Avec IZY, Thalys explore la voie du low-cost

IZY : la nouvelle alternative low-cost sur l'axe paris-Bruxelles (Photo Regis Faller)

Au terme d’une année 2015 mouvementée, marquée à la fois par les attaques terroristes et, – en interne – par sa transformation en compagnie ferroviaire, Thalys aborde 2016 avec de nouvelles ambitions. Le transporteur se dote d’un nouveau volet low-cost, baptisé IZY, pour faire face à la concurrence croissante sur l’axe Paris-Bruxelles, tout en soignant son offre business avec l’inauguration de nouveaux salons à Bruxelles et bientôt Düsseldorf.

 

Les dirigeants de Thalys avaient prévu de faire de 2015 une année charnière, à travers la transformation en entreprise ferroviaire. Si le pilotage de cette mue n’a semble-t-il pas pertubé la compagnie, l’exercice fut finalement bien plus mouvementé que prévu, dans un contexte d’attaques terroristes qui, de fait, toucha directement Thalys lors de la tentative d’attentat du 21 août. Au final, Thalys peut se prévaloir d’afficher malgré tout un trafic stable (-0,1%) pour l’année 2015, même si le chiffre d’affaires recule, lui, légèrement (-1,7%). La compagnie chiffre d’ailleurs le manque à gagner consécutif aux attentats à quelque 14 millions d’euros, et souligne que les voyants étaient au vert au terme du premier semestre, aussi bien en termes de trafic (+2%) que de chiffre d’affaires (+0,8%).

 

Agnès Ogier, DG de Thalys, lors de la présentation de la nouvelle offre low-cost IZY
Agnès Ogier, DG de Thalys, lors de la présentation de la nouvelle offre low-cost IZY

 

Ces résultats nuancés n’entament pas pour autant l’ambition de la compagnie ferroviaire, qui poursuit ses efforts à destination de la clientèle affaires. En témoignent l’inauguration en mars d’un salon affaires au sein de la gare de Bruxelles-Midi, et, d’ici l’été prochain, d’un nouveau lounge à Düsseldorf. La compagnie ferroviaire soigne également son volet connectivité – une indéniable valeur ajoutée dans le secteur ferroviaire – en remplaçant son système wi-fi pour gagner en efficacité.

 

Le nouveau salon Thalys ouvre ses portes en mars à Bruxelles (DR David Plas)
Le nouveau salon Thalys ouvre ses portes en mars à Bruxelles (DR David Plas)

 

Mais c’est bien sur le terrain du loisirs que Thalys affûte ses armes pour affronter la concurrence grandissante des compagnies d’autocars, en attendant l’arrivée de nouveaux concurrents ferroviaires venus de l’étrangers, et qui devraient bientôt se lancer à l’assaut d’un axe Paris-Bruxelles particulièrement attractif. La compagnie a donc dévoilé mardi sa nouvelle offre low-cost, dont le nom de baptême, « IZY », n’est pas sans évoquer l’un des principaux acteurs européens du transport à bas coûts, à une autre altitude. Deux rames SNCF seront ainsi relookées au cours des prochaines semaines pour arborer dès le 3 avril prochain les vertes couleurs de la nouvelle compagnie. Le wagon-bar en sera absent, et le modèle des services à la carte présidera à cette nouvelle alternative entre la Gare de Paris -Nord et celle de Bruxelles Midi. En évitant le siège XL (110 sur les 393 places) présenté comme un équivalent du siège de Comfort 1 en Thalys, et en laissant de côté un deuxième bagage bien souvent superflu pour un court trajet, un voyageur pourra ainsi accéder à un tarif maximum de 59 euros. Le prix d’appel atteint quant à lui 19 euros, alors que quelques billets « strapontins » (15 euros) et même sans place assise garantie (10 euros) offrent des alternatives encore plus économiques.

IZY, le low-cost selon Thalys
Thalys mise sur IZY pour augmenter de 10% la mobilité ferroviaire entre Paris et Bruxelles

 

« Les voyageurs d’affaires ne sont pas concernés par cette offre » prévient néanmoins la direction de Thalys, en évoquant notamment des départs en heures creuses, et des billets non flexibles. La compagnie mise donc essentiellement sur le segment loisirs, avec comme objectif annoncé une augmentation de 10% de la mobilité ferroviaire sur l’axe Paris-Bruxelles. Thalys entend ainsi « augmenter la taille du gâteau » comme le résument d’ailleurs les reponsables du projet Izy, avec – peut-être – en filigrane l’idée que le nombre d’acteurs à revendiquer une part devrait continuer à croître au cours des prochains mois…