
Les Cassandre avaient prévu une année difficile pour le transport aérien français suite à l’augmentation importante de la taxation sur le secteur. Prédiction réalisée avec une performance effectivement médiocre en 2025.
Selon le bilan provisoire de la DGAC, l’activité aérienne de la France a augmenté de seulement 2,8% l’an passé, un chiffre très inférieur au reste de l’Europe… y compris de la « lanterne rouge » allemande dont le trafic aérien aura progressé de près de 4% en 2025. Selon les statistiques allemandes fédérales, l’Allemagne a de fait accueilli l’an dernier quelques 210 millions de passagers.
Côté France, la Direction Générale de l’Aviation Civile (DGAC) indique que l’Hexagone a enregistré 183 millions de passagers. La croissance en France métropolitaine a été similaire: avec 178,1 millions de passagers, la progression s’est également établie à 2,8%. Si le trafic domestique continue de baisser avec un recul de 1,5% en 2025 -soit 26,9 millions de passagers, l’international s’est bien comporté.
Europe et Amériques à la traîne
La DGAC indique que le segment international a progressé de 3,6% soit 156 millions de passagers. La croissance internationale a été portée par une forte progression du trafic vers l’Asie-Pacifique (+8,7%), l’Afrique (+6,2%) et l’Outre-Mer (+4,6%). Sur l’Outre-Mer, la croissance est surtout venue de l’axe Métropole-La Réunion en hausse de 3,9% et d’une spectaculaire hausse de 6,7% sur l’axe Fort-de-France/Pointe-à-Pitre. Vers l’Afrique, le Maghreb a enregistré de très fortes progressions: le trafic France-Maroc marque une croissance de 5,7%, France-Algérie de 5,8% et France-Tunisie de 7,6%.
Le trafic passagers vers l’Europe a connu une croissance moindre : avec l’UE, elle s’établit à 2,1%, représentant cependant près de la moitié (47,5%) du trafic international avec 73,9 millions de passagers. L’Europe hors UE a fait montre de davantage de dynamisme avec un trafic en hausse de 3,3 % avec près de 25 millions de passagers.
La DGAC confirme le ralentissement vers les Amériques, notamment les Etats-Unis. Le volume de passagers est certes en hausse de 3,1 % avec plus de 16,6 millions de passagers. Mais il a connu une croissance atone sur les États-Unis à +0,8 % contre +7,4 % pour le Canada et +9,1 % pour le Brésil. L’effet Trump n’est donc pas une légende…
Enfin les résultats des aéroports français sont en demi-teinte. La chute du trafic se poursuit sur les aéroports du sud-ouest avec Toulouse en baisse de 2,8 % et Bordeaux en recul de 10,9%. La hausse des taxes introduite en mars 2025 a également cassé la dynamique des aéroports où le low-cost est prééminent. Marseille a vu sa croissance baisser dramatiquement à 1,1 % et Beauvais à 1,8 %.
Dans cette conjoncture morose, il y a pourtant une bonne nouvelle : la part du pavillon français remonte légèrement. Les compagnies françaises ont généré l’an passé 38,1 % du trafic contre 37,5 % en 2024. Ce pavillon a également progressé d’un point sur l’international, atteignant 32,3 %.

















