
Barcelone mène la guerre depuis plusieurs années déjà contre les entreprises proposant des appartements privés en location de courte durée. Et ce, en raison d’une hostilité de plus en plus grande de la population envers un tourisme qui semble sans limites. L’an passé, Barcelone a en effet comptabilisé près de 11,5 millions de touristes. Tandis que 66% des Barcelonais estiment dans un sondage que la ville a atteint son seuil de saturation.
Le fait de retirer du marché immobilier traditionnel des unités d’habitation conduit à une pénurie de logements pour les habitants. Et à des prix de location inaccessibles pour beaucoup. La municipalité de Barcelone estime que quelques 10 000 appartements ont ainsi disparu du marché locatif avec Airbnb et consorts.
La mairie a pourtant déjà fait le ménage. Aucun nouvel appartement touristique n’a été autorisé dans la ville ces dernières années. Le gouvernement local a, en parallèle, fermé 9 700 appartements touristiques illégaux depuis 2016. Près de 3 500 appartements ont été récupérés comme logement principal pour les résidents locaux. L’an passé cependant, 2,89 millions de touristes ont tout de même séjourné dans ces logements de type Airbnb. Ce qui représente une hausse de 22,6% par rapport à 2022. Et 25% du nombre total des touristes séjournant dans la capitale catalane.
La pénurie de logement, le plus important problème de Barcelone
Vendredi 21 juin, le maire de la ville, Jaume Collboni, a donc annoncé une étape supplémentaire dans le combat « anti-Airbnb ». La municipalité devrait totalement interdire la location d’appartements aux touristes d’ici novembre 2028. La ville va ainsi révoquer les licences des 10 101 appartements actuellement autorisés à être loués à court terme.
« Nous faisons face à ce que nous pensons être le plus grand problème de Barcelone« , a déclaré Jaume Collboni lors d’une conférence organisée par la municipalité, rapportée par l’agence Reuters. » Le boom des locations de courte durée à Barcelone, la ville la plus visitée d’Espagne par les touristes étrangers, signifie que certains résidents n’ont pas les moyens d’acheter un appartement après que les loyers ont augmenté de 68 % au cours des dix dernières années et que le coût d’achat d’une maison a augmenté de 38 % », a précisé le maire. Celui-ci a d’ailleurs reçu le soutien de la ministre espagnole du logement, Isabel Rodriguez. « Il s’agit de faire tous les efforts nécessaires pour garantir l’accès à un logement abordable« , a-t-elle posté sur X.
De nouvelles opportunités pour l’hôtellerie
Une telle décision est plutôt une bonne nouvelle pour l’hôtellerie. Cette dernière a accueilli l’an passé dans ses murs 7,78 millions de touristes -soit une part de marché de 68,5%. La construction de nouveaux établissements hôteliers dans les quartiers les plus fréquentés par les touristes est déjà interdite depuis 2015. Mais cette interdiction pourrait être assouplie à l’aune de la disparition des appartements touristiques, selon Jaume Collboni.
Airbnb n’a fait pour l’instant aucun commentaire. Tandis que l’APARTUR, association des appartements touristiques de Barcelone, prédit déjà chômage et pauvreté à la population locale. Quant aux voyageurs, ils risqueront de payer le prix fort avec des tarifs hôteliers en hausse, suite à la disparition de cette concurrence.




















