Voyages d’affaires long-courriers : l’incertitude, vraie épée de Damoclès

La menace d’une quarantaine de dernière minute pour une personne testée positive au covid ou des changements de règles subits ne sont pas toujours couverts par les assurances. Enquête sur ce qui reste le principal obstacle à une reprise des voyages long-courriers : l’incertitude…
Se déplacer hors des frontières de l'Union Européenne apparaît souvent périlleux (Photo : LC)
Se déplacer hors des frontières de l'Union Européenne apparaît souvent périlleux (Photo : LC)

Cela fait maintenant deux ans que le voyage d’affaires est affecté par les vagues successives de la pandémie de covid. Mais, pour la première fois depuis bien longtemps, on entend de plus en plus de voix, d’experts scientifiques ou d’acteurs de l’industrie du tourisme, exprimer un optimisme prudent sur une sortie de crise.

Dans une analyse publiée début janvier, Olivier Ponti, Vice Président Analyses du cabinet de consultants ForwardKeys décrivait que les voyages d’affaires faisaient lentement mais sûrement leur retour. « Nous l’avons vu très clairement en Europe, où les voyages d’affaires intra-européens ont connu une hausse constante depuis avril jusqu’à la nouvelle vague de cas de covid en novembre dernier, explique-t-il. Certes le voyage d’affaires se redresse plus lentement que le segment des loisirs. Et cette reprise peut apparaître un peu chaotique. Mais dans l’ensemble, l’écart entre les volumes loisirs et affaires se réduit. Par exemple, les voyages d’affaires ont atteint près de 70 % des niveaux de 2019 en octobre dernier. »

La dernière vague Omicron a touché de fait les voyages d’affaires depuis décembre. Mais la plupart des experts restent cependant confiants sur une « dépression » très temporaire. En effet, la combinaison des contaminations par omicron (plus contagieux mais moins dangereux) et les campagnes de vaccination devraient aboutir à conférer cette immunité collective tant recherchée.

Immunité collective et quarantaines

L’Organisation Mondiale de la Santé a même récemment estimé que l’Europe et l’Amérique du Nord pourraient atteindre prochainement cette fameuse immunité. Dans sa dernière analyse des capacités en sièges des compagnies aériennes, le consultant OAG prévoit ainsi une forte progression de l’offre à partir d’avril.

Sauf que de nombreux pays dans le monde ne partagent pas cette vision optimiste. C’est souvent le cas en Asie ou encore dans le Maghreb. De fait, pour les voyageurs d’affaires devant se rendre hors des frontières de l’Union Européenne, il subsiste toujours une incertitude de taille. Celle de devoir se mettre en quarantaine dans certains pays dès que l’on est testé positif au covid. Ou de subir, sans information préalable, une série de restrictions adoptées par un pays en dernière minute.

Prenons un cas d’école, même s’il concerne un voyage de loisirs, rapporté par Javier Roig, directeur général Europe Sud et Moyen-Orient de Finnair : « J’ai du faire face aux angoisses d’une cliente se rendant en famille en Thaïlande. Vaccinée et négative au covid au départ, elle est testée positive à son arrivée dans le pays. Du coup, quarantaine obligatoire de dix jours pour elle à l’hôpital sans montrer de symptômes – elle a été testée négative dès le second jour -, mais aussi quarantaine en hôtel pour son mari et son fils devenus cas contact. Un séjour gâché et relativement peu de recours« , raconte-t-il.

Ce qui s’est passée pour cette famille peut de fait tourner au même cauchemar pour un homme d’affaires individuel. Alors, comment contourner ces possibles difficultés? Voyages d’Affaires a demandé à l’assureur Europ Assistance, au gestionnaire de voyages American Express GBT ainsi qu’à un homme d’affaires individuel comment ils arrivent à gérer cette « roulette russe » que peut constituer désormais les diverses réglementations d’un voyage long-courrier. Avec une certitude: le facteur « zéro risque » pour l’entreprise ou l’homme d’affaires n’existe pas.