
Les sanctions de l’administration américaine sur l’Iran vont quasiment se traduire par un arrêt des courants d’affaires avec ce pays, les entreprises occidentales ayant entre trois et six mois pour déménager et quitter l’Iran. La peur de se voir priver d’un accès au marché américain a déjà joué depuis l’annonce du retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, au mois de mai. D’autant que les compagnies aériennes qui étaient arrivées en masse en 2016 – suite à la levée de sanctions de la communauté internationale – n’ont pas réellement percé sur le marché iranien : la dévaluation de la monnaie locale n’a pas aidé à stimuler les courants d’affaires et a freiné les envies de voyages des classes moyennes iraniennes.
Parmi les premières compagnies à cesser leur desserte figuraient Lufthansa, avec la suspension de son vol Munich-Téhéran à l’automne dernier, et Etihad qui a abandonné sa desserte de l’Iran à raison de cinq fréquences hebdomadaires fin janvier. Lufthansa conserve cependant sa ligne Francfort-Téhéran…
Air France-KLM a également réagi à la dégradation du climat économique en Iran : la compagnie annonçait dès avril arrêter ses vols vers la capitale iranienne. Joon, qui avait repris la ligne Paris CDG-Téhéran à Air France, cesse sa desserte le 17 septembre prochain, un mois plus tôt que prévu ; KLM se retirera de Téhéran le 22 septembre, le dernier vol retour sur Amsterdam étant programmé le 23.
Au départ de Paris, Téhéran sera cependant toujours relié à la capitale française par Mahan Air (4 vols par semaine cet été) et Iran Air, qui était revenu au printemps en France avec deux fréquences hebdomadaires. Les vols d’Iran Air seront effectués en Airbus A300 au lieu d’un Airbus A330 à partir d’octobre.
Parmi les dernières compagnies à s’être récemment retirées figurent Air Astana – qui a stoppé ses deux vols hebdomadaires au 31 juillet – et Austrian Airlines, qui cessera les dessertes d’Ispahan et Shiraz mais qui conservera tout de même sa ligne Vienne-Téhéran. De son côté, Alitalia indique ne pas vouloir quitter l’Iran : la compagnie continue de proposer un vol quotidien, en Airbus A320 au lieu d’un A330. Il s’agit là d’une réduction de capacité quotidienne de 100 sièges. L’Allemande Germania continuera également d’offrir trois vols hebdomadaires entre Berlin Schönefeld et Téhéran. Cependant, les compagnies aériennes qui desserviront encore l’Iran se verront éventuellement interdire l’exploitation de lignes aériennes vers les Etats-Unis. On peut déjà imaginer l’issue de ce bras de fer, notamment chez Lufthansa, British Airways ou Alitalia qui exploitent un important réseau vers l’Amérique du Nord.
Les compagnies aériennes ne sont pas les seuls acteurs du voyage affectés par la décision américaine : l’hôtellerie et le transport ferroviaire vont également devoir s’ajuster à la nouvelle donne, à l’image d’AccorHotels et Rotana (Emirats Arabes Unis) qui ont des contrats de gestion d’établissements hôteliers dans le pays. AccorHotels assure par exemple la gestion de deux établissements sur l’aéroport de Téhéran. La chaîne espagnole Melia avait aussi signé un partenariat pour la gestion d’un hôtel cinq étoiles, actuellement en construction. Toutes ces chaînes vont devoir suspendre leurs opérations ou trouver un moyen détourné d’opérer, sous un nom différent. Côté ferroviaire, c’est la compagnie italienne nationale de chemins de fer qui va perdre un contrat pour la construction d’une ligne à grande vitesse en Iran.

















