
Face au contexte mouvementé – chaotique même – de l’année 2016, la stabilité des résultats affichés par HOP! suffit au bonheur des dirigeants de la compagnie aérienne. Alain Malka et Zoran Jelkic, respectivement Directeur général adjoint et Directeur général Marché France, ont présenté jeudi le bilan de l’activité court-courrier du groupe, et leurs bonnes résolutions pour 2017. Avec plus de 13 millions de passagers transportés l’an passé, le trafic reste stable et permet même, à la faveur d’une légère baisse du nombre de sièges proposés, de gonfler le taux de remplissage de la compagnie. Celui-ci enregistre une hausse de 1,5 points, à 72,5%, tandis que 2017 se présente sous de bons auspices : « Le début d’année est extrêmement porteur, n’eut été la semaine de grève du contrôle aérien, explique Hélène Abraham, directrice commerciale marketing et produits Hop Air France, qui évoque une « reconquête du marché domestique initiée il y a quatre ans ».

La clientèle affaires n’est pas étrangère aux bonnes performances affichées par le transporteur court-courrier. C’est d’ailleurs elle qui était visé par Hop ! en octobre dernier à l’occasion du lancement de la Navette entre Orly et Montpellier. Cette cinquième navette – l’offre était déjà disponible à Toulouse, Bordeaux, Marseille et Nice – rencontre déjà le succès escompté à en croire les responsables de la compagnie, qui évoquent une hausse du trafic de 15%. L’offre a quant à elle été « boostée » à hauteur de 19%.

Malgré tout, quelques points restent en suspens. C’est justement le cas de cette offre « Navette », qui pourrait être remaniée – au moins d’un point de vue marketing – par les dirigeants du groupe Air France KLM. Ces derniers craignent un manque de lisibilité, une confusion entre les différentes offres court et moyen-courrier (Air France, Hop !, Navette). La problématique de la Navette pourrait surtout se poser à Bordeaux, avec le lancement cet été de la LGV. Cette nouvelle concurrence s’annonce rude pour Hop !, qui mise là aussi sur la clientèle affaires, amenée à faire l’aller-retour Paris-Bordeaux dans la même journée. « On va se battre », avertit Alain Malka. « Pour l’instant, nous allons maintenir nos quatorze fréquences. Après, nous serons pragmatiques. Mais nous n’avons pas l’intention de baisser notre garde d’entrée. J’ai vu des déclarations un peu exagérées, de la part de certains responsables de la SNCF qui expliquaient viser 100% de parts de marché. Je pense qu’ils n’y arriveront pas, et nous n’allons pas leur faciliter la tâche. Il est important pour le client d’avoir le choix entre ces deux modes de transport ».
Résister au low-cost
Quant aux transporteurs à bas coûts, qui fleurissent sur les routes transatlantiques mais qui sont aussi solidement installés dans le ciel français, Hop entend bien soutenir la comparaison. Y compris d’un point de vue tarifaire. « Les low-costs ne sont pas une fatalité, nous avons nos armes », assure Alain Malka. « A partir du moment où l’on développe des offres adaptées, nous arrivons non seulement à tenir mais parfois même à augmenter notre coefficient de remplissage. Si l’on ajoute au prix facial les différentes options qui s’ajoutent dans le modèle low-cost, il peut y avoir des surprises que l’on a pas sur notre produit, qui est extrêmement clair et lisible ». Le lancement d’une nouvelle carte week-end participera d’ailleurs de cette stratégie de reconquête : à partir du le 5 avril prochain, cette nouvelle offre fera son apparition au sein du catalogue Hop!.

















