Edgar Suites : un hébergement long séjour dans l’air du temps

Implanté à Paris et Bordeaux, Edgar Suites revisite l'hébergement long séjour avec un concept d'appart hôtel boutique fondé sur une offre "comme à la maison " propice aux déplacements d'affaires.
Résidence Edgar Suites Auteuil – Le Marois
Résidence Edgar Suites Auteuil – Le Marois

Des bureaux vieillissants, des hôtels obsolètes : Edgar Suites pratique à sa manière une tendance très actuelle, celle du recyclage. En effet, ce groupe fondé en 2016 par trois associés – Xavier O’Quin, ainsi que Maxime et Grégoire Benoit – s’est donné pour spécialité la conversion d’immeubles passés de mode en solutions d’hébergement de long séjour. Alors qu’Edgar Suites compte aujourd’hui une vingtaine d’adresses en France – la plupart à Paris et deux à Bordeaux -, sa dernière ouverture en date a eu lieu à la mi avril dans la capitale, au 25 rue du Jour.

Pour l’occasion, il s’est agi de la transformation d’un immeuble datant du XVIIe siècle, l’Hôtel de la Porte, qui a accueilli un temps le siège du Barreau de Paris, puis un musée jusqu’en 2020 racontant l’histoire des avocats parisiens et des grandes affaires, les procès Dreyfus et Straviski entre autres ou celui de Marie-Antoinette. Des vieilles pierres, du fer forgé, un grand escalier et un salon classé : c’est dans ce cadre plein de charme et d’histoire qu’Edgar Suites a installé dix appartements mêlant le confort moderne au cachet de l’ancien et aménagées en partenariat avec Selency, spécialiste du mobilier de seconde main.

Edgar Suites a transformé l'ancien siège du barreau de Paris en 10 "suites" urbaines.
Edgar Suites a transformé l’ancien siège du barreau de Paris en 10 « suites » urbaines.

Comme dans ses autres propriétés, Edgar Suites y propose des « suites urbaines », c’est-à-dire des studios, mais surtout des appartements de deux ou trois chambres à la décoration soignée et dotées de cuisine équipée d’ustensiles haut de gamme. « Avec une grande télévision et une connexion en fibre optique puissante, tout est fait pour que les clients puissent travailler, recevoir des amis ou regarder tranquillement Netflix« , souligne le cofondateur du groupe.

A cette expérience « comme à la maison« , Edgar Suites ajoute aussi des services, par exemple le thé et le café qui sont fournis, des vélo en location ou encore un chauffeur pouvant venir chercher le voyageur à l’aéroport. « On réserve aussi de bonnes surprises à nos clients, ajoute Maxime Benoit. A leur arrivée par exemple, un panier d’accueil les attend dans l’appartement. On leur offre des tote bags pour aller faire leurs courses. »

Des services limités, mais digitaux

Alors que les établissements ne disposent pas de réception physique à proprement parler, les appartements sont accessibles via une serrure à code, activée à 15h le jour d’arrivée et désactivée à 11h le jour du départ. Pour autant, des intendants polyvalents sont sur place pour aider les clients à monter les valises. Et, pour compenser l’absence de personnel, Edgar Suites a organisé un service de conciergerie digitale via WhatsApp. « Avec réponse dans la minute« , assure Maxime Benoit.

Si Edgar Suite touche une clientèle loisirs de par la localisation de ses établissements, toujours en centre-ville, mais aussi et surtout d’affaires avec des emplacements stratégiques pour cette clientèle. Le premier établissement a par exemple ouvert à proximité du parc des expositions de la porte de Versailles, dans le XVe arrondissement parisien, tandis qu’Edgar Suites compte aussi une résidence près du Parc du Princes et des entreprises siégeant à Boulogne, une autre à Levallois, non loin du siège de L’Oréal et proche de La Défense, tandis qu’à Bordeaux, le groupe s’est installé dans le quartier d’affaires de Mériadeck.

« Avec ce concept d’apparthôtels boutique, nous voulions dépoussiérer la résidence urbaine, confie Maxime Benoit. Beaucoup de sociétés ont des accords avec des hôtels, mais on se rend compte que la demande des salariés évolue, qu’ils désirent des lieux plus spacieux où pouvoir cuisiner, recevoir des amis. » La formule plaît, puisque Edgar Suites annonce une occupation supérieure à 90 %. Si, avec la pandémie, la clientèle long courrier, auparavant majoritaire, a disparu, la fréquentation a été soutenue par la clientèle de proximité.

Résidence Edgar Suites Saint-Lazare Amsterdam.
Résidence Edgar Suites Saint-Lazare Amsterdam.

« Nous voyons de plus en plus de Français et Européens qui en profitent pour visiter Paris tout en télétravaillant ou de gens qui ont quitté paris pour habiter à Marseille, Lyon ou Bordeaux et viennent plusieurs jours chez nous en regroupant leurs rendez-vous« , remarque Maxime Benoit. Parmi ses habitués, Edgar Suites peut aussi compter sur des groupes affaires qui, dans un esprit coliving, prennent un grand appartement de plusieurs chambres – disposant de salles de bain privatives – regroupées autour d’une cuisine et d’un salon commun.

Les ambitions d’Edgar Suites hors de Paris

Pour accélérer son développement, Edgar Suites a levé l’an dernier des fonds – 104 millions d’euros – auprès de BC Partners Real Estate avec l’objectif de gérer 700 suites urbaines en 2026, contre 150 aujourd’hui. Première matérialisation de cet apport financier, l’achat d’un premier immeuble à 100 m de l’entrée principale du parc des expositions de la porte de Versailles, devant le Palais des sports. « Un très beau projet qui offrira 56 appartements sur 10 étages avec beaucoup d’appartements spacieux de deux et trois chambres, des terrasses« , précise Maxime Benoit. Ouverture attendue fin 2023-début 2024, à temps pour les JO de Paris.

Auparavant, Edgar Suites se sera aussi installé dans deux nouvelles villes en 2023, à Cannes et à Lille, dans un bâtiment Art Deco. Car, si sur la dizaine de projets en cours d’avancement, nombre d’entre eux concerne Paris et sa première couronne, le groupe entend étendre son empreinte en région. « Nous avons identifié une dizaine de villes où on aimerait bien s’installer, par exemple Montpellier, Nantes, Nice, Toulouse et Strasbourg« , conclut Maxime Benoit.