L’évènementiel dans le flou en raison de l’instabilité politique et géopolitique

Après une année 2025 exceptionnelle, des premiers signes de stabilisation apparaissent mais l’Unimev entend montrer aux entreprises toute l’importance de continuer à réaliser des évènements professionnels.
Salon Sirha Bake & Snack
Salon Sirha Bake & Snack

C’est au pied d’une tour Triangle achevant ses derniers étages, au hall 1 de Paris Expo, que l’Unimev, l’Union française des métiers de l’événement, a présenté lundi soir ses vœux à ses adhérents en marge du salon de la boulangerie, rebaptisé Sirha Bake & Snack depuis sa reprise en 2024 par le groupe GL Events. L’occasion pour elle de dresser un premier bilan de l’activité événementielle en 2025, de dessiner quelques perspectives 2026 et de revenir sur les nombreux chantiers en cours de cette fédération. « 2025 n’aura pas été l’année gueule de bois post-JO que certains craignaient », s’est félicité pour commencer Philippe Pasquet, le co-président de l’Unimev, par ailleurs président de GL Events Exhibitions.

« Après une année 2024 historique, le premier semestre 2025 a été marqué par un recul sensible des événements corporate, heureusement compensé par une nouvelle hausse de l’activité salons et congrès au niveau national. Nous attendons, dans les prochaines semaines, la confirmation que cette tendance s’est maintenue sur l’ensemble de l’année ». Et Philippe Pasquet de considérer que les effets du Covid sont désormais effacés. « Les professionnels doivent en revanche faire face à un manque de visibilité important pour 2026 lié à l’instabilité politique française et géopolitique internationale », ajoute-t-il.

Philippe Pasquet, co-président de l’Unimev, Luc Balleroy, directeur général d’Opinionway, Béatrice Cuif-Mathieu, co-présidente, et Frédéric Pitrou, délégué général.
Philippe Pasquet, co-président de l’Unimev, Luc Balleroy, directeur général d’Opinionway, Béatrice Cuif-Mathieu, co-présidente, et Frédéric Pitrou, délégué général.

Quant au délégué général de l’Unimev, Frédéric Pitrou, celui-ci entrevoit « un certain attentisme ». « 2025 fut un bon cru pour les salons car les décisions de participation avaient été prises très en amont par les entreprises, jusqu’à un an à l’avance. Rien de tel en 2026. La commercialisation des stands sur les salons semble plus lente, tout au moins plus tardive, en raison de l’environnement actuel. Il faut rester positif au vu des résultats du sondage que nous avons réalisé [voir encadré]. En effet, nombre d’entreprises souhaitent investir davantage dans des événements professionnels. C’est de bonne augure pour la filière », complète-t-il.

Si des exposants ont renoncé à être présents au prochain salon de l’agriculture, d’autres grand rendez-vous de l’année devraient toujours faire le plein comme le Sial (agroalimentaire) à Paris Nord Villepinte et le Mondial de l’automobile à Paris Porte de Versailles en octobre prochain.

Maintenir l’engagement RSE de la filière évènementielle

Pour 2026, l’Unimev entend notamment poursuivre ses actions de formation, d’amélioration de l’expérience client, de respect des questions RSE, d’échange des bonnes pratiques et d’informations au travers de sa nouvelle plate-forme communautaire Unimev Connect. Aidé par Atout France, l’Unimev fera la promotion des acteurs de la French Event Tech lors du prochain salon B2B Imex Francfort en mai. « L’évènementiel français a besoin d’une offre digitale pour assurer sa promotion à l’international », souligne Philippe Pasquet. Face à une Amérique qui a jeté à la poubelle les préoccupations environnementales, la Fédération estime que les questions RSE demeurent stratégiques pour la filière événementielle. Elle continuera donc à promouvoir la norme spécifique Iso 20121. « La France en est le leader mondial. C’est un avantage compétitif que nous devons entretenir. Les entreprises du secteur ne doivent pas ralentir sur ce front qui est tout sauf conjoncturel. A son niveau, l’Unimev entend montrer la trajectoire responsable vertueuse de l’évènementiel », insiste-t-il.

Du lobbying à l’approche des municipales

Sa coprésidente Béatrice Cuif-Mathieu est ensuite revenue sur la volonté de positionner « l’événementiel comme un outil d’influence stratégique pour les territoires et l’attractivité de la France ». Alors que l’Unimev fêtait ces 100 ans en 2025, un contrat de filière a dans ce but été signé en juillet dernier, associant notamment l’Etat et France Congrès. « Nous devons communiquer sur l’héritage de nos événements afin de montrer le vrai bénéfice de ceux-ci », considère celle qui est également la directrice générale de Destination Nancy.

Dans le cadre de cette politique, l’Unimev a relancé le Club Evénements & Territoires qui se veut une véritable plateforme de réflexion sur les enjeux de la filière. Les prochaines échéances électorales sont aussi clairement dans le viseur. Les adhérents ont ainsi été dotés d’un kit de communication destiné à leurs élus et candidats, mais aussi aux acteurs économiques locaux afin de valoriser l’importance du secteur évènementiel. Un livre blanc est également en cours de finalisation pour les élections municipale à Paris. « La capitale doit conserver son leadership dans l’accueil et l’organisation d’événements », justifie Béatrice Cuif-Mathieu. Ces actions d’influence seront poursuivies, voire intensifiées à l’approche des élections présidentielles de 2027.