Le retrait des compagnies européennes de Chine s’accélère

La réduction ou l'arrêt des vols de compagnies aériennes européennes vers la Chine se poursuit. Derniers exemples en date, ceux de LOT, Lufthansa et SAS Scandinavian Airlines.
Des avions de Lufthansa sur le tarmac de l'aéroport de Francfort (Photo: Luc Citrinot)

C’est une véritable hémorragie à laquelle assistent les passagers : l’abandon ou la réduction du nombre de vols des compagnies européennes à destination de la Chine. Au début de l’été, la Britannique Virgin Atlantic avait annoncé l’arrêt des vols entre Londres Heathrow et Shanghai.

Quelques semaines plus tard, c’était au tour de British Airways d’annoncer la suspension « provisoire » pour un an de ses quatre fréquences hebdomadaires entre Londres et Pékin. Le 26 octobre verra donc le dernier vol de la compagnie britannique décoller à destination de la capitale chinoise.

Lufthansa a depuis officiellement confirmé la semaine dernière stopper la desserte de Pékin au départ de Francfort le 26 octobre prochain. La liaison, actuellement encore quotidienne, devait être réduite à l’origine à cinq fréquences hebdomadaires, en Airbus A340-600. Mais le transporteur allemand a finalement décidé de jeter l’éponge, justifiant cette décision par une demande atone. Et, surtout, des coûts incompressibles qui rendent la ligne déficitaire. Lufthansa n’abandonne cependant pas totalement la desserte de la capitale chinoise, puisqu’elle continuera d’offrir cinq vols hebdomadaires, en Airbus A350-900, depuis son hub de Munich.

Dernières compagnies en date à annoncer également leur retrait du marché chinois: SAS Scandinavian Airlines se retirera le 7 novembre de Copenhague-Shanghai, son unique ligne sur la Chine. Tout comme LOT Polish Airlines, qui abandonne le 24 octobre sa ligne sur Pékin. Le transporteur polonais avait repris cette liaison en juin dernier! C’est donc un véritable boulevard qu’offrent les compagnies européennes à leurs homologues chinois.

La Commission européenne à la rescousse?

Les compagnies européennes s’élèvent néanmoins de plus en plus contre ce qu’elles estiment être une distorsion de concurrence par rapport aux transporteurs chinois. Ces derniers ont en effet des coûts de production et d’exploitation moindres. Mais ils ont surtout l’énorme avantage de pouvoir survoler l’espace aérien russe, réduisant la durée de vol d’au moins deux heures par rapport à un transporteur d’Europe de l’Ouest. Ce qui se répercute sur le coût du carburant et, partant, les tarifs proposés aux voyageurs…

Il y a quelques jours, la PDG de KLM, Marjan Rintel, a exhorté la Commission européenne à prendre des mesures financières pour protéger les transporteurs européens face à ce qu’elle juge comme une concurrence déloyale de la part des compagnies aériennes chinoises.

Dans une interview à une chaîne de télévision néerlandaise, Marjan Rinkel a souhaité que Bruxelles étudie une façon de contrôler les prix pratiqués ou réfléchisse à des actions coercitives qui permettraient de rééquilibrer la relation sur l’axe Europe-Chine. Effet de balancier, tandis que Lufthansa annonce l’arrêt de la ligne Francfort-Pékin, la compagnie chinoise Hainan Airlines vient, elle, d’annoncer le lancement de deux vols hebdomadaires entre Madrid et Shenzhen le 19 novembre prochain.

(Mise à jour 10/10/2024)