Interview : Javier Roig, Directeur Europe du Sud, Finnair

Finnair a bien relevé le défi que représente l’épidémie de la pandémie. La compagnie n’a cessé de relier la Finlande au reste du monde et à garantir remboursements et changements de réservation pour ses passagers. Un gage de fidélité, comme le souligne Javier Roig, Directeur Europe de la compagnie.
Javier Roig, directeur France et Europe du Sud de Finnair
Javier Roig, directeur France et Europe du Sud de Finnair

Comment Finnair a-t-elle passé l’année 2020 ?

Javier Roig – Malgré la fermeture totale des frontières, Finnair a assuré la continuité de services avec le reste de l’Europe. Nous avons été soutenus financièrement par le gouvernement et nous n’avons en échange jamais cessé la desserte de la Finlande. Les fréquences ont été certes réduites puisque nous n’opérions plus que 8% de nos capacités au plus fort de la crise. Mais nous avons toujours maintenu des lignes vers les grandes villes d’Europe comme Bruxelles, Copenhague, Londres, Francfort et Paris. Notre capacité en sièges atteint désormais 15%. Elle devrait encore gagner en vigueur dans les prochains mois. Nous procédons avec prudence et graduellement car la demande n’est pas encore là.

Comment a été gérée la suppression des vols pour la clientèle ?

Javier Roig – C’est quelque chose dont je suis très fier. Nous avons échangé sans frais tous les billets des passagers quelque soit la classe de voyage. Et nous nous sommes engagés à rembourser systématiquement tout client en faisant la demande. C’est une question de respect et aussi une règle de base simple. Retarder un remboursement, c’est créer un client mécontent. Et donc un client qui nous sera perdu à l’avenir…

Nous relions de nouveau Paris CDG à raison d’un vol quotidien et nous devrions passer en septembre à 14 vols hebdomadaires

Comment se présente le réseau de Finnair cet été ?

Javier Roig – Nous desservons de nouveau 60 destinations cet été certaines lignes sur les Etats-Unis et l’Asie. Sur Paris par exemple, Finnair avait réduit ses fréquences de cinq vols quotidiens à une fréquence hebdomadaire. Nous relions de nouveau Paris CDG à raison d’un vol quotidien et nous devrions passer en septembre à 14 vols hebdomadaires. Nous sommes également de retour sur Nice.

L’Asie était un segment essentiel avant crise pour Finnair. Qu’en est-il aujourd’hui?

Javier Roig – C’est devenu un marché très difficile car hermétiquement fermé. Sur les 21 destinations que nous offrions dans la période pré-Covid, nous volons de nouveau vers six aéroports. En l’occurrence Bangkok, Hong Kong, Séoul, Singapour, Tokyo-Narita et Shanghai. Et ce qui est étrange, c’est que sur cette dernière destination que nous ne desservons qu’une fois par semaine, le vol est plein. Même s’il oblige beaucoup de passagers de se faire tester PCR 24 heures avant de monter dans l’avion comme l’exigent les autorités chinoises. Ce qui nous oblige à faire passer la nuit aux passagers à Helsinki. Mais cela ne semble pas être un obstacle visiblement ! Nous sommes en revanche déçus de la position américaine qui reste inflexible pour le moment concernant l’ouverture des Etats-Unis aux Européens. Ils ne cessent de repousser leur décision. Mais il semble qu’une décision pourrait finalement être annoncée à la fin de l’été.

Avez-vous mis à profit la crise du covid pour faire évoluer votre produit ?

Javier Roig – Nous avons totalement revu notre structure tarifaire et je crois que ce que nous proposons désormais correspond à ce que souhaite nos passagers. On propose trois options de tarif dans chaque cabine – économie ou affaires. Un tarif « Light » est destiné au passager avec un bagage à main et qui ne peut plus modifier son billet – sauf si nous-même annulons un vol. Nous offrons un tarif classique avec bagages et plus de flexibilité. Enfin il y a notre tarif flex qui donne une liberté complète au passager d’amender son billet. Nous avons aussi peaufiné notre stratégie. Nous venons de signer un accord de partenariat commercial [ndlr : Joint Business] avec la compagnie chinoise Juneyao sur Helsinki-Shanghai avec possibilité de pratiquer un code-share au-delà de cette ligne. Enfin, nous nous renforçons à Stockholm en proposant cet hiver des lignes long-courrier. Nous proposerons ainsi cet hiver des vols sur Miami, Bangkok et Phuket. Un Airbus A350 sera ainsi stationné sur l’aéroport d’Arlanda.