
C’est ce qui s’appelle essuyer les plâtres ! La SNCF rencontre les pires difficultés avec le lancement du TGV de cinquième génération construit par Alstom. Attendu pour début septembre, la SNCF n’est toujours pas en mesure de donner une date de début d’exploitation commerciale de ce « TGV du futur ». Pour rappel, celui-ci était initialement attendu fin 2023, puis pour les Jeux olympiques de Paris 2024 avant de connaitre à nouveau de multiples reports. La faute aux innombrables innovations techniques de ce train à grande vitesse dont les motrices sont assemblées par Alstom à Belfort et les voitures sur son site de la Rochelle.
Alors que les essais ont débuté dès juin 2023 sur le réseau national de la SNCF, ceux-ci sont toujours en cours, tant ces trains rencontrent de problèmes techniques. En cause, notamment, une usure rapide des pièces concernant le freinage, mais également sur les batteries embarquées dont les modèles grillent régulièrement et qu’Alstom doit remplacer à coût de centaines de milliers d’euros. En cas de problème électrique sur le réseau, cette batterie embarquée doit théoriquement permettre au TGV M de rouler de façon autonome sur une distance de 40 à 50 km afin de rejoindre la gare la plus proche.
L’ouverture des lignes italiennes reportées à la mi-2028
Alors que le TGV-M a obtenu de la part de l’ERA , l’European Railways Agency, son autorisation de mise sur le marché en mai dernier et que les essais se poursuivent – avec même des clients à bord -, la SNCF continue d’accumuler les rames livrées par Alstom. La compagnie nationale en disposerait d’environ 8 à ce stade, et qu’elle ne peut lancer car toute panne en exploitation commerciale serait du plus mauvais effet sur l’image de l’entreprise. Afin d’éviter le retour de bâton, la SNCF préfère donc attendre que l’ensemble des soucis techniques soit résolu. Des ingénieurs d’Alstom pourraient d’ailleurs être présents à bord lors des premières circulations afin d’aider les conducteurs en cas de panne.
Jean Castex, le président de la SNCF, doit s’exprimer mardi matin depuis le siège de l’entreprise et il y a fort à parier qu’il sera interrogé sur ce sujet délicat. En effet, la SNCF a commandé pas moins de 115 rames, dont une partie est également dédiée à sa filiale Eurostar mais aussi à ses projets d’expansion en Italie avec les lignes Paris-Milan, Turin-Rome et Turin-Venise. Cette aventure italienne vient toutefois d’être décalée de 2027 au deuxième trimestre 2028. En France, les premières rames entreront en service sur la ligne Paris-Lyon-Marseille afin de résister à la concurrence de Trenitalia.























