Croisières : la vague verte

Le secteur des croisières n’échappe pas à la lutte contre le réchauffement climatique. Conscientes de la nécessité de préserver la planète, certaines compagnies s’efforcent d’être les plus respectueuses possibles de l’environnement.

Le souffle du vent pour moteur principal : réinventant les beaux jours de la marine à voile, le Star Clipper sillonne tout en douceur les mers chaudes des Caraïbes et d’Asie ainsi que les flots bleus de la Méditerranée.© Star Clipper
Le souffle du vent pour moteur principal : réinventant les beaux jours de la marine à voile, le Star Clipper sillonne tout en douceur les mers chaudes des Caraïbes et d’Asie ainsi que les flots bleus de la Méditerranée.© Star Clipper

«Le friluftslkiv, l’art de se connecter à la nature, fait partie de l’ADN de tous les Norvégiens », affirme Christine Blois, directrice générale France de Hurtigruten. Ce qui explique que depuis toujours la compagnie norvégienne se soit engagée dans l’éco-responsabilité. Sans être moralistes, les équipages sont passés experts dans un tourisme respectueux de l’environnement, sensibilisant les passagers au travers d’actions quotidiennes : conférences, expéditions à la rencontre de la faune, repas à base d’ingrédients locaux, nettoyage des plages… “Notre flotte utilise depuis des années du fioul léger, et nous l’équipons progressivement afin qu’elle puise naviguer au gaz naturel liquéfié, ajoute Christine Blois. De plus, depuis cet été, aucune matière plastique n’est utilisée à bord”.

Il n’est donc pas surprenant qu’Hurtigruten soit la première compagnie maritime à lancer, en 2019, deux bateaux à propulsion hybride : le MS Roald Amundsen et le MS Fridjof Nansen. Ces derniers proposeront uniquement des cabines et suites extérieures, le tout agrémenté d’un salon avec de grandes baies vitrées, d’un centre de bien-être avec piscine à débordement, mais aussi d’équipements d’expédition sur-mesure tels des drones sous-marins Blueye, des kayaks et des bateaux pneumatiques polaires afin de pouvoir aborder des zones inaccessibles autrement. À la pointe de la technologie, ces navires posséderont un centre scientifique high-tech avec des écrans tactiles et des instruments à la pointe à la disposition des passagers.

Réduire l’impact environnemental

Autre spécialiste des croisières-expéditions, la compagnie francophone Le Ponant mise également sur la navigation respectueuse. Son adhésion à l’Association Internationale des Opérateurs de Croisières-expéditions en Arctique (AECO) prouve sa volonté de s’engager en faveur de la préservation de l’environnement. “De la conception de nos navires jusqu’aux débarquements à terre, tout est pensé pour réduire au maximum notre impact environnemental : choix des itinéraires, navigation sous voiles privilégiée, revêtements limitant la pollution de l’air et de l’eau, sensibilisation des équipages et des passagers, présence à bord d’un responsable environnemental…”, confirme Hervé Bellaïche, directeur général adjoint commercial et marketing.

Quatre de ses bateaux – Le Boréal, l’Austral, Le Soléal et le Lyrial – ont obtenu le label International Cleanship (Bureau Veritas), récompensant leurs équipements verts innovants : propulsion électrique silencieuse et économique, positionnement dynamique évitant de jeter l’ancre afin de protéger les fonds marins, moteurs diesel pouvant fonctionner au Marine Diesel Oil (MDO) moins polluant, traitement innovant des eaux usées et des déchets… “En 2021, nous serons la première compagnie maritime au monde à lancer un bateau hybride fonctionnant au gaz naturel liquéfié et à l’électricité : il nous a fallu six années pour le mettre au point !”, annonce fièrement Hervé Bellaïche.

