Technologies : la biométrie prend corps dans le monde du voyage

Rencontre avec Andrew O’Connor, vice-Président aérien de SITA

Andrew O’Connor, vice-Président de SITA en charge des compagnies aériennes et de la gestion des frontières, explique les projets liés à la biométrie, et ses enjeux. Propos recueillis par Florian Guillemin.

Andrew-O-Connor

Quand, selon vous, la biométrie  sera-t-elle la norme pour les contrôles d’identité à l’aéroport ?

Andrew O’Connor – La biométrie devient de plus en plus courante. Les aéroports du monde entier s’y intéressent, car le nombre croissant de passagers pose des défis en matière de fluidité et de sécurité. Le volume et la rapidité des investissements varient considérablement, mais je pense que d’ici trois à cinq ans les passagers utiliseront la biométrie dans la plupart des aéroports de la planète.

La biométrie peut-elle à terme remplacer le passeport ?

A. O’C. – Oui, c’est déjà le cas aux États-Unis par exemple, où SITA travaille avec JetBlue et l’US Customs and Border Patrol. Les passagers de JetBlue peuvent ainsi monter à bord d’un vol international en regardant simplement dans une caméra. Plus besoin de présenter un passeport, une carte d’embarquement ou tout autre document. Toutefois, une extension à l’international passera par la conclusion d’accords internationaux avec les pays qui travaillent avec l’Organisation de l’aviation civile internationale. SITA travaille sur la technologie qui rendrait cela possible, c’est-à-dire l’utilisation d’une blockchain (NDLR : une nouvelle technologie sécurisée de stockage et de transmission d’informations) permettant de partager en toute sécurité des données biométriques entre plusieurs parties.

La technologie est-elle sûre à 100% ?

A. O’C. – Aujourd’hui, chaque système est vulnérable, et toute entité stockant des données biométriques doit donc suivre des protocoles de sécurité très stricts. Des organismes comme l’Organisation internationale de normalisation (ISO) ont établi des normes. L’utilisation de technologies telles que la blockchain sera cruciale lors du partage d’informations biométriques.

L’investissement conséquent se justifie-t-il pour les aéroports ?

A. O’C. – Le principal avantage consiste à pouvoir accueillir un plus grand nombre de passagers en toute sécurité, de l’enregistrement aux différents points de contrôle et jusqu’à l’embarquement. En effet, l’investissement est une considération majeure. La clé, c’est que le dispositif choisi s’intègre aux comptoirs d’enregistrement et aux portes d’embarquement.

La biométrie deviendra-t-elle la norme dans d’autres domaines du voyage ?

A. O’C. – Oui, je pense qu’elle se généralisera. Elle est déjà utilisée par les consommateurs dans leur vie quotidienne, de l’accès sur le lieu de travail à la possibilité d’effectuer des paiements à l’aide de leur smartphone. À mesure que les consommateurs se sentiront plus à l’aise avec cette technologie, les fournisseurs de services l’intégreront à leurs offres.

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