
Le 27 octobre dernier, easyJet ouvrait une ligne entre Paris-CDG et Newcastle-upon-Tyne, donnant l’occasion de (re)découvrir cette métropole de 280 000 habitants du Nord-Est de l’Angleterre, située à la frontière de l’Ecosse. Une destination chargée d’histoire liée à cette position stratégique, plaisante à raconter aux groupes d’affaires de passage dans cette ville parmi les plus attractives du royaume. Son église la plus ancienne, datant du XIIe siècle lorsque la cité fut un temps écossaise pendant les guerres d’indépendance, est d’ailleurs consacrée à Saint André, le saint patron des Ecossais.
C’est à la même époque que le château médiéval, édifié par le fils de Guillaume le Conquérant à la place d’une place forte en bois, donne son nom à Newcastle. Si le château a conservé son donjon et sa Porte Noire d’époque Henri III, celui-ci ne fut jamais achevé, l’augmentation du nombre d’habitants et la guerre avec le voisin écossais rendant plus urgente l’érection de remparts ceinturant la ville. Quelques pans de ce mur subsistent encore, non rasés à l’époque victorienne. C’est d’ailleurs sous le règne de la célèbre reine que la construction de la ligne de chemin de fer Londres-Edimbourg faillit entrainer la disparition totale de ce château, traversé depuis par un long viaduc.
Le XIXe siècle constitua en effet l’Âge d’or de Newcastle, devenu l’un des premiers ports d’exportation du charbon issu des mines du Northumberland, les bateaux remontant le fleuve Tyne jusqu’à ses quais pour charger le précieux minerai. En parallèle, la ville fut aussi un grand centre de production d’acier destiné à la construction navale et aux plus grandes structures du royaume et de l’Empire. En commençant, à tout seigneur tout honneur, par soi-même avec d’impressionnants ponts enjambant le Tyne.

Newcastle en compte sept dont le plus ancien, le High Level Bridge, fut, à son inauguration en 1848, une véritable prouesse permettant de séparer la circulation des voitures à cheval et des premiers trains grâce à ses deux niveaux. Totalement rouge, le Swing Bridge, remontant à 1876, fut pour sa part l’un des premiers ponts tournants. Quant au Tyne Bridge, construit dans les années 1920, ce n’est autre que le jumeau du célèbre Harbour Bridge de Sydney, les deux ayant été assemblés quasi simultanément. Enfin, le plus récent, le Millenium Bridge, réservé aux cyclistes et aux piétons, a été construit pour célébrer le passage à l’an 2000, son tablier se relevant comme un œil qui se ferme afin de laisser passer les bateaux.
Si Newcastle a conservé quelques maisons datant du XVe au XVIIIe siècle, sa richesse à l’ère industrielle l’a doté d’un magnifique centre-ville néoclassique aux longs alignements de façades géorgiennes ou victoriennes. Ce style renommé « Tyneside Classical » en fait aujourd’hui l’une des plus belles villes d’Angleterre, visitée par 11 millions de touristes en 2023.
Entre cette apogée et aujourd’hui, Newcastle a néanmoins traversé une longue crise économique. Commencée dans les années 1950, celle-ci connu son climax sous l’ère Thatcher qui ferma les mines de charbon anglaises après la grande grève de 1984-1985. Mais Newcastle a su rebondir, fondant aujourd’hui son dynamisme sur les nouvelles technologies, la recherche médicale et la présence d’institutions financières et d’entreprises de services, notamment des centres d’appel. La ville s’est ainsi rénovée et réappropriée les rives de son fleuve, bordées de bars et restaurants, un marché animant chaque dimanche le Quayside.
Le stade St James Park, lieu évènementiel incontournable