Proposées par Hurtigruten et Ponant, les croisières-expéditions en Antarctique sont réservées à des groupes incentives ultra VIP. Ces expériences hors du commun nécessitent la préservation d’un milieu sublime, mais fragile, entre baleines, phoques et manchots royaux.© Lorraine Turci - Ponant
Proposées par Hurtigruten et Ponant, les croisières-expéditions en Antarctique sont réservées à des groupes incentives ultra VIP. Ces expériences hors du commun nécessitent la préservation d’un milieu sublime, mais fragile, entre baleines, phoques et manchots royaux.© Lorraine Turci – Ponant

Leader mondial des croisières-expéditions francophones haut de gamme, en particulier aux pôles, le Ponant étoffe autant sa flotte que son catalogue. Ainsi, à l’horizon 2021, la compagnie possédera 12 bateaux et proposera 460 croisières avec, comme nouvelles destinations, la Nouvelle-Zélande, la Polynésie, l’Islande, la mer Rouge, l’Europe du Nord et la Baltique. Les navires d’une petite capacité, de 90 à 135 cabines, sont facilement privatisables par les entreprises, notamment pour des croisières de trois à quatre jours. “Ces dernières années, nous avons enregistré une augmentation d’environ 30 % des demandes MICE”, relève Hervé Bellaïche.

L’exception est aussi de mise à bord des voiliers Star Clippers. Alliant charme d’antan et confort moderne, ils déploient leurs toiles immenses pour une navigation ultra silencieuse. “Ces voiliers donnent une idée de la vie à bord de ce type de bateau il y a 150 ans. L’ambiance est à la fois décontractée et intimiste”, décrit Béatrice Frantz responsable commerciale. Des caractéristiques qui plaisent aux entreprises dans le cadre de privatisations partielles ou entières.

Tandis que les Star Clipper et Star Flyer disposent de 85 cabines doubles et le Royal Clipper de 150 cabines, le Flying Clipper complétera bientôt l’offre et possédera 150 cabines. Avec ses cinq mâts, ce sera le plus grand navire à voiles carrées existant. Inspiré du mythique France II, qui fut au  début du XXe siècle le plus grand bateau au monde de ce type, il bénéficiera de technologies de pointe tout en naviguant grâce à l’énergie éolienne si les conditions météo le permettent. Il promet, lui aussi, des moments inoubliables avec des escales dans des ports minuscules et des excursions à la carte. En attendant sa mise à l’eau, les trois autres voiliers proposent de nouvelles croisières pour 2019 : 10 à 11 nuits entre Singapour et Kota Kinabalu et sept nuits dans les îles Grecques.

Partir à la découverte des perles de la Méditerranée, que ce soit l’Italie, la Corse ou la Grèce, est une des nombreuses possibilités qu’offre tout l’été le Club Med 2, un voilier cinq mâts de 184 cabines pour des mini-croisières de trois à cinq nuits. “L’hiver, il vogue sur les eaux turquoise des Caraïbes pour des séjours de sept nuits, voire de quatre nuits sur demande”, souligne Véronique Bertrand, directrice France meeting & events du Club Med.

L’élégante goélette avec son faible tirant d’eau approche au plus près des côtes, permettant des escales dans des sites privilégiés “Nous accostons tôt et repartons en début de soirée, donnant ainsi aux passagers tout le loisir de profiter au maximum de leur escale. C’est d’ailleurs un des souhaits de plus en plus émis par les entreprises : prendre le temps de visiter et d’échanger avec les populations locales”, remarque encore Véronique Bertrand. Le groupe Club Med est engagé depuis plusieurs années dans une démarche de développement durable : soutien à la production locale en partenariat avec Agrisud International, certification Green Globe des villages, activités liées à la nature comme l’opération plage propre ou Clean Art Planet… Plus de 10 000 GO (gentils organisateurs) et GE (gentils employés) sont formés aux causes environnementales, parmi lesquels l’équipage du Club Med 2.

Profitant du cadre idyllique du Club Med 2, les participants soutiennent indirectement la création d’entreprises agricoles dans les pays du Sud.© Club Med 2
Profitant du cadre idyllique du Club Med 2, les participants soutiennent indirectement la création d’entreprises agricoles dans les pays du Sud.© Club Med 2

Soutien à la reforestation

En Méditerranée, Corsica Ferries entend pareillement réduire son empreinte environnementale. En effet, depuis 2012, la compagnie maritime participe notamment à une action de reforestation dans la forêt amazonienne et soutient deux projets d’agroforestrie en Corse. Plus de 77 500 arbres ont déjà été plantés dans la forêt péruvienne, soit l’équivalent de 25 300 tonnes de CO2. “En tant qu’opérateur responsable, nous appliquons une démarche de compensation carbone. à travers ce programme, nous soutenons des petits producteurs, au Pérou et en Corse, tout comme nous encourageons nos passagers à continuer à se mobiliser”, dit Pierre Mattéi, président de la compagnie.

