Aéroports français : les gagnants et les perdants de l’année 2022

D'après le bilan 2022 de l'Union des Aéroports Français les plateformes en France métropolitaine ont accueilli 162,58 millions de passagers. Un résultat inférieur de 19,3% comparé au pic de l'année 2019.
Marseille est un des aéroports de France avec une bonne progression de trafic en 2022 (Photo: Luc Citrinot)

Beauvais, Ajaccio, Calvi mais aussi Paris-Orly, Bastia, Biarritz, Marseille, Montpellier et Nice. Les trois premiers auront réussi à avoir un trafic passagers au dessus de celui de 2019. Quant au six autres aéroports de cette liste, ils ont enregistré une baisse inférieure à la moyenne nationale. Au total, 14 aéroports de France métropolitaine ont enregistré plus d’un million de passagers en 2022. Il faut y ajouter quatre aéroports d’Outre-Mer (Saint-Denis de la Réunion, Fort-de-France, Pointe-à-Pitre et Tahiti).

L’UAF constate que 55% des aéroports français (49% des aéroports métropolitains) ont retrouvé en 2022 plus de 80% de leur niveau de trafic de 2019. Soit un trafic total en 2022 de 173,95 millions passagers commerciaux (dont 162,58 millions sur le territoire métropolitain). Un niveau d’activités qui correspondant aux chiffres de 2013, selon l’UAF.

Statistiques communiquées par l’Union des Aéroports Français

Le Sud de la France se démarque

La relative bonne performance des aéroports du Sud de la France tient beaucoup au dynamisme du marché loisirs. C’est très évident dans le cas de Marseille, qui confirme sa position de 4ème aéroport français et second aéroport de région devant Lyon. Avec 9,15 millions de passagers en 2022, le niveau de trafic était inférieur d’un peu moins de 10% à celui de 2019. Montpellier fait légèrement mieux que Marseille avec un trafic de 1,76 million de passagers, inférieur de seulement 9% à 2019. Bastia se situe à -4,5% de sa performance d’avant Covid tandis qu’Ajaccio progresse de 2,7% par rapport à 2019. L’aéroport corse est le seul avec Beauvais et Calvi à avoir surpassé ses chiffres de fréquentation de l’avant pandémie.

Les aéroports de l’Ouest de la France restent en retrait par rapport à la moyenne française, hormis Biarritz et Perpignan. Ces derniers bénéficient en effet de l’arrivée d’easyJet et/ou de Transavia sur l’axe vers Paris-Orly.

Le trafic des deux grands aéroports régionaux du Sud-Ouest (Bordeaux et Toulouse) est cependant inférieur de plus de 25% aux résultats de 2019. L’aéroport de Pau affiche même un recul de 38% par rapport à 2019. Les aéroports bretons de Brest, Nantes et Rennes ont également connu une année 2022 décevante. Toujours en référence à 2019, le nombre de passagers est inférieur de 35% pour le premier, de 19,7% et 24,5% respectivement pour les deux autres.

Rhône-Alpes-Auvergne à la traîne

Autre région où le transport aérien a du mal à retrouver des couleurs : Rhône-Alpes-Auvergne. Clermont-Ferrand enregistre l’un des pires résultats en France, avec un trafic inférieur de plus de 56% par rapport à l’avant-Covid. Il est suivi par Chambéry et Grenoble, respectivement en baisse de 41% et 38%. Même Lyon peine à remonter la pente. Avec 8,56 millions de passagers en 2022, le 5ème aéroport de France voit son trafic toujours inférieur de 27% à ses performances de 2019. 2023 devrait cependant se traduire par un regain de dynamisme, notamment avec le lancement ou le retour de plusieurs vols long-courrier (Emirates, Qatar Airways et Air Transat). L’aéroport va bénéficier aussi de nouvelles lignes d’easyJet et Volotea sur l’Europe et l’Afrique du Nord.

La dynamique low-cost

Autre enseignement du bilan 2022 : la part toujours plus prépondérante en France du low-cost. Ce segment de l’aviation aura permis de soutenir l’activité de nombreux aéroports l’an dernier. Selon l’UAF, le low-cost représentait une part de marché de 43% du trafic en France métropolitaine, contre 35% en 2019. Avec 69,4 millions de passagers, son niveau de trafic l’an dernier n’était plus que de 1,7% inférieur à celui de 2019 (contre -28,8% pour les transporteurs traditionnels).

Le transfert des lignes d’Air France au départ d’Orly à Transavia s’est ainsi traduit par un bond du nombre de passagers low-cost sur de nombreuses plateformes. Entre 2019 et 2022, Montpellier a vu le nombre de passagers low-cost bondir de 61,5%, Perpignan de 143,9%, Tarbes de 92,9% et Toulon de 336,6%. A Orly, le trafic low-cost est ainsi en hausse de près de 30%. Ce segment représente d’ailleurs 57,3% de tous les passagers de la plateforme parisienne. Un chiffre à comparer au 12,5% de Roissy-CDG.

Sur les 15 premiers aéroports français, 9 ont ainsi un trafic low-cost générant plus de 50% du nombre total de passagers. Tandis que 4 aéroports (Bâle-Mulhouse, Beauvais, Bordeaux et Nantes) enregistrent une part de marché du low-cost supérieur à 70%. Cette tendance devrait encore se renforcer en 2023.