Ville très compacte où l’on peut aisément se déplacer à pied, Newcastle compte une quarantaine de lieux où tenir un salon, une réunion, un séminaire ou un team building. Avec, comme atouts, des tarifs plus avantageux que dans d’autres villes britanniques concernant l’hébergement et la restauration. Le Newcastle Gateshead Convention Bureau a ainsi accompagné en 2023 quelque 200 évènements représentant un total de 6 000 participants.
Le premier de tous les lieux d’accueil de rencontres professionnelles est sans conteste le St James Park, le stade de football de 52 000 places où évolue l’équipe de Newcastle United. Quelques Français y ont joué par le passé : David Ginola, Ben Arfa, Moussa Sissoko… Accessible en quelques minutes depuis plusieurs hôtels – Sandman Signature, Indigo, Holiday Inn Express, Premier Inn… -, l’enceinte a la particularité d’être située en plein centre-ville, les clameurs des spectateurs résonnant dans les rues de la ville les soirs de match. Fort de cette situation, Saint James Park accueille chaque semaine entre 6 et 10 événements de 2 à 1000 personnes grâce à une multitude d’espaces proposés à la location.
Le stade compte ainsi une dizaine de suites, les plus petites de 10 à 20 places, ses box avec vue sur les gradins et la pelouse pouvant servir de salles de sous-commission. La Sir Bobby Robson Suite, du nom de cette ancienne légende du club, peut réunir 80 personnes. De son côté, équipé d’un bar, d’un buffet et même d’une piste de danse, l’Heroes Club grimpe lui à 250 participants en théâtre ou 200 en dîner. Le quatrième niveau rassemble les espaces les plus grands, avec une capacité montant jusqu’à 900 convives en dîner ou 200 personnes en conférence. Le tout autour d’une possible thématique football avec visite privée du stade à la clé.
L’université pour son côté studieux ou historique


Avec ses 20 000 étudiants, l’université de Newcastle est l’une des plus anciennes du Royaume-Uni. Sa partie historique, reconnaissable à sa Royal Jubilee Exhibition Tower de 1887, abrite le magnifique King’s Hall, de 440 pers. en théâtre et orné de boiseries, de peintures et d’un orgue imposant. Pour le côté studieux, mieux vaut opter pour ses nouvelles implantations contemporaines, proches du stade, qui offrent un vivier de solutions avec une dizaines de salles (à partir de 20 pers.), des auditoriums de 100 à 500 places et des foyers – de 400 pers. en réception pour celui du Frederick Douglass Centre -, tous proposés à la location aux entreprises.
Gateshead va rééquilibrer l’offre MICE de Newcastle
Gateshead, sur l’autre rive du Tyne, est en plein développement. Pour 260M£, les quais vont y accueillir le Sage International Conference Centre (ICC) comprenant une Arena modulable de 1500 à 12 500 places, un hall d’exposition de 5700 m², un auditorium de 900 sièges et 17 salles de conférence et réunion. Prévu pour ouvrir par étapes entre 2025 et 2027, l’ICC doit accueillir 300 évènements par an (culturels et musicaux) pour un total de 750 000 visiteurs. Il bénéficiera de la présence à proximité de l’hôtel Hilton (254 chambres et 3 salles de réunion, la plus grande de 595 m²), et de l’ouverture cette année du Dakota Hotel, un 4* de 118 chambres doté d’espaces de réception. Sans oublier l’implantation envisagée de deux établissements Accor sous les enseignes Ibis et Novotel, cette dernière étant déjà présente à l’aéroport.

