
Alors que Thai Airways International est en pleine restructuration, réduisant notamment son programme de vols sur l’Europe – la compagnie est passée cet été de deux à une fréquence quotidienne sur Londres Heathrow et Francfort, après Paris CDG, et a supprimé en septembre son vol sur Madrid, voici qu’un rapport commandé à l’aviation civile thaïlandaise sur les mesures mises en œuvre pour améliorer les procédures de contrôle d’attribution de licences et de la sécurité, a été rejeté fin mars par l’OACI, l’organisation internationale en charge de l’aviation civile. Un rapport que l’OACI juge plus qu’insuffisant. Ce qui a eu pour conséquence de mettre de nombreuses autorités de l’aviation civile en émoi. A commencer par le Japon, la Corée et la Chine qui ont décidé de suspendre l’ensemble des vols charters avec la Thaïlande et de geler tout nouveau développement. Ce qui se traduit par au moins 150 000 passagers laissés en plan et par l’interdiction pour les compagnies low cost NokScoot et Thai AirAsia X d’ouvrir de nouvelles lignes. Une décision qu’a également prise Singapour, dont les autorités n’attribueront pas de nouvelles fréquences aux transporteurs thaïlandais.
Sur l’Europe, l’Union Européenne suit de près l’affaire et pourrait, si aucune mesure n’est prise rapidement, bannir les compagnies thaïes des cieux européens. Ce qui signifierait une nette réduction des capacités directes en sièges entre l’UE et la Thaïlande. Selon les statistiques de Flightmaps-Innovata pour mai 2015, Thai Airways International représente 49,6% de l’ensemble des sièges offerts entre toute l’Europe et la Thaïlande. Et dans de nombreux pays de l’Union, ce chiffre flirte entre 70% et 100% de l’offre. C’est ainsi le cas de Paris où le nombre de sièges proposés par Thai représente 72% de l’offre totale.
Arrivera-t-on à une telle extrémité ? Probablement pas. Car finalement, les autorités thaïes ont réalisé l’urgence de la situation. Le Premier Ministre, le général Prayut Cha-o-Chan, au pouvoir depuis le coup d’état militaire de mai 2014, a même reconnu que la faute en incombait aux différents gouvernements qui se sont succédés depuis une décennie. Les effectifs de l’aviation civile sont restés stables depuis plus d’une décennie alors que le nombre de vols ont doublé, passant en dix ans de 300 000 à plus de 600 000.
Le Premier Ministre a décidé d’invoquer l’article 44 de la charte provisoire constitutionnelle du Royaume pour mettre de l’ordre dans la Direction de l’Aviation Civile thaïlandaise. Cet article lui permet d’agir sans devoir passer devant la moindre chambre des représentants. Ce qui permettra de dégager des budgets, de restructurer la DAC thaïe et même d’engager des experts étrangers pour remettre les normes de l’agence aux standards internationaux. Verdict de l’OACI fin mai pour savoir si la Thaïlande a bien réussi à revenir dans le concert des nations qui assurent correctement leur sécurité aérienne…

















