Air Tahiti Nui fait de la résistance

Air Tahiti Nui enregistre des performances d’autant plus remarquables que la compagnie fait face à une concurrence inédite. Fort d’une flotte renouvelée, le transporteur polynésien prévoit même de densifier encore son programme.

Air Tahiti Nui
Air Tahiti Nui a pu compter sur les performances de son nouveau Tahitian Dreamliner pour défendre ses positions face à la concurrence

On avait laissé Air Tahiti Nui au printemps 2019, à un tournant de son histoire. Le transporteur accusait alors réception de son premier Boeing 787-9, un nouvel outil de travail qui devait lui permettre d’affronter un contexte concurrentiel pour le moins chargé… Moins d’un an plus tard, il faut bien reconnaître que la compagnie a fait preuve d’une résilience assez bluffante. Dès le deuxième trimestre de l’année passée, Air Tahiti Nui a renoué avec les résultats qui étaient les siens en 2017. Entre temps, des acteurs comme French Bee et United sont pourtant passés par là, et la capacité sur l’axe Paris – Etats-Unis – Tahiti a bondi à hauteur de 39%. L’arrivée du nouvel appareil n’est pas étrangère aux bons résultats de la compagnie polynésienne. Séduits par le format et les performances opérationnelles du Boeing 787-9 bien avant l’arrivée de nouveaux concurrents, les responsables d’Air Tahiti Nui ont été largement confortés dans leur choix à l’heure de jouer des coudes sur l’axe transatlantique. « Un choix de génie ! » saluera même Christopher Korenke, Directeur Commercial de la compagnie – sans oublier de préciser qu’il ne prit pas part à cette décision. La direction d’Air Tahiti Nui, qui a présenté ses résultats jeudi à Paris, confie même que les bonnes performances de l’appareil ont dépassé leurs attentes. Les économies de carburant sont bien au rendez-vous, et ce « Tahitian Dreamliner » affiche une « ponctualité technique » de 98,92 %.

Le renouvellement de la flotte a même permis à Air Tahiti Nui de repenser son offre commerciale, en intégrant une nouvelle Premium Economy. Cette nouvelle offre intermédiaire a visiblement trouvé son public, comblant le fossé – probablement trop vaste – entre les offres éco et business. Le nouveau mix cabine, plus équilibré, a permis de tenir la dragée haute à la concurrence sans avoir à renier un positionnement « full service ». Un choix gagnant sur des vols longs – très longs même – qui nécessitent un certain niveau de confort, et notamment auprès de la clientèle affaires même si celle-ci demeure très minoritaires. Alors que les contrats corporate bloquent bien souvent le recours à la classe affaires, la porte est plus régulièrement ouverte pour des billets en premium…

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Encouragés par ces bons résultats – qui reposent aussi sur le réseau de partenariats tissé avec des acteurs comme American Airlines, JAL, Latam ou encore Qantas – les responsables d’Air Tahiti Nui abordent l’année 2020 avec sérénité. La compagnie va même s’autoriser une petite montée en puissance avec une augmentation de l’offre de 12% entre Paris et Tahiti. Les fréquences hebdomadaires devraient être revues à la hausse, y compris en basse saison.

Confiant dans son modèle économique, le transporteur polynésien compte bien exploiter ses pistes d’amélioration. A commencer par le volet technologique : une application mobile est sur le point d’être lancée et pourrait être suivie par un « compagnon de voyage » permettant notamment de réserver des services au sol. Quant à la connectivité en vol, son modèle commercial pourrait bien évoluer et se rapprocher de la posture adoptée notamment par Air France. Air Tahiti Nui pourrait ainsi, outre le wifi payant déjà proposé à bord, ouvrir un accès gratuit à aux applications les moins « datavores », comme les outils de messagerie. Un argument supplémentaire – et toujours bienvenu – pour se distinguer dans ce ciel chargé…

Fréquentation en hausse… en attendant les hôteliers

Etats-Unis, France, Europe : voilà, dans l’ordre, le tiercé qui permet à la destination de gagner des touristes chaque année. Ils étaient plus de 216 000 en 2018 (+8,7%) selon l’ISPF, dont 49 272 de voyageurs français (+18%). Reste que les infrastructures touristiques demeurent réduites, tout particulièrement dans le secteur hôtelier. Les choses devraient pourtant évoluer dans le bon sens au cours des prochains mois : on attend 148 chambres supplémentaires cette année, et le groupe Hilton devrait contribuer à près de la moitié des 428 nouvelles chambres attendues en 2021. Un bon signe pour la destination, et notamment pour la clientèle MICE.