accueillir leurs familles lors de séjours bleisure. Restent aussi du concept long séjour d’origine des salles de bain de petite taille. Ce qui, en contrepartie, laisse toute la place pour un grand dressing, un vrai bureau et, au centre de tout, un lit haut de gamme éco-conçu par la société grecque Coco-Mat. Un accent durable que l’hôtel décline aussi avec du linge de lit en coton et lin froissé 100% naturels ou encore une carafe à remplir à la fontaine à eau présente à chaque étage.

Au design épuré, ces chambres sont, pour la première fois chez Okko, agrémentées d’oeuvres d’art, des lithographies originales dans chacune des chambres choisies en partenariat avec la galerie Amélie Maison d’Art. Quant au concept général de l’hôtel, il a été confié au cabinet Laune Archictecture, fondé par Laure Grabulos et Pauline Marcyniuk, qui a réussi le tour de force de repenser en quelques mois le projet initié pour Zoku.

Si Okko s’était appuyé sur le designer Patrick Norguet pour concevoir la première génération d’établissements, puis sur le Studio Catoir pour la seconde, sa dernière réalisation étant le Okko La Défense, la chaîne se tourne aujourd’hui vers un design plus diversifié. « Nous avons envie de plus en plus d’avoir une décoration différente pour chaque établissement« , explique Solenne Ojea-Devys.

Alors que Okko affiche son ambition d’être « une des meilleures marques hôtelières de centre-ville », aucun nouvel hôtel est pour l’instant en chantier. Ce qui pour autant n’est synonyme d’immobilisme, de nombreux projets « encore confidentiels » étant en phase de signature. « Nous avons une stratégie de développement assez large« , présente la directrice générale de Okko Hotels. Le groupe entend ainsi renforcer son offre dans les grandes métropoles françaises avec pour cibles Bordeaux et Marseille, où la marque n’est pas encore présente, ou encore un renforcement de l’offre à Lyon, Lille ou en région parisienne.

Si, dans ces destinations, les projets portent sur des hôtels dont Okko détient le fonds de commerce en parallèle des propriétaires des murs, son expansion dans les villes secondaires françaises pourrait s’accélérer à travers un autre modèle. Fort du succès des Okko de Bayonne et de Toulon, le groupe entrevoit de vraies opportunités pour une hôtellerie quatre étoiles lifestyle. « Et, dans ce cadre, nous irions vers des participations minoritaires dans les murs et les fonds pour se donner les meilleures chances, en étant accompagné pour cela de deux acteurs de référence dans ce domaine, un fonds connu des hôteliers et un investisseur institutionnel français« , précise Solenne Ojea-Devys.

D’autre part, le groupe lancera à partir de septembre une offre de franchise de son enseigne, désormais bien établie sur le marché. Mais le futur de Okko n’est pas sans doute pas circonscrit aux frontières françaises. Le groupe a aussi des désirs d’ailleurs, regarde vers les grandes villes européennes où Okko pourrait reproduire son modèle d’hôtels d’hyper centre, proche des transports. « Pas mal de choses sont proches d’être signées« , avoue Solenne Ojea-Devys. Il ne reste plus donc qu’à attendre.