En attendant l’inauguration de ce centre de congrès, l’activité MICE est déjà très présente sur ce Quayside grâce à la Maison de verre (« The Glass House »), centre de musique à l’étrange architecture allongée qui abrite deux auditoriums à l’acoustique exceptionnelle – l’un de 1640 places, le second de 330 sièges – ainsi qu’un vaste foyer pour des expositions, cocktails ou dîners avec vue imprenable sur Newcastle et le Tyne. Mais également avec The Baltic, un centre d’art contemporain aménagé dans une ancienne minoterie. L’élégant édifice de briques abrite au fil de ses 6 étages 3000 m² de galeries d’exposition, un cinéma de 54 places, des salles de réunion et un auditorium jusqu’à 300 personnes et des espaces de réception pour 250 invités. Son restaurant au sommet que prolonge une vaste terrasse offre un panorama unique sur le Millennium Bridge.
Un premier hôtel 5* de 90 chambres en 2025
Côté hôtellerie, Newcastle compte environ 6 000 chambres. Les deux plus gros porteurs sont le Hilton et le Crowne Plaza. Proche de la gare, ce dernier est un établissement 4* récent de 251 chambres et suites. Si son premier étage est entièrement dévolu au MICE avec un vaste foyer ouvrant sur 8 salles (de 50 à 150 pers. en théâtre et 120 pers. en cabaret), son principal espace de réception est situé en rez-de-chaussée avec sa Stephenson Suite (450 pers. en conférence/320 en dîner). L’hôtel est en effet localisé dans le quartier Robert Stephenson, du nom de cet inventeur de génie qui construisit ici la première locomotive à vapeur. Son atelier à l’esprit industriel se privatise d’ailleurs pour des dîners de gala réunissant jusqu’à cent invités.



En centre-ville, l’Hotel Indigo, du groupe IHG, propose un cadre contemporain, agrémenté de 148 chambres et d’un restaurant de très bonne facture. Au printemps prochain, Newcastle connaîtra aussi l’ouverture de son premier hôtel cinq étoiles, le Gotham Hotel, fruit de la transformation d’une ancienne caserne de pompiers. De 60 chambres à l’ouverture, il passera à 90 clés à l’automne fort de son extension à l’ex commissariat de police voisin et à l’historique Court Room, tribunal devenu bar et salle de réception pour 120 personnes.
Des activités sportives ou gastronomiques

Les activités ne manquent pas à Newcastle pour agrémenter le séjour avec, au choix, un tour historique guidé de la ville en vélo avec Newcastle Cycle Tours, à moins que le client n’opte pour un Football Tour, un Pub Tour ou un Food Tour. L’occasion de pousser la porte de Fenwick, le Bon Marché local, pour déguster chez Salt Water des huitres en provenance de Lindisfarne, une île au nord de Newcastle.
Le Grainger Market, le grand marché couvert datant de 1850, est également un passage obligé avec ses poissonniers et échoppes où les visiteurs savourent sur le pouce des plats des cuisines du monde : indienne, chinoise, grecque, coréenne, japonaise… Pour 50 pences, vous pouvez même vous peser en fin de repas dans la vieille boutique où les commerçants pesaient autrefois toutes les denrées du marché.



Le restaurant The Black Friars, aménagé dans une ancienne confrérie dominicaine qui hébergea notamment les rois Henry III et Edward III, propose sous ses voutes du XIIIe siècle une brasserie artisanale, un bar et une table gastronomique, de même qu’une salle privée à l’étonnante table ronde en bois utilisée du temps des moines. Le tout d’ajoutant à la possibilité d’y organiser un atelier de cuisine, cadre à de sympathiques team building. Une découverte s’impose également du quartier d’Ouseburn, dont les anciens ateliers industriels ont été remplacés par des cafés branchés, salles de concert, galeries d’art et boutiques de mode de seconde main.
Une sortie en kayak sur le Tyne, une escapade sur la côte jusqu’à la balnéaire et très pittoresque Tynemouth, des visites des ruines romaines – le fameux mur d’Hadrien et le fort d’Arberia – et des nombreux châteaux alentours figurent aussi parmi les propositions proches de Newcastle. Sans oublier le célèbre Ange du Nord, statue haute de 20 mètres composée de 200 tonnes d’acier évoquant le passé industriel de la ville. Une œuvre monumentale d’Antony Gornley qui n’est pas sans rappeler celles de César.





















