Interview : Hadrien Musitelli, co-fondateur de MK Partnair

Hadrien Musitelli a fondé il y a six mois avec Ahmed Kadhim la société MK Partnair, spécialisée dans l'affrètement de jets privés et d'avions de ligne. Leur objectif : démocratiser ce qu'il qualifie d"avion-taxi", en valorisant les différents avantages de l'aviation d'affaires en termes de gain de temps et d'efficacité.
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Quelle est la mission de MK Partnair ?

 

Hadrien Musitelli – Nous nous sommes spécialisés depuis six mois dans l’affrètement de jets privés et d’avions de ligne pour des clientèles privées et professionnelles, en y ajoutant la possibilité d’assurer également le transport en taxi, l’organisation de réunions, ou les réservations d’hôtels : tout ce dont le voyageur d’affaires peut avoir besoin. Nous avons intégré un service de conciergerie, qui nous permet de répondre à toutes ces demandes. Nous sommes également en mesure de personnaliser l’avion et le personnel navigant pour favoriser la cohésion de groupe en adoptant les couleurs de l’entreprise.

Quel est l’intérêt de passer par ce type d’intermédiaire ?

 

H. M. – Nous proposons un service tout compris, avec un tarif transparent sans frais caché. Avec plus de 4000 appareils en stock, nous sommes en mesure de couvrir tous les types de demandes, du déplacement Top management au séminaire d’entreprise. Le logiciel que nous avons développé nous permet de visualiser pour chaque demande l’avion le plus proche, le mieux adapté et au meilleur prix.

L’image élitiste de l’aviation d’affaires ne pâtit-elle pas du contexte économique ?

H. M. – Notre ambition consiste à démocratiser l’usage de l’avion-taxi, casser les préjugés. Il nous faut faire comprendre aux entreprises que la location d’un jet relève moins d’un coût que d’un investissement qui, une fois tous les avantages mis bout à bout, s’avère rentable. Bien sûr, le coût facial semble plus important, mais ce service offre finalement la possibilité de gagner plusieurs heures dans la journée, de faire l’économie d’une chambre d’hôtel en rentrant directement le soir de réduire les factures de taxi en atterrissant au plus près de la destination…

A partir de quel budget peut-on utiliser un jet privé ?

H. M. – A partir de 2000 euros par heure de vol pour un appareil transportant quatre personnes, même si tout dépend bien sûr des disponibilités, du nombre de places. Un chef d’entreprise basé à Toulouse qui doit se rendre à Brest a deux options : passer par Paris et perdre une journée de trajet, ou mettre 1h30 en recourant à l’aviation d’affaires. S’il s’agit d’un déplacement pour huit dirigeants, la perte de temps représente au final une grosse perte d’argent. D’autant que l’avion privé permet de travailler, de se connecter au Wi-Fi ou à d’autres moyens de communications, d’organiser une réunion en vol. Les contraintes liées aux contrôles sont aussi fortement simplifiées : il suffit d’arriver 10 minutes avant le décollage, tout va très vite, et on s’évite les temps de latence que l’on subit normalement dans les aéroports, ainsi que le stress de manquer l’avion. C’est donc aujourd’hui le moyen le plus flexible pour des déplacements professionnels, à des tarifs de plus en plus compétitifs. Au point que des PME s’y intéressent de plus en plus.

Quels sont les axes les plus demandés ? S’agit-il plutôt de lignes affaires « classiques », ou au contraire de petits aéroports de proximité ?

H. M. – Beaucoup de vols province-province province, ou vers l’Europe proche : l’Italie, la Suisse, l’Allemagne. Il y a environ dix fois plus d’aéroports susceptibles d’être desservis par une ligne privée par rapport à une ligne régulière. Cela ouvre beaucoup plus de possibilités. 

 

Quels sont les projets de MK Partnair à court ou moyen terme ?

H. M. – Nous venons d’ouvrir notre bureau parisien il y a six mois, et nous nous implanterons bientôt à Doha. Nous espérons implanter notre business model ailleurs, et nous regardons d’ailleurs vers la Floride.