Accor : des résultats largement affectés par la crise du Covid-19

Baisse généralisée du revenu par chambre, mesures d’économies : le groupe hôtelier Accor subit les conséquences de la pandémie et met en place un plan de relance.

Accor-resultats-Mercure-Bastia
le Mercure Bastia Biguglia © Pavlos Efthimiou

« Le choc que subit notre industrie est sans précédent et d’une violence inouïe. » Sébastien Bazin, PDG de Accor, ne peut que constater les conséquences de la pandémie sur le tourisme en général, et sur son groupe hôtelier en particulier. En effet, pour le premier semestre, le revenu par chambre (RevPAR) enregistre une baisse globale de 59,3 %, tandis que le chiffre d’affaires du groupe recule de 52,4 %, à 917 millions d’euros.

Au fur et à mesure des fermetures des frontières et des mesures de confinement prises par l’un ou l’autre des gouvernements dans le monde, l’activité des hôtels n’a cessé de chuter.  Ainsi, les mois d’avril et de mai ont été d’abord impactés en Asie-Pacifique –avec un RevPAR en baisse de 77,4% sur le second trimestre -, puis dans les autres régions du monde. L’Europe a de ce fait vu le revenu par chambre se replier de plus de 90 % (-90,6%) à cette période de l’année.

Pour l’ensemble du premier semestre, la France affiche un RevPAR en baisse de 60,4 %. La majorité des hôtels du groupe hôtelier était de fait encore fermée au cours du mois de juin. Paris et la région parisienne (-62,2 %) souffrent davantage que la province (- 58,9 %).

Nul pays en Europe n’est en fait épargné, que ce soit l’Espagne (-68,7 %), le Royaume-Uni (-64,5 %) ou encore l’Allemagne, malgré des mesures de déconfinement plus précoces (-58,3 %)

Au plan continental, la région Afrique & Moyen-Orient voit le RevPAR reculer de -55,6 % et l’Asie-Pacifique de -54,7 %. Et ce, malgré une reprise progressive en Chine au second semestre. Quant aux régions où la pandémie est toujours au plus haut, elles sont elles aussi lourdement impactées sur le premier semestre. C’est le cas de l’Amérique du Nord, Centrale & Caraïbes (-64,3 %).

L’accélération de la pandémie de Covid-19 en Amérique du Sud impacte également fortement le RevPAR de la région, en baisse de 52,4 % au premier semestre.

200 millions d’euros d’économies prévus

Si 81 % des hôtels du groupe, soit plus de 4 000 établissements dans le monde, ont repris leur activité, le groupe hôtelier se réorganise face aux conséquences de la crise sanitaire sur les déplacements loisirs et affaires. Dans une interview au quotidien Les Echos, Sébastien Bazin évoque « une baisse structurelle autour de 10 % » des déplacements professionnels.

Face à ce repli durable de l’activité, Accor va mettre en place un plan d’économie récurrente de 200 millions d’euros. La simplification des structures opérationnelles à travers les différentes régions devrait engendrer le départ d’un millier de salariés.

« Le pic de la crise est sans doute derrière nous, mais la reprise sera progressive et graduelle. Après l’urgence, nous devons maintenant finaliser la transformation de notre business model « asset-light » en un Groupe pleinement « asset-light ». Au-delà du Covid-19, c’est indispensable. Accor doit devenir plus simple, plus léger, plus agile et encore plus proche du terrain, » ajoutait encore Stéphane Bazin au quotidien économique.

Par-delà ces difficultés, le développement du groupe ne s’est pas arrêté avec l’ouverture de 86 hôtels, soit 12 000 chambres au cours du premier semestre. À fin juin 2020, le groupe dispose d’un parc hôtelier de 5 099 hôtels et d’un pipeline de 1 197 hôtels, à 75% dans les marchés émergents. Les Echos évoque même de probables futurs développements pour la marque économique Ibis Budget au Royaume-Uni avec la reprise d’hôtels de l’enseigne Travelodge, actuellement en grande difficulté.