
Les bonnes nouvelles pleuvent comme les harengs pendant le carnaval sur Dunkerque ces derniers mois. La cité de Jean Bart ne compte plus les projets d’investissement se chiffrant en milliards d’euros émanant de Verkor, du taïwanais Prologium, Dorano et XTC. Avec le programme « Dunkerque l’Energie créative », le 3ème port de France s’est en effet engagé dans le développement des énergies et industries de demain comme l’hydrogène, les batteries automobiles, la décarbonation… Quelque 16 000 emplois sont annoncés, poussant la ville à engager d’importants programmes immobiliers dans son port historique qui offre encore d’importantes disponibilités foncières. « Située à 1h de Lille, 2h de Paris et de Bruxelles, Dunkerque est une ville dynamique, accueillante et festive qui a su devenir un territoire d’innovation fort de ses entreprises internationales et de plusieurs pôles de recherche particulièrement engagés dans la transition écologique« , confirme Delphine Taleux-Grisot, la directrice de l’Office du tourisme dont dépend le pôle Congrès et séminaires. Et de préciser : « L’industrie et le tourisme sont les deux piliers du développement économique local. Le tourisme a connu une nouvelle impulsion sous l’égide du maire Patrice Vergriete [toujours président de la Communauté urbaine de Dunkerque-CUD mais devenu en juillet 2023 ministre en charge du Logement, ndlr]. Si le loisir a progressé, le tourisme d’affaires reste prépondérant sur la ville au travers de professionnels en mission, de team building et séminaires réunissant le plus souvent jusqu’à 600 participants« .
Un centre de congrès sur la plage
Ces projets autour des industries d’avenir se retrouvent jusque dans l’agenda du Kursaal, son Palais des congrès et des expositions, avec notamment les Assises européennes de la Transition énergétique (du 10 au 12 septembre 2024), et le salon professionnel Industrissime (les 6 et 7 novembre 2024). Situé depuis les années 1960 face à la plage de Malo-les-Bains, l’un des quartiers dunkerquois, le bâtiment appartenant à la CUD a fait l’objet d’une première extension et réhabilitation en 2005. Un temps menacé de déménagement, l’édifice a vu récemment sa pérennité préservée, ce qui devrait entrainer une nouvelle campagne de travaux pour maintenir l’attrait de ses deux grands halls attenants de 2700 et 3200 m² (ce dernier modulable en gradins de 500 à 3500 places), de son auditorium Jean Bart de 500 places (dont 150 en balcon) et de ses 9 salles de réunions en étage dont 4 disposant de la vue mer (pour 60 à 150 pers.).

installé face à la plage de Malo-les-Bains
« Retrouvant ses niveaux pré-pandémie, le Kursaal affiche un agenda bien rempli avec plus d’une centaines d’évènements par an dont 40% affichant une audience nationale. La majorité se situe entre 500 et 800 participants mais sa capacité maximale en congrès peut atteindre 1500 personnes en lien avec nos possibilités de restauration. Nous disposons déjà de plusieurs grands rendez-vous en 2024 dont le congrès de la FNSEA en mars et les Assises européennes de la transition énergétique qui réunira 2000 participants sur trois jours« , confie Yannick Delater, chargé de développement commercial de Dunkerque Congrès, l’association qui exploite le Kursaal en DSP jusqu’en 2025. Et de considérer que Dunkerque bénéficie désormais pour le MICE d’un « triangle d’or constitué avec le Casino Tranchant et le Radisson Blu, tous deux situés à quelques minutes à pied du Kursaal, avec lesquels nous travaillons de concert« . Le premier dispose d’un restaurant de 90 couverts et d’une salle pour 150 à 200 personnes selon la configuration. Situé en bout de digue face à une partie plus sauvage de la plage, le second est le nouvel atout hôtelier de la ville, reconnaissable à son architecture originale inspirée des maisons malouines. Inauguré fin 2022, ce Radisson Blu Grand Hotel & Spa abrite en effet 110 chambres et suites 4* à la décoration contemporaine emprunte d’un esprit Art Déco, un restaurant en rotonde, un agréable bar et un spa de 1000 m². Sans oublier évidemment sa salle de séminaires divisible en trois (de 30 à 100 pers.).

