EasyJet en route vers le « zéro émission » d’ici à 2050

La compagnie easyJet entend mener la voie du transport aérien vers sa décarbonation avec un objectif de zéro émission nette d'ici 2050. Une ambition qui passe par le renouvellement de sa flotte, l'essor du carburant aérien durable et l'arrivée attendue de l'avion à hydrogène.
EasyJet s'est engagée sur la voie du zéro émission nette d'ici 2050.
EasyJet s'est engagée sur la voie du zéro émission nette d'ici 2050.

EasyJet entend passer de l’orange au vert. Non pas que la reconnaissable livrée des avions de la compagnie low cost s’apprête à être changée, mais parce que la compagnie s’est résolument engagée sur la voie du zéro émission nette d’ici 2050. Après avoir adhéré l’an dernier au programme « Race to Zero », soutenu par les Nations Unies, easyjet vient ainsi de dévoiler une feuille de route, se plaisant à dire qu’elle est « la plus ambitieuse à ce jour parmi les compagnies aériennes« . Ses objectifs sont en effet alignés sur l’initiative Science-Based Targets (SBTi) et qui, par conséquent, ne prennent plus en compte la compensation des vols, une stratégie qu’easyJet abandonnera en fin d’année pour se concentrer sur la décarbonation de ses propres activités.

« Questionner et bousculer le statu quo est dans notre ADN, a déclaré à cette occasion le directeur général d’easyJet, Johan Lundgren. Nous avons rendu le voyage en avion abordable pour tous il y a plus de 25 ans et menons aujourd’hui la décarbonation du secteur. » Dans sa stratégie pour parvenir à des vols à zéro émission de carbone, la compagnie britannique mise sur les technologies en cours de développement – hydrogène, retrait de carbone, carburant durable. Des technologies qui, lorsqu’elles seront disponibles, devraient lui permettre d’éliminer 78 % de ses émissions de carbone par passager/kilomètre d’ici à 2050, en prenant 2019 comme base, le reste étant traité par le retrait de carbone.

Sur le court-terme, easyJet compte sur les moyens actuellement à sa disposition, à commencer par
le renouvellement de la flotte et l’introduction d’avions moins gourmands en énergie en remplacement des modèles plus anciens. « Bien que notre ambition finale soit d’opérer des vols à zéro émission de carbone, nous devons continuer à nous concentrer sur la réduction des émissions de carbone issues de nos opérations quotidiennes« , remarque David Morgan, commandant de bord et directeur des opérations d’easyJet par intérim. Dans ce cadre, la compagnie compte investir plus de 20 milliards de dollars au cours des prochaines années pour acquérir 168 Airbus 320neo, en moyenne 15% plus économes en carburant. Des appareils qui viendront rejoindre les 59 appareils NEO déjà présents dans la flotte.

Autre investissement, celui-ci concernant ses opérations, easyJet va consacrer plusieurs millions de livres sterling pour se doter d’un logiciel incluant les fonctions d’Airbus Descent Profile Optimisation (DPO) et Continuous Descent Approach (CDA). Avec, à la clé de cette optimisation des descentes, des réductions d’émissions de carbone annoncées comme « substantielles« . Un gain en efficacité qui pourrait être accru par la mise en place du « ciel unique européen », qui pourrait générer une réduction de 10% des émissions et qu’easyjet appelle de ses voeux : « L’industrie seule ne peut parvenir à réduire les émissions de carbone dès maintenant, a souligné David Morgan. C’est pourquoi nous appelons également tous les gouvernements à encourager la modernisation de l’espace aérien dès à présent.

Autre moyen d’alléger sa facture carbone, le carburant durable – ou SAF pour « sustainable air fuel »- prend naturellement une part importante dans la stratégie d’easyJet. Alors que la compagnie a opéré l’an dernier dernier à Londres Gatwick des vols intégrant 30% de SAF fourni par Q8Aviation, easyJet a passé un contrat avec ce fournisseur lui garantissant l’approvisionnement en SAF requis par sa feuille de route, et cela pour les cinq prochaines années.

Mais la compagnie regarde aussi vers l’avenir et l’arrivée attendue des appareils propulsés à l’hydrogène. Un horizon qui petit à petit se rapproche alors que Rolls-Royce, partenaire d’easyJet, devrait prochainement faire les premiers essais au sol de moteurs hydrogène à combustion destinés aux appareils monocouloirs. Si l’ADEME, par exemple, entrevoit davantage de perspective sur le long-courrier pour cette technologie, easyJet estime que « sur la base des avancées technologiques actuelles, l’hydrogène est celle qui présente le plus grand potentiel de décarbonation pour une compagnie aérienne court-courrier ». Acceptons-en l’augure.