La France suspend ses vols avec le Brésil

La France suspend jusqu'au 19 avril les vols en provenance du Brésil, une mesure attendue afin d'éviter la propagation du variant P.1.
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Baie de Botafogo et le Pain de Sucre, à Rio.

Mis à jour le 14 avril

La crainte croissante vis-à-vis de la propagation du variant brésilien, jugé plus transmissible et plus résistant aux vaccins, a conduit la France à suspendre les vols en provenance du Brésil. Et ce « jusqu’à nouvel ordre » avait annoncé le Premier Ministre Jean Castex devant l’Assemblée Nationale le 13 avril. Un décret parue au journal officiel le 14 avril précise qu’ « eu égard à la situation sanitaire au Brésil et par dérogation aux dispositions du présent décret, les déplacements de personnes en provenance de ce pays vers le territoire de la République sont, à l’exception de ceux nécessaires au transport de marchandises, interdits jusqu’au 19 avril 2021 à zéro heure. » En parallèle de cette interdiction, le gouvernement étudie le rapatriement des ressortissants français par vols directs ou indirects.

Le variant brésilien, nommé P.1, est responsable d’une flambée de l’épidémie dans ce pays, déjà parmi les plus touchés au monde par la pandémie avec plus de 350 000 morts. Surtout, cette mutation du virus touche en particulier une population jusqu’ici peu touchée, les moins de 40 ans, qui constituaient en mars plus de la moitié des patients placés en soins intensifs. D’où une inquiétude croissante chez les épidémiologistes de voir ce variant se propager rapidement en Europe, d’où aussi des craintes concernant les liaisons aériennes entre les deux pays.

Dans un communiqué datant du 12 avril, Jean-Baptiste Djebarri, le ministre des Transports, a rappelé les mesures mises en place pour limiter très fortement les déplacements depuis le Brésil. C’est-à-dire un contrôle strict et ferme avant tout embarquement, l’obligation de présenter un test PCR négatif, ou encore la preuve pour chaque passager, non européen ou non résident européen, de faire la preuve d’un motif impérieux pour se rendre en France.

A l’arrivée en France, explique le ministère, l’ensemble des passagers des vols venant du Brésil sont resoumis à un test antigénique à leur arrivée en France, et si ce test est positif, la personne a l’obligation de se placer en quatorzaine. Cependant, comme l’ont montré plusieurs reportages, les contrôles sont dans les faits assez rares, et la mise en quarantaine conseillée à tous les passagers à leur arrivée repose sur une déclaration « sur l’honneur ».

Pressé par les députés de l’opposition, le Premier ministre a d’ailleurs reconnu devant les députés « que la situation s’aggrave » et a donc suspendu les relations aériennes entre les deux pays. D’autres pays en Europe avaient déjà pris des mesures drastiques comme le Royaume-Uni qui a placé depuis quelque temps le Brésil sur sa liste rouge, c’est-à-dire que tous les voyages depuis le Brésil sont interdits sauf aux ressortissants britanniques qui doivent s’astreindre à une coûteuse quarantaine à l’hôtel de dix jours à leur retour. Carrefour aérien entre l’Europe et le Brésil, le Portugal avait de son côté suspendu tous ses vols dès la fin janvier.

D’autres pays prendront-ils prochainement la même décision ? Pour l’instant, Lufthansa continue d’offrir un vol quotidien entre Francfort et Sao Paulo, tandis qu’Iberia a quatre vols hebdomadaires au départ de Madrid sur Sao Paulo.