Alitalia concentre son offre à Milan Linate

Alors qu'Alitalia devrait annoncer en octobre les détails de sa restructuration, la compagnie annonce le renforcement de ses vols sur Rome Fiumicino, son principal hub, ainsi que sur Milan-Linate. Et ce, au détriment de l'aéroport de Milan-Malpensa, pourtant plate-forme intercontinentale de la capitale économique italienne. 

Milan-malpensa
Milan Malpensa perd son opérateur historique, Alitalia.

C’est une surprise dans les milieux d’affaires italiens, notamment de Lombardie. Présente à Milan-Malpensa depuis 1948, Alitalia annonce qu’elle quittera cet aéroport à partir d’octobre avec la suspension de ses services vers Rome-Fiumicino. Une ligne qui n’était déjà plus que l’ombre d’elle-même. Alitalia en effet ne proposait plus que deux vols quotidiens depuis son retour à Malpensa au début de l’été.

La compagnie ne conservera qu’un seul vol sur New York JFK depuis la métropole du nord . Et encore, il ne s’agit que d’un vol en partage de code, la liaison étant exploitée par Delta Air Lines avec trois fréquences hebdomadaires.

La réaction du gouvernement régional ne s’est pas faîte attendre. « Je regrette qu’Alitalia annule à partir d’octobre les vols entre Malpensa et Rome-Fiumicino […] C’est un mauvais choix qui est inconciliable avec l’énorme aide de l’État, également financée par les impôts des Lombards. Ce désengagement est emblématique et inacceptable« , déclarait au quotidien La Stampa Claudia Terzi, Secrétaire Régionale aux infrastructures, transports et mobilité durable de la Lombardie.

Linate remplace totalement Malpensa à Milan

C’est donc une page qui se tourne dans l’histoire de la compagnie italienne. Elle qui, pendant des années, avait hissé Malpensa au rang de second hub intercontinental. La compagnie y exploitait des vols vers plusieurs villes des Etats-Unis, vers l’Amérique du Sud (Buenos Aires et Sao Paulo) ou encore  vers Abu Dhabi, Shanghai ou Tokyo. Elle proposait alors des correspondances vers une vingtaine de villes européennes.

Pourtant, Alitalia ne quitte pas la Lombardie. Elle préfère plutôt se concentrer sur l’aéroport de Linate, plate-forme toute proche du centre-ville de Milan et qui avait été jusque dans les années 90 la principale plate-forme internationale de la métropole italienne.

Alitalia relie par exemple depuis septembre Fiumicino à Linate par 11 vols quotidiens au lieu de 5 durant l’été. Le transporteur exploite en cette fin d’été 23 lignes aériennes depuis Linate, incluant huit destinations en Europe. Un programme qui inclue entre autre un vol quotidien sur Paris CDG et sur Bruxelles. La compagnie est passée en septembre à deux fréquences quotidiennes sur les deux villes et a relancé deux vols quotidiens sur Francfort.

Alitalia planifie même une montée en puissance en octobre à Linate. Le transporteur prévoit ainsi le lancement de lignes sur Düsseldorf et Paris-Orly tandis que des fréquences supplémentaires seront proposées sur Amsterdam et Francfort. Milan-Linate devrait donc être relié à Paris par trois vols quotidiens en octobre, deux vols/jour depuis CDG et un vol/jour depuis Orly.

Vers Rome-Fiumicino, le programme sur l’Europe francophone comprend en septembre des lignes sur Bruxelles, Genève, Marseille, Nice et Paris-CDG. La compagnie vient notamment de passer à 10 vols hebdomadaires sur Bruxelles, Genève et Nice. Elle devrait offrir deux vols quotidiens sur Genève au 1er octobre prochain.

La nouvelle Alitalia s’esquisse

Ces ajustements interviennent alors que le transporteur doit présenter son programme de restructuration d’ici la mi-octobre.

Parlant à la commission des transports de la chambre des députés, le chairman d’Alitalia, Francesco Caio, a indiqué que la compagnie allait tourner totalement le dos à son  modèle de développement passé.

« Nous visons un objectif de durabilité en investissant dans la qualité, dans la flotte et le digital. Nos alliances se concentreront sur les vols en partenariat et les services« , écrivait La Stampa sur les propos du chairman.

 » Un transporteur comme Alitalia est une structure totalement différente d’un transporteur à bas prix. Les coûts seront l’obsession de notre direction, l’efficacité étant fondamentale ».

Fabio Lazzerini, PDG désigné d’Alitalia

Le PDG désigné, Fabio Lazzerini, a également dessiné le profil de la future entreprise. « Notre positionnement vise le marché haut de gamme. Si vous n’êtes pas une entreprise à bas prix, viser le low-cost est suicidaire. Un transporteur comme Alitalia est une structure totalement différente d’un transporteur à bas prix. Les coûts seront l’obsession de notre direction, l’efficacité étant fondamentale« .

Selon le directeur général, le long-courrier sera la planche de salut d’Alitalia.  » Dans ce segment, en l’absence d’une concurrence à bas prix, les perspectives sont énormes. Fiumicino devra également consolider les vols court et moyen-courriers, sinon les vols long-courriers ne tiendront pas économiquement« , indique Fabio Lazzerini.

« Nous devons réfléchir à un plan sur cinq ans, poursuit M. Lazzerini. L’alliance avec un partenaire aérien sera un point de stratégie fondamental de ce plan, car le monde des compagnies aériennes est fait d’alliances. Par définition, il est difficile d’être seul dans un monde globalisé« , ajoutait-il au quotidien La Stampa.