Comment expliquez-vous les différences de performance en 2012 entre d’un côté Paris et la Côte d’Azur, qui sont en croissance, et les autres agglomérations françaises, aux résultats plus décevants ?
Olivier Petit – Ce sont trois marchés qui fonctionnent différemment. Paris est toujours aussi attractive, que ce soit vis-à-vis de la clientèle française et européenne, mais aussi moyen et long courrier. Aussi, si l’Europe est à la peine, Paris bénéficie de la dynamique économique retrouvée aux États-Unis comme de la croissance des pays émergents. Qu’elle soit affaires ou loisirs, cette clientèle internationale se tourne principalement vers le haut, voire le très de gamme. Ce qui explique notamment que le grand luxe a bien fonctionné en 2012. Paris affiche dans l’ensemble une fréquentation des hôtels souvent supérieure à 80%, le parc hôtelier étant quasiment saturé entre 130 et 150 jours par an. La Côte d’Azur présente des similarités avec Paris et son hôtellerie haut de gamme enregistre également de bons résultats en 2012. Là aussi, le tourisme d’affaires est en croissance, tandis que la destination est de plus en plus courue par les clientèles émergentes. Seule différence, qui explique des résultats inférieurs à ceux de Paris, la Côte d’Azur ne conserve pas le même niveau tout au long de l’année.
Et les autres grandes villes de province ?
O. P. – Les difficultés économiques en France et plus globalement dans l’Union européenne se ressentent dans la fréquentation hôtelière des grandes métropoles françaises. En effet, l’activité y repose avant tout sur les clientèles française et européenne. Si le voyage d’affaires individuel s’est maintenu à un bon niveau, les taux de remplissage en semaine étant relativement élevés, en revanche les fins de semaine ont été plus difficiles avec une clientèle d’agrément en retrait. Par ailleurs, les entreprises ont réduit leurs dépenses en matière événementielle avec une moindre participation aux salons et foires et moins de séminaires organisés. Enfin, pour finir d’expliquer ces résultats négatifs, le développement important de l’offre ces dernières années a créé un effet ciseau, aggravant la situation puisque les métropoles ont rencontré des difficultés à absorber les nouvelles ouvertures avec une demande stable, voire en recul.
Cette situation se poursuivra-t-elle en 2013 ?
O. P. – Paris et la Côte d’Azur devraient poursuivre leur activité sur la même tendance positive qu’en 2012. En revanche, en province, nous constatons un scénario en W. Après une phase de reprise en 2010 et 2011, l’hôtellerie de province est repartie à la baisse en 2012. Et je ne vois pas l’hôtellerie régionale amorcer la dernière branche de ce W avant le second semestre 2013, voire avant le dernier trimestre de l’année. D’autant que le premier semestre ne se présente pas sous les meilleurs augures. L’hôtellerie économique en particulier, qui ne bénéficie pas de la dynamique des marchés internationaux, devrait connaître une année compliquée. Elle est pénalisée par une conjoncture maussade, avec la progression du chômage et la baisse du pouvoir d’achat qui pèsent sur la clientèle loisirs, mais aussi par le développement de l’offre et par la concurrence croissante des résidences urbaines.