Pas de certification de la classe affaires Allegris de Lufthansa par les autorités américaines

Le déploiement de la nouvelle cabine affaires de Lufthansa, Allegris, ne cesse de rencontrer des problèmes. Après un retard de plusieurs années, voici que l'Administration fédérale de l'aviation FAA refuse de certifier les sièges sur une douzaine de Boeing 787 flambant neufs.
La classe affaires Allegris (ici la Suite) équipe depuis mai les Airbus A350-1000 de Lufthansa (Photo: LC)

Décidément, le nouveau siège « Allegris » en classe affaires et première classe de Lufthansa porte bien mal son nom. Il pourrait être renommé « Difficultis » tant il semble être frappé du sceau de la malchance ! Retardé de plusieurs années – il était prévu en 2017 -, le siège Allegris n’a été présenté au public qu’à la fin du printemps 2024.

Et encore, il n’était pas disponible en First Class en raison de problèmes techniques du nouveau siège-couchette. Cette difficulté désormais résolue, c’est au tour de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA) de jouer les trouble-fêtes pour Allegris.

Un fabricant différent pour le siège Allegris sur les Boeing

La FAA refuse en effet de certifier les sièges sur plus d’une douzaine de Boeing 787 Dreamliners flambant neufs. Ces derniers sont pour l’instant immobilisés sur une unité de Boeing à l’aéroport de Charleston en Caroline du Sud.

La FAA déplore des failles dans la sécurité des sièges en cas de collision. Alors même que les autorités européennes avaient sans problème valider la conformité des sièges Allegris sur l’Airbus A350.

Sauf que dans le cas des Boeing 787 Dreamliner, le fabricant n’est pas le même. En Europe, le siège Allegris de l’Airbus A350 est produit par STELIA Aerospace, aux Etats-Unis, c’est Collins Aerospace qui est chargé de la fabrication. Côté Europe, STELIA indique d’ailleurs que les livraisons se déroulent selon le calendrier prévu.

Menace pour le développement du hub de Francfort en 2025

Le dilemme pour Lufthansa est que sa commande de 34 Boeing 787-9 est désormais retardée. Notamment avec ses 13 B787 immobilisés à cause d’Allegris.

Or, ils sont censés entrer en service en mars prochain et destinés à renforcer le hub de la compagnie à Francfort. Dans le même temps, ils doivent permettre à Lufthansa de baisser sa consommation de carburant, avec la mise à la retraite des Airbus A340.

La compagnie espère encore recevoir ses premiers nouveaux Boeing 787-9 au milieu de l’année. Et travaille sur plusieurs alternatives. Comme par exemple faire voler les avions uniquement avec des classe Economy Premium et Economy. Ou de les équiper provisoirement des anciens sièges. Ou bien encore, de transférer temporairement cinq à six Airbus A350-900 de Munich à Francfort.

Quelle que soit la solution adoptée, elle s’avèrera coûteuse pour la compagnie. Même si elle peut s’attendre à un dédommagement de la part de Collins Aerospace.