Développement : l’Afrique, c’est chic

Rencontre avec Olivier Jacquin, pdg du groupe Mangalis Hotels

Olivier Jacquin, pdg de la chaîne hôtelière Magalis Hotels, décrit l'évolution de l'offre en Afrique et présente les grands projets de son groupe.

Olivier Jacquin, pdg du groupe Mangalis Hotels

Faire de Mangalis l’acteur régional de référence

Pourquoi l’Afrique est-elle une priorité pour la plupart des groupes hôteliers ?

Olivier Jacquin – Sur un plan démographique et économique, l’Afrique sera le continent majeur, avec plus 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050. Un habitant sur quatre vivra en Afrique. Ce qui offre de grandes perspectives dans tous les secteurs, et particulièrement celui du tourisme. Le taux de pénétration des chaînes hôtelières est de seulement 6% en Afrique de l’Ouest, quand il est de 30 % en Europe et 70 % aux Etats Unis. Actuellement, l’offre hôtelière en Afrique est positionnée sur le haut de gamme. Il y a un vrai besoin de renouveau, car les concepts datent souvent des années 70 et 80. D’autre part, il y a un déficit certain dans les segments économique et moyen de gamme, que ce soit dans les capitales ou les villes secondaires. Tous ces facteurs contribuent à renforcer la présence des groupes hôteliers, d’autant que le secteur aérien fait sa révolution avec l’ouverture de nouveaux aéroports et la création de nouvelles lignes qui réduisent considérablement les distances intérieures et la connexion avec le reste du monde.

Quels sont les pays qui représentent aujourd’hui le plus haut potentiel pour votre développement ?

O. J. – Notre cœur de développement est l’Afrique de l’Ouest, toute cette sous-région allant de Nouakchott en Mauritanie à Kinshasa en République démocratique du Congo. Dakar, au Sénégal, et Abidjan, en Côte d’Ivoire, sont nos marchés primaires. Ces deux capitales représentent le carrefour des voyages d’affaires de l’Afrique de l’Ouest. Nous y sommes déjà présents avec deux de nos enseignes, le Seen Abidjan Plateau ouvert en 2017 et le Yaas Dakar Almadies, ouvert fin 2016. Nous développons actuellement sur ces deux villes six projets totalisant près de 800 chambres avec, notamment, l’arrivée de notre marque haut de gamme Noom à Abidjan et à Assinie mais aussi en accélérant l’implantation de notre enseigne économique lifestyle Yaas sur les nouveaux pôles de développement que sont Damniadio à Dakar ou Akwaba à Abidjan. 2019 sera une année clef pour Mangalis avec l’ouverture de trois hôtels Noom à Cotonou au Benin, à Niamey au Niger et à Abidjan en Côte d’Ivoire. Notre futur flagship, le Noom Hotel Abidjan Plateau, comptera 257 chambres et suites, un espace conférence de plus de 3 000 m2 et des zones de restauration spectaculaires offrant une vue imprenable sur Abidjan. D’ici 2021, notre offre comptera plus de quinze unités totalisant 2300 chambres, faisant de Mangalis Hotel Group l’acteur régional de référence.

Vous avez plusieurs marques dans votre portefeuille. Quels types de voyageurs d’affaires attirent chacune d’entre elles ? Qu’attendent les voyageurs d’affaires d’un hôtel en Afrique ?

O. J. – Avec nos trois enseignes Noom Hotels sur le haut de gamme, Seen Hotels sur le milieu de gamme et Yaas Hotels côté économique lifestyle, nous ciblons essentiellement la clientèle d’affaires dans les capitales et grands pôles économiques du continent. Toujours idéalement situés, nos établissements attirent des voyageurs à la recherche d’hôtels qui allient un véritable style de vie avec un hébergement à la hauteur de leurs attentes sur le plan du confort. L’offre de nos établissements reposent aussi sur d’autres piliers que sont une restauration de qualité, une technologie dernier cri et surtout de la sécurité aux normes internationales.

Concernant le voyage d’affaires, la sécurité est un élément important en Afrique. Comment l’assurez-vous à vos clients ?

O. J. – La sécurité est une question globale aujourd’hui et, en Afrique, les moyens de sécurité ont été considérablement renforcés à la demande des états, mais aussi par les opérateurs hôteliers eux-mêmes qui apportent de nouvelles solutions. Nous avons mis en place ces nouvelles conditions avec l’accompagnement de spécialistes de la sécurité pour garantir à nos clients un environnement qui réponde aux standards internationaux. Les zones d’accès prioritaires des hôtels ont été à la fois repensées et renforcées par le doublement des effectifs de sécurité, mais aussi la mise en place de tous les supports techniques comme des bollards électriques, des portiques de sécurité aux normes aéroportuaires ainsi que l’augmentation des caméras de sécurité dans les endroits publics, y compris dans les étages. Tout est mis en œuvre pour minimiser les risques et il en est de même pour la sécurité incendie.

Comment cet aspect influe-t-il sur le développement et la conception des établissements  ?

O. J. – Nos sites sont au cœur de quartiers hautement sécurisés avec la présence à proximité d’institutions internationales comme les banques, ambassades ou ministères. Nous veillons, dès la conception de nos projets, à faire en sorte que l’hôtel intègre les recommandations de nos experts sans entrer en conflit avec notre design et notre souhait de faire de nos hôtels de véritables lieux de vie. Les éléments techniques de sécurité précédemment cités font partie intégrante du plan de conception et nous choisissons les meilleures solutions sans compromis esthétique afin que le client ne se sente pas non plus dans un espace clos ou contraignant. Le design et la sécurité vont de pair, l’un ne prend pas le dessus sur l’autre. Nous basons notre sécurité sur les normes françaises et britanniques qui sont réputées parmi les strictes. A titre d’exemple, le Noom Conakry, ouvert depuis septembre 2016, est reconnu aujourd´hui comme l’un des meilleurs hôtels de sa catégorie – nous y recevons des dignitaires de tous les pays – et a été notamment sélectionné par l’ambassade de France comme point de rassemblement pour tous les ressortissants européens.

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