France : couvre-feu sauf dans les transports, tests accélérés dans les aéroports

Les transports ferroviaires et aériens sont épargnés par le couvre-feu fixé de 21h à 6h du matin. De nouveaux tests antigéniques, plus rapides, feront bientôt leur arrivée dans les aéroports, à commencer par Paris.

Couvre-feu-macron
Allocution du Président de la République le 14 octobre.

Comme attendu, Emmanuel Macron a annoncé mercredi soir un couvre-feu de 21h à 6h du matin dans neufs grandes métropoles pour freiner la circulation du virus et faire face à la situation sanitaire. L’Ile-de-France, Grenoble, Lille, Lyon, Saint-Etienne, Aix-Marseille, Montpellier, Toulouse et Rouen sont concernées par ces nouvelles mesures et cette interdiction de sortie nocturne prend effet samedi 17 octobre à 00h00 pour une durée de quatre semaines, mais qui devrait sans doute être étendue jusqu’au 1er décembre après un vote du Parlement.

Pour limiter les déplacements et les interactions sociales, le Président de la République a par ailleurs invité les entreprises qui le peuvent à favoriser le télétravail autant que possible, et cela deux ou trois jours par semaine.

si vous avez un train ou un avion qui arrive ou qui part après 21 heures, il faudra le cas échéant pouvoir montrer votre billet

Concernant les déplacements à titre professionnel, des exemptions ont été précisées jeudi par le Premier Ministre, qui nécessiteront notamment une attestation téléchargeable sur le site du gouvernement. Les trajets ferroviaires et aériens comptent parmi les exceptions : « Certains déplacements resteront autorisés, (…) si vous avez un train ou un avion qui arrive ou qui part après 21 heures, il faudra le cas échéant pouvoir montrer votre billet« , a expliqué Jean Castex, qui a cité les hôtels parmi les établissements échappant à la fermeture anticipée.

Jean Castex
Le Premier Ministre Jean Castex a précisé jeudi les nouvelles restrictions entrant en vigueur pendant le week-end

Des tests antigéniques dans les aéroports

Par ailleurs, le Ministre de la Santé Olivier Véran a aussi annoncé jeudi que « des barnums, ces fameuses opérations collectives de tests, pourront être conduits à partir de tests antigéniques dans les aéroports, permettant lorsque des personnes arrivent sur le territoire national en provenance d’un pays où le virus circule beaucoup de disposer de leurs résultats avant de quitter l’aéroport« . Olivier Véran a poursuivi : « L’obligation de test existe déjà (…). Les frontières sont fermées avec de nombreux pays et lorsque des ressortissants français viennent de ces pays nous exigeons d’eux qu’ils présentent un test réalisé sur place dans les 72 heures qui précèdent leur arrivée sur le territoire national. Et si ce n’est pas possible, nous les testons dans les aéroports. Aujourd’hui, nous les testons par un test PCR dont le résultat va prendre en moyenne un jour. Avec les antigéniques, cela va aller plus vite puisqu’ils auront les résultats avant de quitter l’aérogare« . Jean Castex a par ailleurs précisé que les aéroports comptaient parmi les « priorités de déploiement rapide » de ces nouveaux tests. Une mesure confirmée par le Ministre des Transports, qui table sur une mise en place « d’ici la fin octobre« . Quant à la possible neutralisation d’un siège sur deux dans les trains ou les avions, le Premier Ministre a mis en exergue l’efficacité des systèmes d’aération utilisés par ces infrastructures, sous-entendant ainsi que cette mesure n’était pas à l’ordre du jour.

Le tourisme devrait être un des secteurs touchés en premier lieu par ce couvre-feu et les professionnels ont réagi défavorablement à cette annonce. « Nous qualifions ces mesures de punitives à l’encontre du secteur de l’hôtellerie-restauration. Elles ont pour but de dissuader une minorité de personnes qui ne respecte pas les précautions sanitaires de base et auront des conséquences dramatiques sur la profession« , ont déclaré dans un communiqué commun le Syndicat de la restauration thématique (SNRTC), l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), le Groupement des indépendants hôtellerie et restauration (GNI) et le Groupement national des chaînes hôtelières (GNC). Emmanuel Macron a annoncé de nouvelles mesures de soutien aux secteurs les plus impactés par le couvre-feu, telles l’hôtellerie-restauration et l’événementiel.