Classe affaires : contribution majeure

Aviation d’affaires : repositionner l’offre des jets privés

La crise économique n’épargne évidemment pas l’activité de l’aviation d’affaires. Mais, contrairement à l’image d’Épinal de “moyen de transport pour riches”, le jet privé résiste. En raison de sa véritable utilité.

Tout juste élu à la présidence de la République, François Hollande a mis en avant les deux faces de l’aviation d’affaires : sa capacité à relier, rapidement et sans contrainte d’horaires, de petits aéroports – Brive et Le Bourget en l’occurrence – , mais aussi son prix. Face à un début de polémique concernant le coût de la location de Falcon 900, fleuron de Dassault Aviation qui s’apparente à de véritables bureaux volants, Wijet a saisi l’occasion pour vanter son offre avantageuse. La compagnie, une société d’avions-taxis en France qui a une base au Bourget et vient juste de s’installer à Bordeaux, facture 2 200 euros l’heure, soit 550 euros pour quatre passagers. Donc une prestation proche des tarifs d’une compagnie régulière. La flexibilité en plus.

L’aviation d’affaires sait se montrer avantageuse. Les affréteurs ou les compagnies d’avion-taxi proposent ainsi des forfaits tels que des cartes de pré-achat d’heures de vol. Par ailleurs, la location d’un jet d’affaires, plutôt que son acquisition, permet à un grand nombre d’entreprises de pouvoir bénéficier du service de l’aviation privée. “L’entreprise est garantie de disposer d’un appareil adapté à chaque vol, sans avoir à gérer la flotte ou les pilotes. En dessous de 250 heures de vol par an, c’est une solution souple, renforcée par des programmes ou cartes d’heures de vols prépayés”, ajoute Romain Papy, directeur général France d’Air Partner.

Cependant, malgré un potentiel évident, la France reste un marché peu développé pour l’aviation d’affaires, alors que seulement 25 % des entreprises du CAC 40 y font appel, contre 70 % à 80 % outre- Atlantique. Un marché qui se partage entre divers acteurs, tels les compagnies d’aviation à part entière comme Dassault Falcon Service ou Jet Services, les courtiers loueurs d’avions à l’image d’High Profile ou Air Partner, l’un des principaux en Europe, ou encore les spécialistes de la propriété partagée comme NetJets. “L’aviation d’affaires se situe loin de l’étiquette glamour que certains voudraient lui apposer. Voyager sur un jet privé pour des hommes d’affaires permet de maximiser leurs rendez-vous, surtout s’ils se trouvent dans des lieux éloignés, pour revenir au point de départ en fin de journée”, décrit Romain Papy.

Gains de productivité

Selon Wijet, 80 % des vols privés durent moins de deux heures, les deux tiers des clients appartenant au monde corporate. Que recherchent les entrepreneurs à travers l’utilisation des jets d’affaires ? “La rapidité et énormément de services”, estime Jorge Silva, directeur commercial d’Aviapartner, un groupe d’assistance en escale ; “une meilleure productivité”, dit de son côté Romain Papy. Selon des études communiquées par Air Partner, louer un jet d’affaires revient à économiser environ 20 % de son temps, principalement sur les trajets vers l’aéroport, sur l’enregistrement et les transferts dans les aérogares. Il est également démontré que le gain de temps équivaut à cinq ou six fois le salaire horaire de la ou des personne(s) concernée(s). Appliquée à un dirigeant rémunéré 260 000 euros par an, l’économie par heure gagnée serait ainsi de 750 €.
Néanmoins, la crise actuelle est ressentie par les professionnels. L’activité récemment la plus touchée est probablement l’affrètement de jets pour des voyages incentive. Les spécialistes se concentrent donc sur le voyage d’affaires et le transport des catégories les plus favorisées, avec toujours une forte demande en provenance de Russie ou du Moyen- Orient. Reste une incertitude : l’envolée du prix du kérosène qui pourrait éroder leur compétitivité…

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