
Après le vent porteur du travel revenge du côté de la clientèle loisirs, les voyages et événements d’affaires prennent le relais pour soutenir les performances des groupes hôteliers. Un constat qui est partagé par Accor, IHG, Hilton ou Marriott à écouter l’annonce de leurs résultats pour le troisième trimestre et le jeu de questions-réponses avec les analystes financiers suivant cet exercice. « Nous avons vu une croissance plus importante de la part des groupes et des voyageurs d’affaires, alors que la demande loisirs reste toujours positive, mais progresse de manière moins importante, dans une proportion allant de 1 à 2« , décrit Martine Gerow, directrice financière du groupe Accor.
Les voyages loisirs restent bien sûr à des niveaux élevés. Selon le PDG du groupe IHG, Elie Maalouf, le chiffre d’affaires de ce segment au troisième trimestre 2024 était dans les eaux de celui enregistré à la même période l’année précédente, c’est-à-dire « de 34 % au-dessus des niveaux de 2019« . Mais, à la différence du segment MICE notamment, ils ne jouent plus le même rôle d’entraînement qu’auparavant. « En ce qui concerne les performances par moteur de la demande, les groupes ont continué à enregistrer une forte croissance, avec un chiffre d’affaires en hausse de 6 % au cours du troisième trimestre au niveau mondial« , analyse Elie Maalouf.
Pour Anthony Capuano, son homologue à la tête du groupe Marriott, la clientèle de groupes est également le segment « le plus remarquable« , avec une augmentation de son RevPAR qui devrait atteindre les 8 % pour l’ensemble de l’année 2024. Cette progression devrait d’ailleurs se prolonger l’année prochaine au regard des réservations déjà enregistrées par Marriott ou encore Hilton, notamment aux Etats-Unis où la demande n’est pas loin de dépasser l’offre. Christopher Nassetta, PDG de Hilton, entrevoit ainsi la reprise des grandes conventions, qui ont mis plus de temps à redémarrer outre Atlantique, « car elles réservent plusieurs années à l’avance. Et pendant deux ou trois ans, elles n’ont pas voulu et/ou pu se faire« .
Aux Etats-Unis comme ailleurs, le besoin de se réunir face aux évolutions des habitudes de travail continuera d’alimenter une forte demande pour la fin de l’année comme celle à venir. « Les réservations de groupes et de réunions cumulées pour toutes les périodes futures sont en avance d’environ 25 % par rapport à la même période de l’année dernière« , constate Elie Maalouf.
Mais si le MICE tient la corde, le segment du voyage d’affaires individuel reprend lui aussi force et vigueur. Lors du trimestre écoulé, son chiffre d’affaires a augmenté de 2% chez IHG comme chez Marriott. Et les perspectives futures sont tout aussi positives quant à la bonne tenue des déplacements professionnels. Selon Christopher Nassetta, « les voyages d’affaires seront en deuxième position en termes de croissance » pour l’année 2025 avec, en perspective, le dépassement du pic atteint en 2019.
« Toutes les preuves que nous recevons de la plupart de nos grands comptes et des PME le suggèrent« , précise le PDG de Hilton. « Cela fait plusieurs années que les petites et moyennes entreprises ont retrouvé un niveau de déplacements supérieur à la pandémie, constate de son côté Anthony Capuano. Pour moi, l’un des aspects les plus encourageants concerne les grandes entreprises. Leur retour est un aspect encourageant« .
Comment cette demande en hausse va-t-elle se traduire en matière tarifaire ? A une question sur la négociation des tarifs corpo pour l’année prochaine, Tony Capuano explique : « nous sommes relativement tôt dans le processus. Mais ce que nous avons retenu de ces premières discussions, c’est que nous visons pour 2025 une augmentation à un chiffre dans la partie moyenne de la fourchette« . Même son de cloche chez Accor, Martine Gerow expliquant également « qu’il est un peu tôt pour s’avancer, mais les orientations données à nos équipe de ventes est d’avoir une augmentation tarifaire dans les eaux de celle de 2024« . C’est-à-dire « mid-single digit« .




















