Le trafic aérien pénalisé par les bouleversements du monde arabe

S'ils n'ont pas compromis la phase de reprise du secteur aérien, les événements qui ont agité la Tunisie, l'Égypte, et le monde arabe dans son ensemble, ont eu un effet sensible sur le trafic.

C’est ce qui ressort des chiffres mensuels annoncés le 29 mars par l’Association Internationale du Transport Aérien (IATA). L’IATA estime que les bouleversements politiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient ont eu un effet négatif estimé à 1 % sur le trafic international. Ainsi, si le trafic passagers affichait une progression de 8,4 % en janvier dernier, cette hausse s’est limitée à  +6,0 % en février. Logiquement le plus touché alors que l’Égypte et la Tunisie représentent 18 % de celui-ci, le marché africain enregistre une baisse du trafic de -1,3 % par rapport à l’an dernier. L’impact des événements est encore plus net en comparaison de janvier 2011 puisque le trafic absolu, mesuré en kilomètres-passagers, enregistre une chute de -13,1 % d’un mois sur l’autre. Les compagnies moyen-orientales en ressentent également l’effet avec une croissance de la demande qui fléchit, s’établissant à +8,4 % en février contre +12,0 % en janvier. Conséquence d’un trafic transméditerranéen moins important en direction de l’Afrique du Nord, les transporteurs européens voient la croissance du trafic se limiter à +7,4 % en février contre +7,9 % en janvier. Ce ne sont pas les bouleversements politiques du monde arabe mais un effet de calendrier, le Nouvel An chinois tombant en février cette année, qui a pénalisé le trafic des compagnies asiatiques. Celles-ci enregistrent une hausse de + 3,0 % pour ce mois, en net retrait par rapport à janvier (+ 6,3 %). Pour leurs parts, les transporteurs américains ont constaté une progression du trafic de + 6,7 % et les compagnies latino-américaines continuent d’afficher de bons résultats (+ 11,8 %). Après le bouleversement du monde arabe, le trafic aérien du mois de mars devrait subir du tremblement de terre tragique qui a secoué le Japon. “Les conséquences qui en découlent auront certainement fait diminuer davantage la demande en mars. Les bases de l’industrie sont bonnes. Mais les circonstances extraordinaires ont rendu le premier trimestre de 2011 très difficile”, a déclaré M. Giovanni Bisignani, directeur général de l’IATA. Sans compter une croissance probable du prix du carburant qui pourrait avoir un impact sur l’ensemble de l’année.