Une hôtellerie qui fait peau neuve
Côté hôtellerie justement, la cité du Nord qui compte un millier de chambres avec les résidences de tourisme profite d’autres adresses inédites dont l’ouverture en janvier 2023 du Mercure Dunkerque Centre Gare, un 4 étoiles situé comme son nom l’indique à quelques encablures de la gare SNCF. Surplombant le port de plaisance du bassin de la Marine, son bâtiment moderne compte 89 chambres à la décoration élégante, une salle de séminaires (pour 32 pers. en théâtre) et un foodbar utilisé pour les pauses. Situé à 6 km du centre-ville au bord du lac d’Armbouts-Cappel et près de la nationale menant à Lille, le Best Western Hôtel du Lac propose ensuite 66 chambres de standard 3* et 5 salles modulables équipées pour les rencontres professionnelles, conférences et cocktails (pour 10 à 200 personnes).


Le plus gros porteur reste toutefois à ce jours l’Ibis Dunkerque Centre, un 3 étoiles de 120 chambres. « Les nouveaux hôtels ont poussé plusieurs établissements à se rénover comme le Best Western Plus Cargo qui est passé en 4 étoiles et L’Hirondelle qui projette de passer en 3 étoiles« , souligne Delphine Taleux-Grisot. Outre ses 50 chambres, cette dernière adresse emblématique de Malo-les-Bains dispose de quatre salles de séminaire de 18 à 100 m2 (de 8 à 80 pers.). A noter également sur la plage, l’hôtel Le Merveilleux dont les 20 chambres 4 étoiles font pendant depuis 2020 aux 8 chambres de charme du Waterzooi situé lui en centre-ville. Pour toutes locations de salles de réunion, ses propriétaires ont noué un accord avec le tout proche Kursaal que l’on rejoint en quelques minutes à pied en longeant la plage sur une digue entièrement rénovée, bordée de cafés et restaurants chaleureux.
Une ville vouée à l’art contemporain


Le Merveilleux Plage, L’Hirondelle et surtout le Radisson Blu possèdent l’avantage d’être localisés à proximité de deux lieux culturels dunkerquois de premier plan ouvrant grand leurs portes aux évènements. Dédié à l’art contemporain, le Laac met tout d’abord à disposition en soirée ou les lundis la centaine de places de l’amphithéâtre de son forum central sous l’œil bienveillant d’impressionnantes sculptures de Niki de Saint-Phalle et de Karel Appel. Le musée qui recèle pas moins de 2500 œuvres rassemblées grâce au mécénat d’entreprises locales propose en option des visites commentées de cette collection. Le Frac (Fonds régional d’art contemporain) Grand Large ensuite est installé depuis dix ans sur l’ancien site des chantiers navals dans deux bâtiments jumeaux dont une ex-halle industrielle adaptée à l’exposition d’œuvres XXL. Théâtre au printemps dernier de la deuxième triennale sur le thème Art et Industrie à laquelle participèrent là aussi les entreprises locale, les évènements y prennent de la hauteur au dernier étage, où se déploient une salle d’exposition et un vaste belvédère (350 pers. en réception). Sa verrière dévoile une vue imprenable sur ce port fortifié au XVIIIème par Vauban après la bataille des Dunes qui marqua la fin de la domination espagnole. Louis XIV aurait ainsi dépensé autant pour aménager cette emprise que pour édifier le château de Versailles !

