
L’été n’a pas épargné la SNCF, jugé « très difficile », par Jean Castex, le président du groupe ferroviaire. Le réseau, ses infrastructures et son matériel ont été mis à dure épreuve avec la sécheresse, les canicules à répétition, les orages, la foudre et autres incendies survenus à proximité des voies. Si 97% des trains ont circulé en juillet et 98% en août, la régularité s’est dégradée avec des retards importants dans certains cas, voire des annulations comme celles décidées à titre préventif sur les lignes Intercités Paris-Clermont Ferrand, Paris-Limoges-Toulouse et Bordeaux-Marseille.
En juillet le taux de régularité est ainsi tombé à 79% pour les TGV (contre 84% en juillet 2025) et à 64% pour les Intercités (75% un an plus tôt). Au final, les TGV ont fait voyager cet été près de 30 millions de passagers, soit un résultat stable comparé à l’été record de 2025, les TER 67,3 millions (+4,5%) et les Intercités 2 millions, en baisse de 10%. Quelque 630 annulations de trains contre 217 à l’été 2025 ont été opérées par la SNCF. La compagnie estime ainsi le coût des aléas à 80 M€ de perte de chiffre d’affaires sur la période estivale et 180 M€ depuis le 1er janvier, l’année 2026 étant exceptionnelle par les chaleurs enregistrées.
Investir plus dans la rénovation du réseau
Lors de sa conférence de presse, Jean Castex a rappelé que l’entreprise avait lancé un plan d’adaptation au changement climatique dès 2024. Véritable feuille de route, le document développe les actions à entreprendre et les objectifs à atteindre concernant la surveillance et la protection des infrastructures ferroviaires, l’adaptation des trains notamment en matière de climatisation, protection des gares et sites SNCF. Plusieurs centaines de millions d’euros par an seront consacrées à ces opérations, que cela soit pour renouveler des caténaires, adapter le matériel roulant mais aussi protéger des fortes chaleurs les gares, sites et technicentres. Au global le groupe souhaite accroître ses investissements afin d’entretenir et de moderniser le réseau. De 3 milliards d’euros par an actuellement, la SNCF souhaite porter ce montant à 4,5 milliards d’euros d’ici 2028.
De nouveaux matériels plus résistants aux fortes chaleurs
Concernant le matériel ferroviaire, des améliorations sont attendues avec le futur TGV M concernant le confort, les économies d’énergie et une meilleure réflexion des rayons du soleil grâce à la livrée blanche des rames. Après trois années de retard, les premiers trains pourraient entrer en service cet automne si tous les problèmes techniques sont enfin résolus par Alstom. Les Intercités vont eux bénéficier du remplacement à partir de l’été prochain des vieux Corail par les nouvelles rames Oxygène commandées auprès du constructeur CAF. Avec là aussi un retard à la livraison initialement prévue, 28 rames ont été acquises avec l’avantage de disposer d’une climatisation capable de fonctionner jusqu’à des températures extérieures atteignant les 45°C. De quoi éviter les annulations préventives.






















