
La Chine continue de révolutionner le secteur des transports et plus particulièrement celui du ferroviaire avec son nouveau projet de faire rouler en 2035 des trains à 1000 km/h, soit trois fois plus vite que nos TGV hexagonaux. Celui-ci repose sur la technologie de la sustentation magnétique de type maglev japonais grâce à des aimants de forte puissance et la reprises des avancées réalisées ces dernières années par les projets Hyperloop dont le milliardaire américain Elon Musk fut à l’origine. Ceux-ci ont toutefois progressivement été abandonnés face au défi technologique et aux investissements financiers colossaux à entreprendre pour construire les tubes ainsi que les rames ou capsules circulant dans ces boyaux basse pression qui feraient disparaitre tout résistance au vent.

Relier Pékin et Shanghai en 1h30
D’ores et déjà, en février dernier, le groupe China Aerospace Science and Industry Corporation (CASIC) a réussi une première série d’essais avec le T-Flight en atteignant les 623 km/h sur une distance de 2 km avec un train maglev à ultra-haute vitesse (UHS) lancé dans un tube sous vide de type Hyperloop. Lors des premiers essais, le T-Flight a ainsi atteint la vitesse impressionnante de 623 km/h sur une distance de 2 km. Reste désormais à franchir le pas pour construire une première ligne – doublant une desserte de trains à grande vitesse actuelle – et régler les questions de financement, de sécurité, de réglementation et de technologies. Et notamment pour offrir le wifi à bord aux passagers quand on voit comment cela est déjà compliqué actuellement à 320 km/h. Plusieurs grandes villes chinoises sont déjà sur les rangs pour figurer parmi les premières à bénéficier de cette innovation. Et d’abord Pékin et Shanghai qui seraient reliées en 1h30 environ contre 4h30 en train à grande vitesse et 2h en avion. D’autres dessertes sont envisagées dont Pékin-Shijiazhuang et Guangzhou-Shenzhen.

L’Hyperloop comme booster
L’envie de faire circuler des trains circulant en lévitation plutôt que sur des rails est ancien. Ce projet futuriste fut même quasiment inventé par un Français, Jean Bertin, qui planche sur cette technique dans les années 1960 et construit une ligne d’essai près d’Orléans sur des pilonnes en béton au début des années 1970. Coûteux, l’Aerotrain est finalement abandonné au profit du TGV, inauguré entre Paris et Lyon en 1981. C’est dans les années 1960 que Japan Railway commence également à plancher sur son Maglev avec le rêve de faire circuler des trains entre Tokyo et Osaka en 1 heure. Plus de soixante ans après, la première ligne commerciale Shinkansen Chūō devrait voir le jour en 2027, entre Tokyo et Nagoya. Entre temps le Maglev a toutefois dépassé les 600 km/h lors d’essais opérés en 2015. C’est en 2013 que Elon Musk entre dans la dance en poussant les recherches de la société californienne Hyperloop, exaspéré face aux embouteillages qui existent entre son domicile et son bureau. Travaillant de façon ouverte avec des partenariats financiers variés, plusieurs centres recherches virent le jour dans les grands pays industrialisés engloutissant des centaines de millions de dollars d’investissement. Jusqu’en France à Toulouse où Hyperloop a édifié un tube d’essais sur l’ancienne base militaire de Toulouse Francaval avant que tout ne s’arrête en 2021. Des recherches sont toutefois encore menées en Italie et surtout au Pays-Bas par la société Hardt Hyperloop. Les Chinois entendent aujourd’hui mixer le meilleur des deux mondes pour atteindre les 1000 km/h.




















