Israël, Dubaï : comment International SOS fait face à la crise au Moyen-Orient

Face au conflit entre Israël, les Etats-Unis et l'Iran, International SOS a revu le niveau de risque pour certains pays dans la région et explique les conditions d'évacuation.
International SOS a connu un nombre exponentiel de demandes d’évacuation depuis Dubaï ces derniers jours.
International SOS a connu un nombre exponentiel de demandes d’évacuation depuis Dubaï ces derniers jours.

Les conséquences des frappes israélo-américaines comme de la riposte iranienne à l’opération militaire « Furie épique » ont brutalement chamboulé l’état des déplacements au Proche et au Moyen-Orient. Instauration d’un état d’urgence en Israël, attaques de drones iraniens dans les pays du Golfe qui, outre les sites militaires et diplomatiques américains, font des aéroports et hôtels des cibles annexes ou des victimes collatérales : la sécurité des expatriés dans les pays du Proche et du Moyen-Orient est mise à l’épreuve, en parallèle de collaborateurs en transit bloqués à Doha ou Dubaï.

Et cette situation pourrait se prolonger, International SOS (ISOS) anticipant la continuité des opérations conjointes des États-Unis et Israël comme la prolongation des représailles iraniennes, au moins pour les 24h-48h à venir. Voire plus si, comme le laisse entendre Donald Trump, la durée de l’opération se comptait en semaines. « Ce n’est que le début, la guerre va perdurer », a dans ce cadre déclaré le général Dan Caine, chef d’état-major interarmées des Etats-Unis, même si, selon le secrétaire à la Défense Pete Hegseth, il ne s’agira pas « d’une guerre sans fin ».

Face à cela, outre une invitation logique à évacuer d’Iran, le leader mondial de la sûreté-sécurité des voyageurs a réévalué le niveau de risque concernant Israël et dans les territoires palestiniens et recommande non seulement d’e’y surseoir aux déplacements, mais aussi d’y considérer l’évacuation des personnels non essentiels. A l’inverse, le niveau de risque n’a pas été accru pour les monarchies du Golfe, et ce malgré les nombreuses attaques de drones. « Une évacuation n’est pas nécessaire grâce aux systèmes de défense aérienne robustes », estime Béatrix Renaut, responsable sécurité d’International SOS. Pour autant, ISOS conseille logiquement d’éviter les voyages d’affaires et aux déplacements transitant par l’Arabie Saoudite, Bahreïn, les Émirats arabes unis, Koweït et le Qatar.

Quant aux personnes résidant dans ces pays, ou de passage comme c’est le cas pour un certain nombre de professionnels, recommandation leur est faite de prendre des mesures de précaution – rester confinés, limiter le temps passé à proximité des installations militaires et diplomatiques, savoir se mettre à l’abri lors de frappes aériennes, se conformer aux directives officielles -, seul Bahreïn disposant de systèmes d’alerte d’urgence comme en Israël.

« Si ces attaques ne constituent pas une menace pour l’environnement sécuritaire de ces différents pays, l’appétence au risque peut varier selon le secteur d’activité ou les personnes concernées », remarque cependant Béatrix Renaut. Dès lors, International SOS a connu un nombre exponentiel de demandes d’évacuation depuis Dubaï ces derniers jours, en parallèle des demandes concernant Israël. « Nos centres d’assistance de Dubaï et de Londres, en charge de la région, sont pleinement mobilisés pour y faire face », précise la responsable sécurité d’ISOS.

Reste que la situation, toujours volatile, des espaces aériens rend les choses plus difficiles. Fermé en Israël jusqu’au 6 mars, l’espace aérient est suspendu jusqu’à nouvel ordre au Qatar, en Irak, au Koweït et en Syrie. De son côté, l’espace aérien jordanien reste ouvert sous conditions, entre 15h et 6h UTC seulement, et avec un trafic divisé quasiment par deux sur la période. Si l’espace aérien saoudien est, lui, ouvert sans restriction, « les Émirats arabes unis ont partiellement rouvert le leur ce matin (NDLR : le lundi 2 mars) avec des couloirs spécifiques survolant Oman, dont l’espace aérien reste ouvert ».

Etat des espaces aériens au Moyen-Orient le 2 mars au matin.
Etat des espaces aériens au Moyen-Orient le 2 mars au matin.

Si, comme l’a déclaré en milieu de journée un représentant de Dubai Airports, « un nombre limité d’opérations vont débuter plus tard dans la journée du 2 mars avec un nombre de vols limités autorisés à opérer depuis Dubai International et Dubai World Central – Al Maktoum International », le Sultanat d’Oman – où de nombreux ressortissants sont exemptés de visas pour de courts séjours – fait dès lors figure de porte de sortie depuis Dubaï. « De là, on peut rejoindre Le Caire, Istanbul, l’Inde, l’Europe. Ce qui donne des options de sortie de territoire assez rassurantes, souligne Béatrix Renaut. Plusieurs compagnies cherchent à augmenter leur capacité de vol au départ de Mascate », citant notamment EgyptAir.

Alors que l’aéroport de Mascate est à huit heures de route de Dubaï – en plus du passage de la frontière –, ISOS évoque avoir réalisé une cinquantaine de mouvements par la route le dimanche 1er mars, à travers des voitures individuelles, et envisage désormais la mise en place d’un système de bus quotidien avec ses partenaires de confiance aux Émirats arabes unis. En parallèle, des mouvements d’évacuation ont également effectués vers l’Arabie Saoudite depuis Bahreïn. En ce qui concerne la demande d’évacuations depuis Israël, en croissance également, ISOS annonçait en avoir plusieurs en cours aujourd’hui, à la fois vers la Jordanie, en passant au nord de la Cisjordanie, mais aussi au sud, vers l’Égypte.