France : quarantaine stricte pour les pays à risque

La quarantaine obligatoire de 10 jours imposée par la France aux voyageurs arrivant du Brésil, du Chili, d'Argentine, de Guyane française et d'Afrique du Sud s'apparente à une boîte de Pandore. Aucun argument ne s'oppose plus à l'adoption de mesures similaires pour d'autres destinations. Tour d'horizon des pays qui pourraient tomber sous cette règle.
Manaus
Manaus est l'épicentre de la pandémie de Covid-19 au Brésil (Photo: Wikimedia Commons)

La décision est finalement tombée très rapidement. A peine les vols vers le Brésil interdits, la France a décidé d’imposer une quarantaine obligatoire de dix jours avec tests à l’appui pour tous les voyageurs en provenance de ce pays.

Dans une interview à France Info, des épidémiologistes expliquaient considérer le Brésil comme « un laboratoire à ciel ouvert du virus« . Ils estiment que la forêt amazonienne pourrait devenir le prochain épicentre d’une nouvelle pandémie. Une crainte que confirme l’évolution de la pandémie à Manaus, la plus grande métropole d’Amazonie avec ses deux millions d’habitants. Selon le Secrétariat à la Santé de la ville, Manaus fait désormais face à une seconde vague meurtrière. Elle recensait au 14 avril plus de 165 000 contaminés et 8 600 morts morts.

La souche brésilienne du virus a forcé le gouvernement français à suspendre les vols vers le Brésil jusqu’au 23 avril inclus. A cette date seuls seront admis sur le territoire les ressortissants français et européens résidant dans l’UE. Ils devront au préalable effectuer un test PCR de moins de 36h contre les 72h habituelles. Ou encore un test PCR de moins de 72h assorti d’un antigénique négatif de moins de 24h. Outre un autre test antigénique à l’arrivée en aéroport, les voyageurs vont devoir à priori se soumettre de nouveau à un autre test à J+8.

Revirement gouvernemental

Le test effectué, les voyageurs se rendront sur le lieu de leur quarantaine obligatoire de dix jours. Le choix du lieu de cet isolement dur reste cependant à la discrétion des voyageurs. Mais la police ou la gendarmerie contrôleront au domicile le bon respect de cette mesure, comme l’a indiqué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. En cas d’infraction, une amende de 1 500 à 3 000 euros (en cas de récidive) s’appliquera.

Outre le Brésil, ces mesures frappent les pays voisins. En l’occurrence l’Argentine, le Chili, l’Afrique du Sud et le département de Guyane. Dans ce dernier, un test antigénique à l’arrivée sera également effectué dans les aéroports de Guadeloupe et de Martinique.

On assiste donc à un revirement de la politique de contrôle des arrivées de voyageurs avec des mesures d’isolement beaucoup plus coercitives. Ce qui permet de penser que le gouvernement pourrait désormais imposer une quarantaine similaire à d’autres pays où la pandémie est galopante.

Dans une interview dimanche 18 avril sur France 3, le Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian admettait par exemple que “l’Inde connaît une situation pandémique extrêmement grave”. Le 18 avril, le pays enregistrait 275 000 nouveaux cas de Covid et 1 600 décès, battant un record absolu. Le Ministre avouait devoir « se poser la question, [même si] pour l’instant l’Inde n’est pas dans la liste des pays pour lesquels on met des mesures sanitaires beaucoup plus strictes.” La décision semble donc imminente.

La Turquie à surveiller en Europe

D’autres pays extérieurs à l’UE pourraient se sentir concernés. Si l’on regarde les chiffres des pays affichant de très forts taux de contamination, on relève les Philippines, la Colombie (plus de 10 000 cas par jour) ou encore l’Iran (21 600 cas dimanche 18 avril).

Plus proches de la France, la Turquie (55 800 cas nouveaux au 18 avril) et l’Ukraine (10 280 contaminations) pourraient se retrouver sur une liste de pays à hauts risques.

A l’intérieur de l’Union Européenne, outre l’Allemagne et l’Italie dont le nombre de contaminations oscille tous les jours entre 10 000 et 20 000 nouveaux cas, on peut relever également la Pologne parmi les pays les plus affectés par la pandémie. Même si ces derniers sont loin d’atteindre les niveaux de contamination enregistrés en France, pays de l’UE le plus affecté par le virus.