Parallèlement, Corsica Ferries entend réduire sa consommation de carburant et de fluides frigorigènes. Des efforts sont aussi réalisés au niveau des moteurs afin d’être rendus les moins polluants possibles. “Dans cette continuité, nous projetons la construction de deux ferries rapides de nouvelles générations  alimentés au gaz léger naturel et dotés de branchement à quai”, ajoute Pierre Mattéi. Corsica Ferries dessert les grandes îles de la Méditerranée occidentale : Ligurie, Toscane, île d’Elbe, Corse, Sardaigne. Et, depuis cette année, c’est la seule compagnie maritime à proposer les Baléares depuis la France avec deux rotations hebdomadaires au départ de Toulon. Ses 13 bateaux sont privatisables et adaptés aux groupes jusqu’à 200 personnes maximum.

Les 55 navires CroisiEurope qui naviguent sur les plus beaux fleuves du monde ont une capacité d’accueil sensiblement équivalente. La compagnie strasbourgeoise a reçu en 2014 le trophée de l’innovation touristique fluviale pour le MS Loire Princesse, un bateau de 90 m de long pour 15 m de large sur trois ponts. Naviguant sur la Loire, ce bâtiment se distingue par une propulsion par roues à aubes dans le pur respect de l’environnement. Un second du même type a été mis à l’eau en 2018 : le MS Elbe Princesse. De 101 m de long, il peut accueillir 90 passagers dans 45 cabines avec vue extérieure. Son faible tirant d’eau l’autorise à naviguer toute l’année sur l’Elbe et la Moldau, entre Berlin et Prague.

Mais c’est toute la flotte CroisiEurope qui se veut la plus respectueuse possible de l’environnement. Ainsi, les bateaux sont équipés d’économiseurs d’eau et de systèmes de traitement des eaux usées et peuvent fonctionner sur secteur. En outre, leur coque est peinte avec des composants non polluants et la consommation de diesel est réduite. D’autre part, la compagnie a mis en place un partenariat avec l’Unesco pour un développement écologique sain et durable des ports fluviaux d’Afrique. Croisi-Europe projette même de lancer des bateaux fonctionnant à l’électricité et de rationaliser la consommation à bord en réduisant la production de déchets grâce à l’utilisation d’emballages recyclables.

L’Asie et l’Afrique connaissant de fortes demandes pour de courtes croisières fluviales en complément d’un safari, d’un circuit ou d’un city trip, cette compagnie étoffe aussi son offre exotique avec cette année un nouveau navire, le MS African Dream, naviguant sur le lac Kariba, au Zimbabwe. Entièrement conçu pour offrir à ses 16 passagers le maximum de visibilité sur la savane australe, il propose un confort absolu entre restaurant panoramique, roof-top, transats et piscine. Ses huit suites modernes et confortables offrent une vue imprenable sur les paysages sauvages de la région. “Le MS African Dream est idéal pour observer la faune et la flore sans déséquilibrer l’organisation de l’écosystème”, rassure Eric Collange directeur commercial.

Alain Souleille fondateur de Rivages du Monde, spécialiste des croisières culturelles francophones maritimes et fluviales, reste pour sa part plus modeste. “Nous sommes très attentifs aux problèmes d’écologie et faisons ce que nous pouvons, à notre échelle, pour lutter contre la pollution”. Tout d’abord en n’affrétant que des bateaux à taille humaine, embarquant entre 40 et 500 passagers, et ensuite par diverses actions comme le traitement des eaux usées. Une tentative de zéro papier a également été lancée cet été lors d’une croisière en Alaska, les passagers consultant les menus et programmes sur écran.