Dunkerque, une cité portuaire chargée d’histoire

C’est donc sur ses quais que sont situés plusieurs lieux emblématiques en lien avec le passé et le présent de la ville. Pour découvrir celle-ci, le Musée maritime et portuaire est l’étape incontournable fort de ses maquettes de bateaux, tableaux et plans de la cité des Flandres au fil des siècles. Le bassin attenant embarque les visiteurs à bord de plusieurs navires dont le dernier bateau-feu en activité jusqu’en 1989 en mer du Nord et le Duchesse Anne, trois mats construit en Allemagne en 1900 qui fut donné à la France au titre des dommages de guerre après la Seconde guerre mondiale. Les entreprises peuvent ainsi louer le pont et l’entrepont (de 50 pers. en séminaire à 100 pers. en réception) de ce grand voilier classé monument historique ou l’une des 3 salles du musée (de 25 à 100 pers.).

Au 2ème étage du bâtiment de briques rouges, les groupes peuvent compléter leurs connaissances par la visite gracieuse du Dunkerque Port Center, un espace d’information et d’exposition sur le port moderne dont les activités se sont progressivement déplacées au XXème siècle loin à l’ouest du centre-ville. Payantes cette fois-ci, des visites de 2 à 3h du port et de ses entreprises peuvent être organisées sur des thématiques particulières : énergie (centrale nucléaire de Graveline), environnement, sidérurgie (ArcelorMittal), aménagement… Sur un autre quai, l’ancienne Halle aux Sucres datant de 1898 a été réhabilité en 2015 pour abriter les archives municipales, l’agence d’urbanisme Agur et un centre de sensibilisation des publics à la ville durable. Ce lieu, l’un des derniers témoignages de l’activité portuaire au XIXème siècle transcendé par une architecture contemporaine en son centre, met à disposition un auditorium de 145 places, plusieurs espaces de travail modulables et une salle de réunion en son sommet (40 pers. assises et 60 en cocktail) doublée d’une vaste terrasse surplombant la cité corsaire.

Des activités au grand air du Nord
Côté activités, Dunkerque a aussi de belles propositions à offrir avec des sorties en catamaran sur la mer du Nord, de l’aviron à Gravelines, du paddle au Parc des rives de l’Aa, la découverte de la petite cité fortifiée de Bergues connue pour avoir été le décor au film « Bienvenue chez les Ch’tis » de Dany Boon. Grimper en haut de l’un des deux beffrois de Dunkerque classés par l’UNESCO permet ensuite d’appréhender l’ampleur des destructions – 85% de la ville ! – subies pendant « la poche de Dunkerque » à l’été 1940. Dans une ancienne casemate du port, le Bastion 32, s’est d’ailleurs glissé le Musée Opération Dynamo consacré à cette bataille qui vit entre le 26 mai et le 4 juin quelque 200 000 britanniques et 138 000 français réembarquer vers l’Angleterre sur un millier de navires de toutes tailles dont une nuée de little ships. De quoi donner envie de se replonger dans l’excellent roman « Week-end à Zuydcoote » de Robert Merle qui se déroule durant ces tragiques évènements. Beaucoup de ces embarcations furent coulées avec leurs équipages d’infortunes par l’armée du Reich et leurs épaves sont encore visibles à marée basse sur l’immense plage filant jusqu’à la frontière belge. Répertoriées avec chacune leur histoire, les groupes peuvent les découvrir lors de régates en char à voile, de balades à vélo sur la Vélomaritime ou à pied en cheminant vers Zuydcoote à travers les Dunes de Flandres, un site classé pour sa qualité paysagère et environnementale.

Face à la CUD, il est même possible de privatiser partiellement ou dans sa totalité le Princess Elizabeth, une ancienne frégate ayant participé à cette Opération Dynamo, 1800 soldats ayant pu rejoindre les côtes britanniques à son bord lors de ses multiples périlleuses traversées. Devenu espaces de séminaires, de réception et l’une des tables gastronomiques de la ville, le navire qui n’a rien perdu de sa superbe peut accueillir respectivement 45, 220 ou 100 invités. Un cadre historique pour le MICE qui – comme le Duchesse Anne – correspond parfaitement à l’image maritime de Dunkerque. Et qui repris du service en 2017 le temps d’un tournage, celui du « Dunkerque », une vision résolument british du réalisateur Christopher Nolan.


















