
La langue anglaise a ceci de rafraîchissant qu’y fleurissent en toutes saisons des néologismes efficaces, « impactant », voire terriblement marketing. Au hit parade des nouvelles pousses, dans la catégorie voyage d’affaires, le bleisure figure en bonne place depuis maintenant plusieurs mois, voire quelques années. La contraction habile de “business” et de “leisure” résume en huit lettres le mélange des genres de plus en plus courant entre voyage d’affaires et tourisme, entre activités professionnelles et personnelles. Problème : de la visite express d’un musée entre deux réunions à la prolongation du séjour avec femmes et enfants, le concept regroupe des activités bien distinctes. Et les implications pour l’entreprises ne sont pas les mêmes…
Les acteurs du marché se succèdent donc au berceau de ce nouveau-né du voyage d’affaires, scrutant les attentes de ces professionnels qui jonglent entre réunions et tourisme au travers d’études diverses et variées. Consciente que son positionnement lui donne quelques arguments de poids à faire valoir sur ce nouveau segment, Transavia s’est aussi prêtée à l’exercice. La compagnie low-cost s’est donc tournée vers le CSA, qui a interrogé 304 voyageurs d’affaires français de 25 à 55 ans et ayant effectué au moins un déplacement professionnel en avion au cours des 12 derniers mois.
Tout est histoire de logistique
Le résultat du sondage est sans équivoque : 85% des voyageurs d’affaires ont déjà profité d’un déplacement professionnel pour faire du tourisme sur place. La moitié des sondés pratiqueraient même le bleisure de façon systématique. La découverte de la gastronomie locale est la plus courante, pratiquée par 90% de ces voyageurs. Viennent ensuite la visite de la ville, la simple détente, et la découverte de la vie nocturne… Tout un programme. Dans 60% des cas, la pratique du bleisure consisterait à prolonger le séjour, et dans une proportion moindre mais néanmoins significative (50%), à rejoindre des proches. “Travail ou loisir : pourquoi choisir ?” s’interroge Transavia. “Voilà un des secrets des voyageurs d’affaires modernes : s’organiser pour ne jamais être prisonnier de son emploi du temps, garder une dose de souplesse pour pouvoir réagir aux imprévus et se réserver des activités extra-professionnelles ! Bref, tout est histoire de logistique” poursuit la compagnie aérienne dans son étude.
Et l’employeur, dans tout ça ? L’un des principaux enseignements de l’étude réside peut-être dans le caractère assumé du bleisure. Transavia note ainsi que “78% des sondés n’ont pas peur de dire qu’ils prennent du temps personnel pendant leurs déplacements professionnels, sans crainte de jugement de la part de leurs collègues ». “Quand il y a de la gêne, il n’y a pas de bleisure”, serait-on tentés de résumer. Si ces voyageurs d’affaires d’un genre nouveau osent donc le “bleisure” sans culpabiliser c’est en bonne partie parce que le travail ne s’arrête plus à la sortie du bureau. En effet, 76% des sondés répondent à leurs mails et appels professionnels en dehors de leurs horaires de travail. “Au retour de mes congés, mes mails sont à peu près à jour !” témoigne d’ailleurs Hervé Kozar, Directeur Général adjoint commercial de Transavia.

Ce rapprochement entre activité professionnelle et temps libre passe aussi par une autonomie de plus en plus grande accordée au voyageur dans la préparation de son déplacement professionnel. En effet, l’étude Transavia note que 59% des sondés réservent eux-mêmes leurs billets d’avions. Le chiffre grimpe même à 63% dans l’hébergement.
Si le concept de bleisure semble donc bien intégré par le voyageur, l’employeur doit désormais prendre la mesure du phénomène. “Il n’existe pas encore de vraie politique claire au sein des entreprises françaises concernant le « bleisure travel », mais cette pratique est déjà admise dans les mœurs : décomplexée et assumée” résume l’étude, qui prévient : “La tendance du « bleisure travel » n’en est qu’à ses débuts et devrait se démocratiser dans les années à venir, en posant de nouvelles problématiques aux employeurs”.

