CroisiEurope limite son impact sur l’environnement à travers une moindre consommation de carburant et le recyclage des déchets.© CroisiEurope
CroisiEurope limite son impact sur l’environnement à travers une moindre consommation de carburant et le recyclage des déchets.© CroisiEurope

Le durable inscrit dans l’ADN

Cette même préoccupation de l’environnement et des hommes est présente parmi les grandes compagnies maritimes. L’un des précurseurs dans ce domaine est l’Italien Costa, à la tête de 15 navires sillonnant toutes les mers du globe proposant au total 137 itinéraires différents à travers 261 destinations et 60 ports d’embarquement. “Le développement durable est inscrit dans notre ADN”, affirme Georges Azouze, président France de Costa Croisières. Pour Costa, être pionnier dans le secteur depuis 70 ans ne signifie pas se limiter à déployer des navires à travers le monde pour offrir de magnifiques souvenirs aux groupes MICE. Cela implique aussi d’être exemplaire. “Le potentiel d’une industrie en croissance comme celle de la croisière doit jouer un rôle très important, notamment dans la réalisation des objectifs de développement durable définis par les Nations Unies à l’horizon 2030”, pense Georges Azouze.

La compagnie estime qu’une ligne de croisières ne doit pas se contenter de déplacer des passagers d’un lieu à un autre, mais joue un rôle beaucoup plus large, puisqu’elle tisse des liens entre les personnes et les cultures, en plus de produire une incidence positive sur les communautés avec lesquelles elle interagit. Par souci de transparence, chaque année depuis 2006, la compagnie publie un rapport annuel de développement durable, consultable sur son site internet. Sa stratégie s’articule autour de trois volets – Sea, You et Tomorrow – qui s’intéressent respectivement aux problèmes concernant la protection de l’environnement (réduction des émissions, optimisation de la consommation d’énergie, recyclage des déchets…), la création de valeurs partagées ainsi que l’innovation responsable avec, notamment, la construction de deux navires éco-responsables.

Le premier d’entre eux, le Costa Smeralda devrait être mis à l’eau en novembre 2019. Il pourra embarquer 2 600 passagers pour des croisières en Méditerranée occidentale et sera le premier paquebot de la compagnie à fonctionner au gaz naturel liquéfié. Parallèlement, Costa a mis en place le programme 4GOODFOOD dont l’objectif à l’horizon 2020 est la réduction du gaspillage alimentaire de 50 % à bord de tous les navires de sa flotte. Ainsi, quand le Costa Fascinosa a débarqué pour la première fois dans un port français, à Marseille en mai dernier, les excédents des repas ont été offerts à l’Armée du Salut. Cette opération sera désormais renouvelée chaque semaine lors de l’escale marseillaise du bâtiment. Lancé dans un premier temps en Italie, ce programme a permis de remettre, 28 700 portions à des organismes caritatifs entre juillet 2017 et mai 2018. Costa compte étendre cette expérience novatrice et unique pour l’instant dans le secteur maritime à l’ensemble de sa flotte.

Tout en luttant contre le gaspillage à bord, les navires Costa redistribuent les plats non consommés aux bénévoles de la Banque alimentaire.© Costa Croisières
Tout en luttant contre le gaspillage à bord, les navires Costa redistribuent les plats non consommés aux bénévoles de la Banque alimentaire.© Costa Croisières

“Tous à bord pour les enfants”

Autre grand acteur sur le marché de la croisière maritime, MSC Croisières est également engagé dans un programme de développement durable et humanitaire, notamment à travers un partenariat noué avec l’Unicef en 2009 destiné à récolter des fonds servant à financer la lutte contre la malnutrition infantile grâce à des aliments prêts à l’emploi. À ce jour, 81 000 enfants et leurs familles en Afrique ont pu bénéficier des fonds levés à bord grâce au programme “Tous à bord pour les enfants”. D’autre part, et afin de soutenir la biodiversité dans les zones marines protégées, MSC Croisières s’est lancé dans une politique de certification. Ainsi, en 2013, a-t-elle été la première compagnie à obtenir le prix 7 Golden Pearls décerné par Bureau Véritas.

