
Alors que ses AVE, ses trains à grande vitesse construits par Talgo, circulent déjà entre Lyon et Barcelone ainsi que de Marseille à Madrid, la Renfe tente en vain depuis des années de faire homologuer ces mêmes trains au départ de Paris. Face à ces difficultés comme à l’absence de perspectives de réelles avancées sur le sujet, la compagnie ferroviaire espagnole a décidé de jeter l’éponge. La réservation de sillons a ainsi été retirée sur la ligne à grande vitesse Paris-Lyon sur laquelle la bataille fait déjà rage entre la SNCF et Trenitalia. Le Paris-Madrid prévu, fort de cet éventuel sésame, passe de fait à la trappe.
La Renfe espérait initialement ouvrir la ligne à l’été 2024 à l’occasion des Jeux olympique de Paris. A l’époque, le ministre espagnol des Transports Oscar Puente avait dénoncé le deux poids-deux mesures, le marché hexagonal étant encore verrouillé par SNCF Réseau et l’Etat français alors que le réseau espagnol est largement ouvert à la concurrence, Ouigo de la SNCF y détenant même 25% de part de marché de la grande vitesse ferroviaire.
En espérant faire avancer son dossier, la Renfe avait annoncé au printemps 2025 l’abandon de la ligne Toulouse-Barcelone et menacé de se retirer du marché français. La Renfe n’est plus sur une position aussi maximaliste puisqu’elle entend aujourd’hui poursuivre l’exploitation de ses deux principales lignes hexagonales qui affichent un bon taux de remplissage et représentent un trafic global de 650 000 passagers annuels. « Le projet sera repris quand les conditions techniques et opérationnelles le permettront », veut croire la Renfe.
Le Train également client de Talgo
Il est à noter que la nouvelle compagnie française Le Train a commandé 10 trains à grande vitesse auprès de Talgo avec l’espoir de les exploiter à partir de 2029 sur Bordeaux-Nantes, Bordeaux-Rennes, Paris-Nantes et Paris-Bordeaux. Faut-il encore que ces rames franchissent à leur tour ce parcours d’obstacles de l’homologation. La SNCF espère elle toujours celle des trains Avelia Horizon construit par Alstom, le fameux TGV du futur, qui doit théoriquement commencer son exploitation le 1er juillet prochain sur l’axe Méditerranée. A moins que ce lancement ne soit à nouveau reporté en raison de problèmes techniques…




















