Interview : Paul Chevrillon, cofondateur de Deskopolitan

Après un premier espace de coworking à Paris, Deskopolitan ouvrira au printemps un nouveau lieu mêlant espaces de travail et une multitude de services tels une résidence hôtelière, une crèche, un club de sport, un restaurant bistronomique… Présentation avec son cofondateur.

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Paul Chevrillon, cofondateur de Deskopolitan.

Quels sont les points forts de votre nouvel établissement, le Deskopolitan Paris Voltaire, qui ouvrira au printemps prochain ?

Paul Chevrillon – Nous allons offrir une palette de services beaucoup plus large que pour notre premier site, situé dans le Xe arrondissement. Ce lieu de 1 400 m² inauguré il y a un peu plus de deux ans est essentiellement constitué d’espaces de travail avec des formules coworking à l’heure jusqu’au mois et des offres plus sédentaires, autour d’open spaces et de bureaux fermés. Comme dans la plupart des centres d’affaires, nous proposons des services classiques – accueil téléphonique, bureautique, domiciliation –, mais aussi un barber shop, de la conciergerie, des événements. Au Deskopolitan Paris Voltaire, comme nous disposons de 6 000 m², nous souhaitons pousser le concept encore plus loin avec des services qu’on a moins l’habitude de voir cet environnement.

C’est à dire ?

P. C. – En plus des 4000 m² consacrés aux espaces de bureau et coworking et composé d’open spaces et de bureaux fermés, de salles de réunions et de creative rooms, le Deskopolitan Voltaire proposera de nombreux services. C’est à dire un studio sportif de 1000 m², une crèche de 23 berceaux, un restaurant de 70 couverts, une résidence hôtelière de 14 chambres. A part celle-ci que nous exploitons sous notre marque bed&coworking, filiale de Deskopolitan, nous avons fait le choix de nous allier à de vrais professionnels pour exploiter ces services à l’image d’Episod pour le fitness, de la maison Kangourou pour la crèche ou encore un chef reconnu de la bistronomie. De ce fait, ces lieux s’adressent aussi bien à nos clients qu’au grand public. De cette manière, nous pouvons proposer des installations de taille plus importante que si elles étaient réservées à nos seuls résidents. Bien sûr, ceux-ci auront une place prioritaire à la crèche et le restaurant aura une offre accessible pour les coworkers. Mais les habitants du quartier, les gens de passage sont tous bienvenus.

  • Architecture du Deskopolitan Voltaire
  • Espace coworking du Deskopolitan Voltaire
  • Entrée du Deskopolitan Voltaire

Pourquoi cette volonté de s’ouvrir aussi à la vie de quartier ?

P. C. – Ce qu’on aimait en pensant à ce nouveau site, c’est cette idée de proximité. Alors, je ne sais pas si tous nos clients utiliseront la crèche ou les chambres de notre résidence. Le but n’est d’ailleurs pas qu’ils puissent vivre en autarcie chez nous. Mais, avec des vies qui filent à cent à l’heure, qui partent dans tous les sens, en rassemblant tous ces services, nous leur apportons un peu de confort en évitant certains déplacements. En ce sens, le choix du lieu est important. A la différence de la plupart de nos confrères comme Spaces ou WeWork, nous ne nous implantons pas dans les quartiers d’affaires, mais là où les gens vivent. Nous avions cela à cœur dès notre première implantation dans le Xe arrondissement. Nous étions ainsi parmi les premiers à venir dans l’Est parisien, en dehors des cafés coworking. La démarche est la même avec le Deskopolitan Voltaire. Avec comme constante, car nous visons une clientèle nomade, celle d’avoir des lieux très accessibles, le Deskopolitan Château d’Eau étant tout près des gares de l’Est et du Nord  et celui du boulevard Voltaire à deux pas de la place de la Nation.

A la différence de la plupart de nos confrères comme Spaces ou WeWork, nous ne nous implantons pas dans les quartiers d’affaires, mais là où les gens vivent.

Votre résidence bed&coworking est-elle aussi ouverte à la clientèle extérieure ?

P. C. – Bien sûr. Elle est ouverte à tout le monde, tout en étant axée sur une clientèle voyages d’affaires ou séminaires. De ce fait, elle ne sera pas commercialisée sur les plates-formes de distribution grand public. On est sur un cahier des charges d’un hôtel trois étoiles, avec des petites cuisines dans chaque chambre. Les résidents sont de fait clients Deskopolitan puisqu’ils ont accès à l’espace coworking en prenant une chambre. Ca fonctionne de concert. On a la chance d’avoir un site qui incarne parfaitement un esprit “campus” avec des espaces extérieurs, des jardins, le tout étant entouré par trois bâtiments. Le premier, sur rue et de style Art Déco, était autrefois le siège de la distillerie Cusenier. L’ancienne halle qui servait d’usine a été rasée dans les années 60 et remplacée par un bâtiment qui a été entièrement restructuré par l’architecte Franklin Azzi. Enfin, en fond de parcelle, un immeuble neuf a été construit pour accueillir les 14 chambres de la résidence.

Pourquoi avoir voulu ajouter cette composante résidentielle ?

P. C. – Sur notre premier site, nous avions régulièrement des demandes d’hébergement de la part des coworkers. Nous les aiguillions alors vers les établissements qui nous plaisaient dans le quartier. L’avenir nous le dira, mais nous pensons que l’association espaces de travail et résidence va bien ensemble. Le produit est adapté aux voyageurs d’affaires qui n’on pas toujours envie d’aller au restaurant lors de leurs déplacements et qui ont envie de se sentir un peu chez eux.

Quel est le client type de Deskopolitan ?

P. C. – Nous avons la chance d’avoir une clientèle riche en matière de profils. Nous recevons des professionnels nomades qui viennent pour quelques heures et des entrepreneurs qui bougent beaucoup. On les verra très souvent pendant deux-trois semaines, puis ils disparaissent du paysage pendant quelques mois, avant de revenir plus tard. Côté résidents, plus encore que les start-up, notre cœur de cible est surtout constitué de TPE ou de filiales françaises d’entreprises étrangères. Comme nous occupons de la logistique, ils peuvent commencer leur business sans avoir à s’occuper de toute cette partie tout en profitant d’un vrai confort pour recevoir leurs clients et les équipes venant du siège une fois de temps en temps. Enfin, nous avons des entreprises qui viennent chez pour trouver de la flexibilité, qui sont arrivent à quatre et repartent à trente ou qui, parce que l’année a été un peu difficile, ont réduit la voilure en fonction de l’activité. Comme le préavis est d’un mois pour rendre un poste de travail, tout est à géométrie variable.

D’autres Deskopolitan ouvriront-ils bientôt ?

P. C. – Nous avons bien sûr l’ambition d’en ouvrir d’autres. J’espère qu’on aura la chance de trouver des sites qui nous permettront d’avoir un programme aussi diversifié qu’au Deskopolitan Paris Voltaire. A Paris cependant, il faut reconnaître que c’est assez difficile. Comme nous nous considérons comme des artisans du coworking, nous nous permettons de choisir nos projets d’implantation de façon parcimonieuse. D’autant que nous n’avons pas la force de frappe d’un WeWork, d’un Nextdoor ou d’un Spaces. A court terme, nous allons concentrer notre développement sur Paris, mais nous n’excluons pas d’aller en dehors à plus lointaine échéance. Dans ce cadre, notre nouvel établissement sera à la fois une vitrine et un laboratoire de notre capacité à faire vivre tous ces services dans un même lieu.

  • Deskopolitan Château d’Eau
  • Deskopolitan Château d’Eau
  • Deskopolitan Château d’Eau.