L’Etat monte au capital d’Air France

La transformation d'un prêt de l'Etat français à Air France en participation au capital va permettre au transporteur national d'envisager un avenir plus serein.
L'aéroport d'Orly en 2019 (photo: LC)

La transformation du prêt de trois milliards d’euros en une montée au capital de l’Etat français dans la compagnie aérienne Air France en fait une aide définitive pour la pérennité de l’entreprise.

Le prêt de quatre ans de trois milliards d’euros qu’avait accordé l’an passé l’Etat à Air France ne devra plus être remboursé. En effet, la Commission Européenne a validé un nouveau plan d’aide à la compagnie. Le gouvernement français a reçu en effet l’aval de l’UE pour que cette aide se transforme en participation de l’Etat sur fonds propres.

Interrogé sur France Inter, le ministre de l’économie Bruno Lemaire a également expliqué que l’Etat allait monter au capital d’Air France. Une participation d’un milliard d’euros est envisagée. Cette somme permettrait alors à l’Etat d’être présent dans le capital de la compagnie autour de 30%. « Cela fera de l’état le premier actionnaire d’Air France, » a précisé le ministre lors de son interview.

18 créneaux horaires dans la balance à Orly

Bruno Lemaire a précisé que cette manœuvre financière avait été effectuée en coopération avec les autorités néerlandaises, partie prenante dans le groupe Air France-KLM.

Il existe cependant des contreparties exigées par la Commission. En premier lieu, l’abandon par la compagnie de certains créneaux horaires à Orly. Le ministre de l’économie a indiqué que la discussion avait été âpre avec la Commission Européenne. Cette dernière exigeait qu’Air France rende 24 créneaux horaires quotidiens (sur des fréquences aller-retour). Ce chiffre avait déjà été réclamé lors de la recapitalisation de Lufthansa à Francfort.

Finalement, le gouvernement français a obtenu que seuls 18 créneaux horaires soient libérés. Soit un peu moins de 4% du total des créneaux que possède le groupe Air France. Ce qui inclue en conséquence la filiale low-cost Transavia. Le ministre Bruno Lemaire a tout de suite précisé sur France Inter que ces créneaux ne seraient pas attribués à des transporteurs concurrents faisant du dumping social. Ryanair est prévenu…