
La prise de participation majoritaire dans le capital de SAS Scandinavian Airlines et, éventuellement, dans celui de TAP Air Portugal, remet en question le nom du binôme Air France-KLM, qui devra faire montre de davantage de « neutralité » pour se décrire. Avec un nouveau tournant historique à attendre pour le groupe Air France-KLM : un changement de nom, une information révélée la semaine dernière par le quotidien néerlandais De Telegraaf.
Ce dernier indiquait en effet que le directeur général Ben Smith aurait acté le principe d’un changement de nom de la holding, alors que se précise la perspective d’une intégration totale de la compagnie scandinave SAS au sein du groupe franco-néerlandais.
En interne, plusieurs cadres dirigeants d’Air France et de KLM auraient été informés ces dernières semaines que l’arrivée de SAS pourrait entraîner la disparition de la marque actuelle “Air France-KLM” au niveau du groupe. Le futur nom ne ferait alors plus aucune référence à Air France ou à KLM. La future entité calquerait sa marque sur le modèle d’IAG (International Airlines Group), maison mère de British Airways et Iberia. Tout le contraire de ce qui se passe chez Lufthansa, dont les diverses compagnies sont regroupées au sein du Lufthansa Group. Ce qui d’ailleurs fait régulièrement grincer des dents chez Swiss ou encore Brussels Airlines.
Centralisation accrue
Air France-KLM vise effectivement une prise de participation majoritaire dans SAS, dont la validation est attendue au second semestre. Cette opération s’inscrit dans une stratégie plus large de consolidation, qui pourrait se traduire par l’entrée au capital de TAP Air Portugal, en voie de privatisation.
Un porte-parole du groupe estime qu’il est « logique d’ouvrir la réflexion sur un nouveau nom », dans la mesure où la structure actuelle ne reflète plus que deux marques historiques, alors que d’autres pourraient rejoindre l’ensemble. Un nom de travail ou de code aurait déjà été trouvé « Blue Group ». Rien n’a été néanmoins officiellement confirmé puisqu’aucun choix définitif n’a été arrêté.
Cette évolution potentielle intervient dans un contexte de transformation profonde de la gouvernance. Le rapprochement entre les entités s’accompagne d’une centralisation progressive des décisions à Paris, renforçant le rôle de la holding dans la stratégie globale et l’exploitation des compagnies. Elle s’accompagne de l’intégration de nombreux cadres de KLM dans les instances parisiennes. Cette fois-ci, la future entité ressemblerait davantage dans sa gouvernance à celle appliquée chez Lufthansa Group, mêlant centralisation de la stratégie et identité commerciale conservée par les compagnies opératrices.

















