Pas d’interruption du trafic aérien entre Cambodge et Thaïlande

Les violences tournant à la guerre larvée entre le Cambodge et la Thaïlande n'ont pratiquement aucun impact sur le transport aérien entre les deux pays, pour le moment.
Des passagers partant pour Bangkok à l'aéroport de Phnom Penh le 28 juillet 2025 au matin. On constate 4 vols programmés sur Bangkok. (Photo: Luc Citrinot)

Un conflit de plus dans le monde a émergé en fin de semaine dernière. Conflit qui, cette fois-ci, implique le Cambodge et la Thaïlande pour des questions de territoire qui peuvent paraître complexes – ou trop subtiles – vues de France. Néanmoins, des tirs, des rockets, des drones et des bombardements à certains points de la frontière entre les deux royaumes – qui s’étend sur 800 km – ont toutes les apparences d’une guerre larvée. Les hostilités devraient néanmoins s’arrêter ce lundi soir 28 juillet à minuit, suite à un accord de cessez-le-feu, signé en Malaisie par les deux belligérants sous l’égide de l’ASEAN.

Elles ont en tout cas plongé les relations entre les deux pays à un plus bas historique depuis près de deux décennies.

Pour les voyageurs, les zones frontalières – impliquant 7 provinces côté thaïlandais et 5 provinces côté cambodgien – sont désormais interdites. De fait, cette partie de la Thaïlande au nord-est n’est pas une région très fréquentée des voyageurs.

Néanmoins, par sécurité, la Thaïlande a fermé au public et interdit l’accès au temple de Phanom Rung. Cette magnifique structure à l’architecture de style angkorienne, se trouve dans la province de Buriram à 60 km de la frontière.

Côté cambodgien, les échanges de tir et les bombardements à la frontière sont certes plus proches de Siem Reap, la ville aux portes d’Angkor Wat. La guérilla aux frontières restent néanmoins à plus de 150 km de distance des fameux temples. Et n’affecte donc pas le quotidien des habitants et des visiteurs.

Les voyageurs se rendant au Cambodge n’ont d’accès que par avion depuis la Thaïlande. Et de ce côté, rien ou presque n’a pour l’instant changé.

Bangkok-Phnom Penh

Six compagnies aériennes desservent la ligne Phnom Penh-Bangkok Suvarnabhumi d’où beaucoup de voyageurs prennent des correspondances intercontinentales.

Les compagnies aériennes sont Air Cambodia, Cambodia Airways et Sky Angkor pour le Cambodge. Ces trois transporteurs offrent jusqu’à 45 vols par semaine sur Bangkok. Côté thaïlandais, trois compagnies – Bangkok Airways, Thai Airways International et Thai Vietjet – proposent jusqu’à 42 vols hebdomadaires vers Bangkok Suvarnabhumi.

Néanmoins, Thai Airways vient d’annoncer suspendre temporairement sa fréquence du soir, ce qui baisse sa présence de deux à un vol quotidien.

Entre Phnom Penh et l’aéroport de Bangkok-Don Mueang, principale plaque-tournante low-cost de la capitale thaïlandaise, Thai AirAsia propose 12 vols par semaine.

Bangkok-Siem Reap

Si aucune compagnie cambodgienne ne dessert pour le moment l’axe Siem Reap-Bangkok Suvarnabhumi, en revanche le transporteur régional thaïlandais Bangkok Airways a un quasi monopole avec trois vols par jour. Il n’est concurrencé que par Emirates qui possède les droits de trafic sur Siem Reap-Bangkok-Dubaï, proposant trois vols par semaine. Entre Siem Reap et Bangkok Don Mueang, la low-cost Thai AirAsia propose deux vols par jour. Au total, la ligne Siem Reap-Bangkok enregistre 38 mouvements hebdomadaires d’avion dans chaque sens…

Là encore, l’annonce le mois dernier par les militaires thaïlandais et le gouvernement thaï d’interdire l’accès à l’avion sur Siem Reap aux visiteurs étrangers semble être restée lettre morte. En effet, il est difficile d’interdire à un passager de se rendre vers une destination desservie cinq fois par jour, sans interdire l’exploitation de la ligne!