
Une attractivité forte auprès des touristes du monde entier, un tissu économique puissant au soutien des voyages d’affaires, de grands événements organisés au centre de congrès RAI : Amsterdam est-elle une destination bénie pour l’hôtellerie ?
Gozde Eren – Être à la tête des hôtels Hyatt d’Amsterdam fait en effet de moi une personne chanceuse. La ville est très fréquentée, autant par les voyageurs d’affaires que par la clientèle loisirs. Le taux d’occupation de nos trois hôtels flirte ainsi avec les 80% tout au long de l’année. D’autre part, ces hôtels sont aussi de parfaits exemples de la promesse de leur marque respective. Représentatif de cette nouvelle génération d’établissements à l’hospitalité décontractée, notre Hyatt Place profite d’une situation idéale, à proximité de l’aéroport Schiphol, entouré de nombreuses entreprises. Ce qui nous assure une clientèle à 70 % affaires pour cet hôtel de 330 chambres qui dispose, en outre, d’espaces de réunion très fonctionnels.
Pour autant, le grand hôtel d’affaires de votre groupe à Amsterdam n’est-il pas plutôt le Hyatt Regency, plus proche du centre historique, dans le quartier de Plantage ?
G. E. – En effet. Tout en reprenant la façade d’un ancien hôpital pour enfants auparavant sur ce site, cet hôtel est issu d’une construction neuve. Ainsi, dès l’origine, il a été conçu pour les voyages d’affaires et pour le MICE, avec toutes les installations nécessaires pour les réunions, une technologie entièrement à jour. Pour autant, vous n’avez pas l’impression d’être dans un grand hôtel de conférences, mais au cœur d’un environnement verdoyant, son décor s’inspirant de son voisinage avec le jardin botanique. Prolongeant cette idée, toute l’infrastructure de l’hôtel a été conçue de manière écologique, tout y est axé sur une idée de durabilité et de circularité. Par exemple, les uniformes sont fabriqués à partir de matériaux recyclés, les verres d’eau sont issues de bouteilles de vin découpées et transformées. Ce qui ne veut pas dire que nos autres hôtels ne sont pas dans cette démarche, mais celui-ci est exemplaire et donne des gages d’éco-responsabilité aux organisateurs d’événements.
Amsterdam accueille depuis 2012 un des premiers hôtels de votre marque Andaz. Parlez-nous de cet établissement dont vous êtes la directrice générale.
G. E. – Amsterdam compte de nombreux hôtels inspirés par le Siècle d’or. Mais l’Andaz se démarque par son sens du luxe lifestyle. Un parti-pris résumé par son motto « Néerlandais par design, unique par son expérience« . Initialement designé par Marcel Wanders, l’hôtel a été récemment rénové par une designer de talent, Karin Krautgartner, précédemment directrice artistique dans le studio de Marcel Wanders. Ainsi, le concept de rénovation a été conçu pour garder intact l’ADN de l’hôtel, tout en y apportant sa propre touche, certaines nouveautés à l’image du nouveau restaurant Prins & Aap. AAP pour Andaz Amsterdam Prinsengracht, mais aussi pour ‘singe’, app en hollandais : alliant héritage et modernité, ce restaurant iconoclaste, plein de couleurs, représente vraiment l’offre de cet hôtel unique.
Cet hôtel est-il propice aux voyages d’affaires de passage, voire au MICE ?
G. E. – Si 65% de sa clientèle est loisirs, l’hôtel tire 35% de ses revenus de la clientèle affaires, individuelle ou de groupe. A première vue, il ne semble pas être véritablement taillé pour le MICE, mais il dispose en fait d’excellentes installations pour des événements. De plus, avec ses 75 chambres, il offre une taille idéale pour des privatisations. Nous en organisons d’ailleurs chaque année, notamment lors de l’Amsterdam Danse Festival, une foire commerciale qui regroupe tous les producteurs de musique et dont l’Andaz est partenaire.
Amsterdam a pris plusieurs initiatives pour lutter contre le surtourisme, notamment une hausse de la taxe de séjour ou la limitation du développement hôtelier. Vous qui êtes aux premières loges avec cet hôtel en plein cœur du centre historique, comment voyez-vous cette politique ? Pourrait-elle avoir un effet sur l’attractivité de la ville en tant que destination MICE ?
G. E. – Je considère comme une bonne chose, non pas comme une limitation. Le mot clé est de ‘réguler’, pour gérer le surtourisme. Il est, je le pense, de notre responsabilité à tous, en tant que citoyens du monde, de protéger ce patrimoine, ce quartier des canaux inscrit à l’UNESCO. Il s’agit donc davantage d’une réglementation visant à améliorer la qualité de vie des habitants, mais aussi le confort des voyageurs. Quant au MICE, une ville qui ne souhaiterait pas un tourisme de qualité et refuserait les événements d’ampleur ne se lancerait pas une dans une initiative comme celle d’Amsterdam 750. A savoir la célébration cette année du 750e anniversaire de la fondation de la ville, un événement qui inclut tous ses citoyens, toutes ses entreprises. Amsterdam est depuis toujours une ville qui parle de diversité, de liberté, de tolérance.
Dossier - Amsterdam, 750 années d’attractivité
Hôtellerie à Amsterdam : entre surtourisme et nouveaux développements
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Amsterdam Schiphol, troisième aéroport d’Europe
- Gozde Eren (Hyatt) : « Protéger ce patrimoine, notre responsabilité à tous »
E. Van Der Graff (Accor) : « Amsterdam est un marché privilégié »
Amsterdam – Guide pratique




















