
Le décès du roi Bhumibol Adulyadej, sur le trône pendant 70 ans, a bien sûr été un choc énorme pour le peuple thaï même si beaucoup s’y préparaient vu la santé fragile du souverain au cours de la dernière décennie. La ferveur qui entoure la figure royale se traduit par un deuil immense, qui pourrait créer de la confusion pour les visiteurs dans le royaume.
De fait, le deuil privé officiel est de 30 jours à dater du décès du souverain. Ce qui signifie que beaucoup de lieux de distraction ont fermé leurs portes – le gouvernement ayant indiqué que toute décision était du ressort des propriétaires des lieux. Cependant, hôtels, restaurants et bars restent ouverts, seules les attractions les plus « joyeuses » ont été annulées. Concrètement, beaucoup d’événements spéciaux – concerts, festivals, célébrations – n’auront donc pas lieu ou ont été repoussés au début de l’année 2017. « On a du par exemple reporter la « Nuit des Galeries d’Art » ou encore annuler un concert de musique classique », explique un conseiller de l’Ambassade de France à Bangkok. Le deuil officiel dans les administrations durera un an, jusqu’à la crémation de l’ancien roi.
En revanche, côté affaires, rien ne change. Tous les événements et rencontres prévues se déroulent comme à l’habitude. Dans l’administration, certains projets d’investissements publics pourraient cependant être retardés d’un mois ou deux, en raison du deuil officiel de 30 jours.
Pour le reste, tout est normal… ou presque. Le Premier Ministre a inauguré mercredi le salon du design et de la créativité à Bangkok, qui rassemble la crème des jeunes designers du pays. « On ne peut pas fermer le pays au reste du monde », explique Thitiporn Manenate, directrice en charge de la communication au siège de l’office de tourisme de Thaïlande et présente au salon. « On demande simplement aux visiteurs de respecter le deuil en faisant preuve de sobriété notamment dans les tenues vestimentaires ».
Ce serait effectivement le principal élément de changement lors de réunions d’affaires : il est recommandé de ne pas porter de couleurs criardes – noir, blanc, gris, bleu marine et beige sont de rigueur. Le Premier Ministre de Thaïlande a bien indiqué que ce n’était pas une obligation pour les étrangers mais on a déjà signalé quelques actes de violence ou de réprobation d’ultra-nationalistes thaïs envers certaines personnes perçues comme irrespectueuses du deuil national. Les incidents envers les étrangers restent isolés mais ils sont possibles, même si le gouvernement a déjà indiqué qu’il arrêterait les personnes perpétuant des actes de violence. Un mot de condoléances envers ses interlocuteurs thaïs sera donc plutôt bien perçu.




















