Menace terroriste : Etats-Unis et Grande-Bretagne bannissent le PC en cabine

Les autorités américaines interdisent désormais les appareils électroniques en cabine à bord des appareils en provenance de huit pays : le Maroc, la Turquie, l’Egypte, la Jordanie, l’Arabie saoudite, le Koweït, le Qatar, et les Emirats Arabes Unis. Le Royaume-Uni a mis en place une mesure similaire envers six pays.

Emirates
Les ordinateurs portables sont désormais proscrits en cabine pour les vols vers les USA et la Grande-Bretagne assurés par 10 compagnies aériennes

Comme souvent, le mouvement a été impulsé aux Etats-Unis avant de se propager – très rapidement – de l’autre côté de l’Atlantique… Le 21 mars, le Département de la Sécurité Intérieure (Department of Homeland Security, DHS) a officiellement banni des cabines d’avions les appareils électroniques dont la taille est supérieure à celle d’un smartphone. Pour être plus précis, les autorités américaines ciblent huit pays, neuf compagnies aériennes, et dix aéroports. Sont donc concernés les vols en provenance du Maroc, de la Turquie, de l’Egypte, de la Jordanie, de l’Arabie saoudite, du Koweït, du Qatar, et des Emirats arabes unis. Cette mesure, qui s’inscrit dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, impacte donc directement et explicitement les géants du Golfe – Qatar Airways, Emirates, Etihad Airways – ou encore Turkish Airlines. Ces dix compagnies ont 96 heures pour se mettre en conformité avec la nouvelle réglementation.

Pour ce faire, les transporteurs concernés devront donc obliger leurs passagers à enregistrer leurs appareils électroniques en soute, qu’il s’agisse d’un ordinateur portable, d’une tablette, ou d’un appareil photo. Mais le rapprochement entre les différents formats, avec l’apparition des phablettes, risque de rendre subtile la distinction imposée par les autorités US, et donc d’identifier les appareils réellement concernés.

La clientèle du voyage d’affaires, ô combien précieuse pour ces transporteurs, est donc particulièrement touchée par la mesure, dont on ignore encore si elle sera amenée à être pérennisée, voire généralisée. « Ces mesures seront effectives indéfiniment » prévient le Département de la Sécurité Intérieure, qui ajoute que « selon l’évolution de la menace, les règles de la sécurité imposées par la TSA [Transport Security Administration] changeront également« . Reste à savoir si d’autres pays, comme la France, emboîteront le pas des autorités américaines et britanniques.

Turkish Airlines
Le site de Turkish Airlines prévient les voyageurs de la nouvelle interdiction

Cet « electronics ban » a l’effet d’une douche froide pour les transporteurs concernés, qui dévoilaient il y a quelques jours à peine leurs dernières nouveautés à l’occasion de l’ITB Berlin. Qatar Airways présentait alors en grande pompe son nouveau concept de QSuite, installé dans les mois à venir en business class, et dont seront donc bannis les ordinateurs portables des voyageurs d’affaires. Frustrant, alors que la majorité des compagnies proposent désormais une offre de wi-fi en vol. Indirectement, la mesure pourrait également peser dans la balance concurrentielle entre transporteurs américains et compagnies du Golfe, alors que se posait justement la question des politiques de ciel ouvert aux Etats-Unis.

Liste des aéroports concernés par l’interdiction américaine :

  • Queen Alia International Airport (AMM)
  • Cairo International Airport (CAI)
  • Ataturk International Airport (IST)
  • King Abdul-Aziz International Airport (JED)
  • King Khalid International Airport (RUH)
  • Kuwait International Airport (KWI)
  • Mohammed V Airport (CMN)
  • Hamad International Airport (DOH)
  • Dubai International Airport (DXB)
  • Abu Dhabi International Airport (AUH)

 

Néanmoins, le Qatar ne figure pas sur la liste noire publiée par les autorités britanniques. Outre-Manche, l’interdiction ne concerne « que » six pays : la Turquie, le Liban, l’Egypte, la Tunisie, la Jordanie et l’Arabie Saoudite. Elle s’accompagne également de précisions chiffrées quant aux matériels bannis. Les téléphones portables peuvent également être refusés, dès lors qu’ils dépassent les dimensions suivantes : 16 cm de longueur, 9,3 cm de large, et 1,5 cm d’épaisseur.

Royaume-Uni
Les autorités britanniques ont également adopté une mesure interdisant les appareils électroniques en cabine