Grab affirme son monopole en Asie du Sud-Est en absorbant Uber

La plate-forme de véhicules partagés Grab, leader en Asie du Sud-Est, vient d’absorber l’activité de son concurrent Uber. Celui-ci se retire de tous les marchés de la région en échange d’une prise de participation.

Grab
Uber reste en service jusqu’au 8 avril pour aider les chauffeurs à se repositionner sur Grab

27,5% : c’est le montant de la participation au capital que Uber va recevoir de son rival Grab en échange de son retrait d’Asie du Sud-Est. Une décision qui avait été maintes fois annoncée et régulièrement démentie par la direction de Uber. C’est chose faite, désormais. Depuis une semaine, Grab et Uber ne font plus qu’un, Grab affirmant ainsi sa prédominance dans la région.

Grab s’est en fait montrée plus souple et agressive dans cette partie du monde. Née en Malaisie, basée à Singapour, la start-up était très vite devenue la principale plate-forme de partage de véhicules dans la région avec un ticket d’entrée faible pour les chauffeurs intéressés, des tarifs souvent inférieurs à Uber pour les passagers et une coopération avec les entreprises locales de taxis. Dans les rues de Bangkok, de Jakarta ou Manille, beaucoup de taxis traditionnels sont également des véhicules Grab…

Grab devient donc le seul opérateur de transport partagé à l’échelle de l’Asie du Sud-Est, à l’exception de l’Indonésie où Grab a pour concurrent Go-Jek, un autre opérateur de véhicules partagés – essentiellement des motos – qui a pour investisseur Temasek, le conglomérat d’Etat singapourien et… Google. Cette situation de quasi-monopole pourrait à terme se traduire par des augmentations tarifaires significatives dans la région. Une conséquence que dément l’entreprise. Dans un courriel de réponse à des media en Malaisie, la direction de la compagnie assurait qu’il n’y aurait aucun changement dans les tarifs. « Sur les services GrabCar et JustGrab, les tarifs continueront d’être calculés en fonction d’une distance de base, avec un supplément évolutif en fonction de l’offre et de la demande au moment de la commande et du temps estimé du parcours. C’est un calcul favorable aux chauffeurs qui sont confrontés à des conditions routières variables tout au long de la journée. Cela signifie que les tarifs sont plus bas dans les périodes de faible demande – et vice et versa », indique le communiqué.

Concrètement, la fusion se déroule selon un calendrier rapide. L’application Uber reste en service jusqu’au 8 avril pour aider les chauffeurs Uber à se repositionner sur Grab et aux passagers de migrer sur la plate-forme de réservation. En mai, Grab intégrera également « Uber Eats ». L’ensemble des services de livraison de repas migrera donc vers la plate-forme GrabFood.

Grab est l’une des plateformes mobiles les plus fréquemment utilisées en Asie du Sud-Est avec plus de 5 millions de personnes utilisant quotidiennement sa plate-forme de commande. Aujourd’hui, l’application Grab a été téléchargée sur plus de 90 millions d’appareils mobiles. Le service est disponible dans 195 villes de huit pays d’Asie du Sud-Est (Birmanie, Cambodge, Indonésie, Malaisie, Philippines, Singapour, Thaïlande et Vietnam) et offre le plus large éventail de services de transport à la demande, notamment des voitures particulières, des motos, des taxis et des services de covoiturage.