Les Français restent fidèles au transport aérien

C'est presque un plébiscite envers le transport aérien. Selon un rapport de la FNAM, 65% des Français déclarent prendre l'avion, dont 33% au moins une fois par an. Ils sont même 78% à reconnaître que le transport aérien est indispensable au développement des territoires.
Les Français et l'avion
11% de passagers en plus entre 2016 et 2024, prouvant que l'avion reste un transport important pour les voyageurs en France (Photo: la tour de contrôle à Roissy -Luc Citrinot retouchée par l'IA)

Voici une enquête qui a certainement fait plaisir au monde de l’aérien et qui remet en cause l’idée que les Français sont de plus en plus hostiles à l’avion. Une enquête de la FNAM (Fédération Nationale de l’Aviation et de ses Métiers) effectuée avec l’Union des aéroports français et le soutien d’Air France-KLM a analysé la sociologie des passagers aériens et le rapport qu’entretiennent les Français avec ce dernier. Les conclusions sont de nature à remettre en question de nombreuses idées reçues.

« On décrit souvent l’aérien comme le moyen de transport d’une élite. Or c’est exactement le contraire. L’avion est utilisé par toutes les catégories sociales, parce qu’il se révèle un moyen de transport utile, voire nécessaire. 65 % des Français ont en fait un point de vue neutre sur l’aviation en estimant que prendre l’avion n’est ni bien ni mal vu. Notre enquête relève ainsi que la part des CSP- dans les avions progresse de manière continue. Elle représente 52% de tous les passagers en 2024. Et près de 60% des habitants de communes rurales (moins de 2000 habitants) prennent l’avion. Ce qui justifie l’importance du maillage territorial« , décrit Pascal de Izaguirre, Président de la FNAM.

Les chiffres le prouvent. Selon la Direction générale de l’aviation civile (DGAC), le nombre de passagers a grimpé de 20 millions entre 2016 et 2024, soit une hausse de 11% pour 206 millions de passagers en 2024. Ainsi, selon l’enquête de la FNAM et de l’UAF, 65 % des Français déclarent voyager en avion, dont 33 % au moins une fois par an. Dans les territoires ultramarins, cette proportion est encore plus grande, puisqu’elle atteint 95%.

Autre remise à plat d’une idée reçue : les jeunes générations, plus sensibles à l’argument écologique, n’en sont pas moins les plus consommatrices de vols. Les moins de 35 ans représentent 46% de tous les passagers alors qu’ils ne représentent qu’un quart de la population française. « Là encore, ce segment est porté par les voyages VFR (Visit friends and relatives) et les loisirs« , indique Pascal de Izaguirre.

Le voyage d’affaires s’effrite dans les motivations pour prendre l’avion

Si la part des passagers prenant l’avion pour partir en vacances reste stable (48 % des usagers), les voyages pour rendre visite à la famille ou à des amis ont progressé de 46 %. En revanche, la décroissance du segment voyages d’affaires est confirmée. De 2016 à 2024, elle a perdu 7 millions de passagers, soit une baisse de 15%. Le voyage d’affaires reste pourtant le troisième plus important pourvoyeur de déplacements aériens avec 41 millions de passager l’an dernier.

« Il y a un recul évident des déplacements aller-retour sur le domestique et les destinations régionales où existent des offres de transport alternatives« , analyse encore le président du FNAM. L’enquête démontre d’ailleurs que l’avion est privilégié pour les déplacements en dehors du territoire hexagonal. A peine un cinquième des voyageurs affirment l’utiliser pour des voyages internes à l’Hexagone. Pour 57% des interrogés, l’avion reste souvent la seule solution pour atteindre certaines distances.

Des prix bas restent le principal stimulant de la demande

Concernant leur consommation de voyage aérien, les Français qui prennent l’avion ou souhaitent le prendre se déclarent prêts à adapter leurs comportements pour limiter leur impact. 73% indiquent qu’ils se sentiraient encourager à prendre l’avion si l’industrie se décarbonait davantage. Les Français semblent être relativement confiants sur la réduction de l’impact écologique de l’avion à l’avenir : 70% estiment que le secteur se décarbonera progressivement d’ici quelques années, et 61% pensent que des efforts concrets sont déjà engagés en ce sens.

Cependant l’argument du prix reste le plus fort. 79% des personnes interrogées indiquent qu’elles prendraient davantage l’avion si les prix deviennent plus attractifs. Un argument qui, aux yeux des politiques, justifie l’augmentation des taxes, puisqu’il découragerait les passagers potentiels.

Et pourtant les Français restent fiers de leur transport aérien. Il reste toujours perçu comme un symbole de progrès technologique, mais aussi un élément indispensable à l’innovation, au lien social et à l’aménagement du territoire. 78 % reconnaissent qu’il est ainsi indispensable au développement économique et touristique des territoires. Et le FNAM de rappeler que la taxation toujours plus forte du transport aérien va à l’encontre des principes de solidarité et de développement de l’ensemble de l’Hexagone.