Croisières au grand air et performance énergétique : les nouveaux navires de MSC associent divertissement des passagers et réduction des émissions.© MSC
Croisières au grand air et performance énergétique : les nouveaux navires de MSC associent divertissement des passagers et réduction des émissions.© MSC

Cette récompense vient saluer les navires de classe Fantasia pour leur respect de l’environnement : traitement de l’air, des eaux usées et des déchets, performance énergétique, sécurité alimentaire, santé et sécurité au travail. MSC Croisières est aussi la première compagnie de croisières à réduire volontairement ses émissions dans les ports jusqu’à atteindre de niveaux inférieurs aux exigences légales. “De 2017 à 2026, nous projetons la construction de 12 bateaux doublant ainsi notre flotte”, annonce Patrick Pourbaix, directeur général France, Belgique et Luxembourg.

Les nouveaux paquebots bénéficieront d’une technologie de pointe, notamment digitale, par exemple des bracelets interactifs reliant les passagers aux services à bord et activant des suggestions géolocalisées grâce à 3 050 balises Bluetooth. Ils sont également équipés à l’avant d’une zone Yacht Club, sorte de second bateau privé comprenant 70 à 80 cabines, salons, restaurant, piscine et majordome 24h/24. En 2017, le MSC Meraviglia est le premier de cette nouvelle génération à avoir été mis à l’eau. Il revendique une technologie verte lui permettant de réduire sa consommation de pétrole, de consommer moins d’énergie grâce à des ampoules Led et de gérer efficacement les déchets.

De la même manière, Norwegian Cruise Line investit dans l’agrandissement et la modernisation de sa flotte, que ce soit à travers des applications digitales de pointe comme le iConcierge, mais aussi des mesures visant à limiter son impact environnemental, par exemple l’installation d’épurateurs de gaz d’échappement sur sept de ses 14 navires ou encore l’utilisation d’un revêtement anti-friction sur les coques afin d’améliorer l’efficacité énergétique. Parallèlement, de multiples actions sont effectuées afin d’être le plus écologique possible. Ainsi, chaque année, des milliers de galons de graisses de cuisson sont recyclés. Côté caritatif, la compagnie qui est fortement présente dans les Caraïbes est partenaire de All Hands Volunteers, la première organisation au monde de bénévoles spécialisés dans les opérations de secours après des catastrophes naturelles. Elle participe au programme Hope Starts Here pour venir en aide aux victimes des ouragans. Dans ce cadre, elle a collecté 2,5 millions de dollars.

Norwegian Cruise Line modernise sa flotte avec des navires plus moins polluants, mais aux cabines toujours haut de gamme.© Norwegian Cruise Line
Norwegian Cruise Line modernise sa flotte avec des navires plus moins polluants, mais aux cabines toujours haut de gamme.© Norwegian Cruise Line

Mais ce qui est sans doute le plus surprenant en matière d’environnement, c’est de voir un mastodonte comme l’Oasis of the Seas de Royal Caribbean faire partie des navires les moins polluants de la flotte mondiale. Et cela, notamment grâce à une turbine vapeur de 2 MW qui récupère la chaleur et la convertit en énergie réutilisable. Ses moteurs, liés à des épurateurs qui réduisent les émissions d’oxyde, brûlent 25 % de carburant de moins que des navires un peu plus petits. En outre, l’Oasis est équipé d’un système de retraitement et de recyclage qui lui permet de ne rejeter aucune eau usée.

Toutefois, malgré toutes ces avancées, il reste encore certains obstacles à franchir pour que ces initiatives environnementales maritimes et fluviales se généralisent. Car pour l’heure, peu de ports sont équipés pour fournir du GNL. Du coup, les navires doivent avoir recours pour s’approvisionner à des bateaux ravitailleurs pas forcément écologiques…. De plus, modifier les habitudes de consommation des croisiéristes, notamment en matière de gaspillage alimentaire à bord, est encore un long, très long chemin. De ce côté, clairement, la croisière 100 % verte ne semble pas encore être pour demain !

Le géant des mers Oasis of the Seas de Royal Caribbean consomme pourtant moins que les bateaux de plus petite taille. © Royal Caribbean
Le géant des mers Oasis of the Seas de Royal Caribbean consomme pourtant moins que les bateaux de plus petite taille. © Royal Caribbean